Cours Ch1- La famille est-elle un fait naturel ?

Chapitre 1 : La famille est-elle un fait naturel ?

 

Culture : ensemble des normes*, des valeurs* et des pratiques propres à un groupe humain qui se structure autour de ces composantes partagées.

 

=> Illustrez les notions de normes et de valeurs

 

1-1 : La diversité des formes familiales

                                   Une approche anthropologique

 

            1-1-1 : Quelques définitions

 

Dans le langage courant, le terme de famille recoupe plusieurs sens. En sciences sociales, ce terme a une désignation spécifique. C'est pourquoi, il faut différencier la famille de la parenté.

Parentèle (parenté ou famille au sens large et anthropologique) : ensemble des personnes apparentées, qu'elles vivent ou non sous le même toit.

 

Il existe trois relations de parenté fondamentales :

L'alliance matrimoniale: c'est une relation d'alliance qui unit (au moins) deux conjoints et qui vise à donner un statut légitime aux enfants nés de cette union. Le mariage peut être polygamique ou monogamique.

La filiation : c'est la relation qui unit les enfants à chacun des parents. La filiation désigne la transmission de la parenté des ascendants aux descendants.

La germanité : c'est la relation entre frères et/ou soeurs.

L'ensemble des liens de mariage, de filiation et de germanité, forme la parenté.

 

 

            1-1-2 : La parenté : lien naturel ou social ?

                       

                        A) Comprendre le texte de Françoise Héritier-Augé

 

La famille est-elle naturelle ?

Françoise Héritier-Augé, Encyclopaedia Universalis, tome 7, 1988

 

A vrai dire, lorsqu'on y regarde de près, en dehors du rapport physique, charnel, qui unit la mère à ses enfants (gestation, mise au monde et allaitement, du moins dans les sociétés où l'allaitement artificiel n'est pas la norme), rien n'est naturel, nécessaire, biologiquement fondé dans l'institution familiale (...). Il va de soi, semble-t-il, que les partenaires de l'union sont de sexes différents, que cette union ne se noue qu'entre des vivants, que le géniteur des enfants est le père dans le cadre de l'union conjugale. Or l'expérience ethnologique montre qu'aucun de ces principes n'est universellement admis.

Dans certaines populations africaines, il existe un mariage légal entre femmes. C'est le cas des Nuer soudanais chez lesquels la fille stérile est considérée comme un homme. La femme stérile perçoit de la sorte, en tant qu' " oncle " paternel, une part des " dots " versées pour ses nièces. Avec ce capital, elle peut à son tour acquitter le prix de la fiancée pour une jeune fille qu'elle épouse légalement et pour laquelle elle accomplit les rites officiels du mariage. Elle lui choisit ensuite un homme, un étranger pauvre, pour cohabiter avec elle et engendrer des enfants. Cet homme n'est rien d'autre que le serviteur. Les enfants qui naissent de cette union de l'ombre sont ceux de la femme-époux, qu'ils appellent " père " et qui leur transmet son nom et ses biens. Son épouse l'appelle " mon mari " ; elle lui doit respect et obéissance et la sert comme elle servirait un véritable mari.

Aussi fréquent que le mariage entre vifs, le mariage fantôme légal, toujours chez les Nuer. Ainsi se crée une famille dont les protagonistes sont un mort, qui est le mari légal, la femme épousée au nom du mort par l'un de ses parents, le mari substitutif et les enfants qui naissent de l'union. Ces enfants sont légalement ceux du mort. Les enfants connaissent leur statut d'enfants d'un mort et ils retracent leur généalogie en partant de ce père ; selon les cas, ils considèrent leur géniteur, et le traitent, comme un oncle paternel ou comme un frère.

Le déni de l'importance de la paternité physiologique se trouve aussi chez les Tibétains, qui pratiquent le mariage polyandrique. Lorsque l'aîné de plusieurs frères a pris légalement une femme, celle-ci épouse successivement, à des intervalles réguliers - au bout d'une année -, chacun des frères de son mari. Les hommes pratiquent le commerce au long cours et s'arrangent pour qu'il n'y ait jamais plus d'un mari au foyer en même temps. Les enfants sont attribués à l'aîné : ils l'appellent " père " et donnent le nom d' " oncle " aux autres maris de leur mère.

 

=>        Faîtes l'étude du document

 

                        B) Quelques illustrations

 

=>        Les Na de Chine, une société sans père 2 p27, expliquez la thèse

 

            Tupi Kawahib et Mossi, des sociétés sans mère

           

Le lien biologique même qui unit la mère à ses enfants n'a pas partout et toujours pour effet que la mère ait la charge d'élever ses enfants. Chez les Indiens Tupi Kawahib du Brésil central, où un homme peut épouser plusieurs sœurs ou une mère et les filles qu'elle a eues d'autres hommes, les enfants sont élevés par l'ensemble des coépouses sans que chacune cherche à se préoccuper plus particulièrement des siens. Chez les Mossi de Haute-Volta, les grandes familles polygynes procèdent, après le sevrage, à une répartition des enfants entre les différentes coépouses. Celles qui sont stériles ou qui ont perdu leurs enfants ont ainsi à élever des enfants qui ne sont pas les leurs, qu'elles chérissent comme les leurs et qui, avant leur entrée dans l'âge adulte, ne connaissent pas d'autre mère que leur mère nourricière : alors seulement on leur fait connaître le lien biologique qui les unit à une autre femme du père.

