Cours 8-1 : Le développement des échanges internationaux
Ch8 : MONDIALISATION, CROISSANCE ET DEVELOPPEMENT
8-1 : LE DEVELOPPEMENT DES ECHANGES INTERNATIONAUX
Une analyse de la mondialisation
8-1-1 : Les évolutions récentes du commerce international (CONSTAT)
De l'internationalisation à la globalisation
A) Mesurer les échanges (CN)
Pour mesurer les échanges entre un pays et le reste du monde, on utilise des indicateurs comptables : les « balances ».
La balance commerciale* calcule la différence entre les exportations et les importations (X-M)
=> (3 p279 étude)
La balance des paiements* regroupe la balance commerciale, la balance des « invisibles » (services) et la balance des transferts courants (capitaux).
=> 1 p278 Q° 1, 2, 3 + 2p279
Par définition, une balance est toujours en équilibre (entrées=sorties) ; on équilibre la balance de manière comptable en lui ajoutant un solde (excédent ou déficit).
En général, cette balance est un indicateur de la compétitivité d'une économie : en effet, si les exportations sont nombreuses, cela signifie que le pays a des coûts de production faibles et/ou qu'il dispose d'un avantage technologique important.
Quand un pays est en déficit (commercial ou de paiement), cela a des incidences sur l'économie nationale : il faut trouver des devises étrangères pour combler ce déficit, ce qui affaiblit la monnaie nationale par rapport aux autres monnaies.
Les termes de l'échange* désignent la valeur relative en monnaie des X par rapport aux M.
=> 27 p290
Le taux de change* compare les valeurs d'une monnaie les unes par rapport aux autres.
Le système des changes désigne les politiques menées par des états quant à la valeur relative des monnaies appartenant au système (système fixe ou flottant).
NB : quand une économie est en déficit, sa monnaie tend à se déprécier par rapport aux autres monnaies, mais la réciproque peut être vraie : quand une monnaie est faible, alors les produits nationaux sont moins chers en monnaie étrangère, ce qui stimule les X.
B) Historique des échanges internationaux
=> (Docs 5 à 9 p 280-281)
Caractérisez les évolutions du commerce mondial de 1950 à nos jours.
Les échanges internationaux existent depuis l'Antiquité.
Avant l'époque moderne, la route des épices et de la soie permettent de rallier l'Orient à l'Occident d'abord par terres puis par les mers. A partir du 16ème siècle, le commerce au long cours se développe après les grandes explorations maritimes de C. Colomb (1492), Magellan et Vasco de Gama.
Cette internationalisation va s'accélérer par le creusement du canal de Suez puis de Panama au cours des 19ème et 20ème siècle. Le 19ème siècle se caractérise par la période de la colonisation qui intensifie les relations économiques entre l'Europe conquérante et l'Afrique puis l'Asie, non sans créer des rivalités entre les grandes puissances européennes.
Après la 2ème guerre mondiale, l'heure est à l'ouverture : le protectionnisme impérialiste est considéré comme une source de conflits et de tensions. Les accords de Bretton Woods en 1944 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Bretton_Woods ) inaugurent une période de mondialisation des échanges impulsée par l'ouverture progressive des frontières aux marchandises. Les accords du GATT coordonnent cette ouverture progressive à partir de rounds de négociations qui vont contribuer à la forte croissance des « 30 glorieuses ». D'abord réservés aux biens, ces accords s'étendent progressivement aux services puis aux capitaux. On assiste alors à une première division internationale du travail (DIT) : Les PDEM se spécialisent dans les productions industrielles technologiques, les PED se spécialisent dans les productions de matières premières alors qu'émergent des NPI qui prennent le créneaux des productions industrielles à faible technologie.
Au début des années 80, cette ouverture va permettre le 2nd mouvement de la mondialisation : la « globalisation ». Dans le cadre de la globalisation, l'essor des échanges ne se fait plus essentiellement entre états ou/et entre produits mais à partir du dynamisme des firmes multinationales (FMN) qui n'hésitent plus à décomposer mondialement les différentes étapes de production. On parle de décomposition internationale des processus de production (DIPP). Cette intensification des échanges crée des circuits économiques dynamiques entre 3 zones plus ou moins structurées régionalement, l'Amérique du Nord (ALENA), l'Europe (UE) et l'Asie (ASEAN) (« commerce triadique »), non sans intensifier les inégalités entre les régions et dans les régions impliquées ou exclues de cette évolution.
Ce processus s'inscrit dans une logique essentiellement économique qui n'est pas sans poser des questions tant il peut contribuer à créer ou accélérer des déséquilibres sociaux, politiques, environnementaux et culturels. Une contestation internationale s'organise contre les « dérives » de cette évolution : c'est l'altermondialisme.
8-1-2 Pourquoi échanger ? (CAUSES)
A) Approches théoriques :
avantages absolus et avantages comparatifs
A la fin du 18ème siècle, l'économie britannique est la plus puissante du monde car c'est la première à s'être engagée dans la Révolution industrielle. Elle utilise sa puissante marine pour exporter une partie de sa production, mais cherche à protéger ses frontières des importations étrangères, et notamment agricoles. Les « corn laws » sont instituées pour protéger la production agricole britannique.
Les économistes classiques libéraux vont contester ce protectionnisme qui, selon eux, provoque une hausse artificielle des prix, au détriment du pouvoir d'achat des populations britanniques. Deux économistes classiques vont théoriser les vertus du libre échange et montrer les effets négatifs induits par les corn laws : Adam SMITH* et David RICARDO*.
a) La théorie des avantages absolus*
(Adam SMITH)
=> 1 p294 lire le bilan
b) La théorie des avantages comparatifs*
(David RICARDO)
=> 2 p294
=> 19 p286 Q° 54 + 10 p281 Q° 30 à 33
B) La spécialisation est un construit
Texte : « Les avantages comparatifs :
causes ou conséquence de l'échange ? »
M. Montoussé, Théories économiques, Bréal, 2002
Les nouvelles théories du commerce international sont développées par des auteurs comme E. Helpm et Paul Krugman (…). Elles refusent la détermination exogène du commerce. Elles considèrent que les avantages comparatifs sont plus une conséquence qu'une cause des échanges internationaux. En se spécialisant et en prenant part au commerce mondial, chaque pays multiplie ses avantages ; ce n'est pas essentiellement parce qu'un état est plus compétitif dans un produit qu'il exporte, mais c'est surtout en exportant qu'il devient compétitif (…).
L'ouverture internationale crée l'avantage comparatif car elle permet la spécialisation et engendre donc un effet de dimension : chaque nation peut produire en plus grande quantité certains produits, ce qui offre des avantages comme les économies d'échelle ou les effets d'apprentissage (…).
=> En quoi les nouvelles théories du commerce international contestent-elles les approches classiques ?
Quelles sont les conséquences de ces remarques ?
C) Le développement du commerce intrabranche
=> 11 p 282 Qu'est-ce que le commerce intrabranche* ?
Q° 34, 35,36
En quoi ce développement nuance la théorie de Ricardo ?
Distinguez commerce intrabranche de variété/de qualité ; comment évoluent-ils ?
Le libre-échange* est un système économique dans lequel les économies sont ouvertes, cad qu'il n'existe pas d'entraves aux importations.
Le protectionnisme* est un système économique qui cherche à limiter les importations pour un secteur ou pour l'ensemble de l'économie.
=> 24 p289 Q° 67, 68
-Avantages du libre-échange
=> A l'aide des documents 14, 15, 16 p 285-286 + 20 p287, présentez les avantages économiques, sociaux, politiques et culturels du libre-échange.
-Avantages et limites du protectionnisme
=> A l'aide des documents 22p288, 25p289, 28 p291, expliquez les avantages du protectionnisme
=> Quelles sont les limites du protectionnisme ?
8-1-3 : Quel bilan pour la mondialisation ? (CONSEQUENCES)
A) La mondialisation profite-t-elle aux PED ?
(Discussion)
En choisissant d'ouvrir leur économie aux échanges internationaux, les PED peuvent-ils se développer ?
a) OUI, l'ouverture peut contribuer au développement
àLes effets attendus de l'extraversion
L'extraversion consiste à se spécialiser dans un domaine dans lequel on détient un avantage, puis de promouvoir les exportations pour tirer parti de cet avantage.
On peut établir le cercle vertueux de l'extraversion.
Pour que l'extraversion réussisse, il faut :
- que la spécialisation s'appuie sur un avantage initial,
- que les devises résultant des exportations compensent les coûts de l'endettement initial (les termes de l'échange doivent être favorables),
- qu'il existe des structures politiques qui permettent d'accompagner la croissance et d'organiser le développement (ex : système scolaire, services collectifs, …)
Dans ces conditions, l'insertion dans la DIT permet d'assurer la croissance et le développement.
àUn exemple d'extraversion réussie : les NPIA
=> 17 p285 Q° 47 à50
b) MAIS, l'extraversion ne mène pas toujours
au développement
=> 26 p290 Q°72, 73 + 28 p291 étude + 1 p 334 + 5 p334
A l'aide de ces documents, analysez les limites de l'insertion pour certains PED (constat/causes/ conséquences).
=> Sujet p300
B) Des instances internationales de régulation en construction
Au lendemain de la guerre, les pays font le constat que le protectionnisme a été l'une des causes de la 2ème guerre mondiale. Sous l'impulsion des EU, les accords de Bretton woods de 1944 posent les bases d'une coopération économique internationale. Cette coopération avait deux objectifs : pacifier les relations entre les pays (« doux commerce ») et permettre la reconstruction en bénéficiant des effets positifs du libre-échange.
Cette coopération internationale se construit selon 2 axes :
- la libéralisation progressive des échanges sous l'égide du GATT,
- la création d'organismes monétaires internationaux permettant de soutenir la reconstruction et le développement : FMI* et Banque mondiale*.
=> 1 p324 Q° 1, 2
a) La construction du libre-échange : GATT et OMC
=> 2 p324 Q°3, 4 5, 6
=> Sujet p339
b) soutenir la croissance et le développement : Banque mondiale et FMI
=> 3 p335 Q°1, 2 + 5 p335 (limites du FMI)