 

Françoise Héritier-Augé, Encyclopaedia Universalis, tome 7, 1988

 

=>        Expliquez la thèse

=>        Quels liens peut-on faire entre les 2 documents ?

=>        Quelle réponse peut-on donner au titre du 1-1-2 ?

 

Quelque soit la société que l'on étudie, il existe des structures que l'on peut qualifier de familiales, c'est-à-dire qu'elles ordonnent un ensemble de règles organisant les relations de parenté. Cependant, cette constance de l'existence des formes familiales n'explique pas leur diversité : la famille n'est pas essentiellement un fait naturel.

La famille est donc surtout un fait culturel, c'est-à-dire que dans chaque société, les formes familiales sont le résultat d'une construction humaine dans un but social (la culture).

 

            1-1-3 : Anthropologie et ethnologie

                                  

L'Ethnologie (« ethnos » : culture, peuple / « logos » : étude) est la discipline des sciences sociales qui étudie chaque culture dans son contexte particulier.

L'Anthropologie (« anthropos » : homme / « logos » : étude) est la discipline des sciences sociales qui étudie l'homme dans sa généralité en comparant les différentes cultures telles qu'elles sont étudiées par l'ethnologie.

 

L'intérêt des études anthropologiques et ethnologiques est de relativiser notre culture, de corriger les préjugés qui consistent à croire que notre culture est la meilleure ou la seule possible (ethnocentrisme).

 

=>        A partir de ces définitions, précisez dans quelle discipline s'inscrivent les 3 textes étudiés dans le 1-1-2.

 


 

1-2 : Un cas particulier : la famille française contemporaine

 

=>        Justifiez le titre du 1-2

 

            1-2-1 : Quelques définitions (au sens de l'INSEE)

           

Il est difficile de donner une définition de la famille, car chacun a sa propre définition selon son vécu personnel. Il est donc nécessaire de disposer d'une définition de référence, celle que l'INSEE utilise pour faire ses études.

 

            Ménage : Ensemble des occupants d'un même logement qu'ils aient ou non des liens de parenté.

                        Famille : Partie d'un ménage comprenant au moins deux personnes et

            constituée :

            1)      Soit d'un couple marié ou non;

            2)      Soit d'un parent isolé, vivant avec au moins 1 enfant (famille

                  monoparentale)

            Famille nucléaire : C'est une famille limitée à l'union d'un couple et de ses enfants non mariés (On oppose cette notion à celle de "famille élargie").

 

 

=>        Vrai ou Faux :

            1)       Au sens de l'I.N.S.E.E., un ménage peut inclure plusieurs familles ?

            2)       La famille nucléaire est un synonyme de ménage ?

            3)       Votre oncle et votre grand-père appartiennent-ils à votre famille ?

            4)       Une mère célibataire et ses enfants constituent un ménage ? Une

                  famille ?

            5)   Une mère célibataire sans enfants constitue une famille ? Un ménage ?

 

 

            1-2-2 : La constitution de la famille française

 

                        A) Le choix du conjoint

                                               Une approche sociologique

 

            - Comment choisit-on son conjoint ?

 

            - Un constat : l'homogamie

 

L'homogamie sociale désigne la tendance à choisir son conjoint dans le même groupe social ou dans un groupe social proche du sien.

=>        1 p50, Q°1, Repérez pour chacune des colonnes la donnée quantitativement la plus importante. Qu'en concluez-vous ?

 

            - Une explication sociologique

 

=>        2 p 50, expliquez la thèse, Q°1, 4

 

La sociologie  (« socio » : associés / « logos » : étude) est la discipline des sciences sociales qui étudie les relations entre les membres et les groupes présents dans une société donnée.

 

                        B) La place de l'enfant dans la famille française

                                                           Une approche historique

 

L'invention de l'enfance

Article Wikipédia "Philippe Ariès"

http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Ari%C3%A8s

 

La théorie d'Ariès sur l'enfance montre comment la société évolue parce que les  mentalités évoluent. Sa thèse repose sur deux idées : l'attachement des parents pour leurs enfants est née réellement avec le contrôle des naissances et la baisse de la fécondité, soit à partir de la fin du XVIIIe siècle ; avant l'enfant n'est qu'un adulte en devenir et la forte mortalité empêche une attention maternelle et paternelle trop importante.

Dans la société médiévale, que Philippe Ariès prend pour point de départ, le sentiment de l'enfance n'existe pas; cela ne signifie pas que les enfants étaient négligés, abandonnés, ou méprisés. Le sentiment de l'enfance ne se confond pas avec l'affectation des enfants : il correspond à une conscience de la particularité enfantine, cette particularité qui distingue essentiellement l'enfant de l'adulte même jeune. Cette conscience n'existait pas. Dès que l'enfant avait franchi cette période de forte mortalité où sa survie était improbable, il se confondait avec les adultes.

Ainsi, Ariès explique l'importance donnée à l'enfant dans notre société contemporaine par le fait que la mortalité et la fécondité ayant baissé, la nucléarisation de la famille autour d'un enfant au potentiel de vie réel s'est renforcée. Il n'y a pas dans cette thèse de notion de rupture avec les anciennes traditions, mais seulement une évolution des mentalités.

 

=>        Faîtes l'étude du texte

 

L'histoire est la discipline des sciences humaines qui collectent et analysent les faits du passé et leur évolution au cours du temps.

Si l'histoire n'est pas à proprement parler une science sociale, les sciences sociales utilisent les connaissances historiques pour contextualiser leurs études.

 



Article ajouté le 2008-08-21 , consulté 10 fois

Liens

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