Expressionnisme
Expressionnisme

Edvard Munch, "le cri", 1893
Extrait de : http://fr.wikipedia.org/wiki/Expressionnisme
L'expressionnisme est un mouvement artistique apparu au début du XXe siècle, ayant touché de multiples domaines artistiques : la peinture, l'architecture, la littérature, le théâtre, le cinéma, et la musique, etc.
L'expressionnisme est la projection d'une subjectivité qui tend à déformer la réalité pour inspirer au spectateur une réaction émotionnelle. Les représentations sont souvent basées sur des visions angoissantes, déformant et stylisant la réalité pour atteindre la plus grande intensité expressive. Celles-ci sont le reflet de la vision pessimiste que les expressionnistes ont de leur époque, hantée par la menace de la Première Guerre mondiale. Les œuvres expressionnistes mettent souvent en scène des symboles, influencées par la psychanalyse naissante et les recherches du symbolisme.

Au début du XXe siècle, ce mouvement profondément ancré dans l'Europe du Nord (en particulier l'Allemagne) est une réaction à l'impressionnisme français. Alors que l'impressionnisme est encore à décrire la réalité physique, l'expressionnisme lui ne s'attache plus à cette réalité et la soumet aux états d'âme de l'artiste.
L'expressionnisme rompt aussi avec l'impressionnisme à travers une forme très agressive : des couleurs violentes, des lignes acérées. Il s'inscrit alors dans la continuité du fauvisme qui commence à s'épuiser et dont les principaux représentants s'éloignent plus ou moins brutalement : Matisse, Marquet, Van Dongen, Braque, Derain, Friesz et Vlaminck. Pour autant l'expressionnisme n'est pas vraiment un mouvement ou une école mais davantage une réaction contre l'académisme et la société. Les artistes expressionnistes resteront souvent isolés.
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Les peintres les plus marquants de ce mouvement furent :
Otto Dix
Wassily Kandinsky http://fr.wikipedia.org/wiki/Wassily_Kandinsky
Marie Kettani
Ernst Ludwig Kirchner http://fr.wikipedia.org/wiki/Ernst_Ludwig_Kirchner
Oskar Kokoschka
Franz Marc
Paula Modersohn-Becker
Edvard Munch
Emil Nolde
Max Pechstein
Egon Schiele
Karl Schmidt-Rottluff
Chaïm Soutine

Ernst Kirchner " Scène de rue à Berlin", 1913
Die Brücke
Die Brücke est fondé en 1905 par Ernst Ludwig Kirchner, Erich Heckel et Karl Schmidt-Rottluff à Dresde. Max Pechstein et Emil Nolde en 1906, Otto Müller en 1910, et Cuno Amiet les rejoignent. Le fauviste Van Dongen se joignit aussi à eux et fut l'intermédiaire avec ses compagnons français. L'intention du groupe était d'attirer tout élément révolutionnaire qui voudrait s'unir à eux, c'est ainsi qu'ils l'exprimèrent dans une lettre adressée à Nolde. Leur plus grand intérêt était de détruire les vieilles conventions, à l'identique de ce qui se passait en France.
Selon Kirchner, ils ne pouvaient s'imposer de règles et l'inspiration devait couler libre et donner expression immédiate aux pressions émotionnelles de l'artiste ; ils se préoccupent moins des aspects formels, position qui les séparait du fauvisme de Matisse et Braque.
Pour les Allemands, le contenu est plus important que la forme. La charge de critique sociale qu'ils imprimèrent à l'œuvre leur valut la critique des conservateurs qui les accusaient d'être un danger pour la jeunesse allemande.
Kirchner fut considéré comme le plus authentique représentant de Die Brücke. Il fut un artiste hypersensible qui peignait les rues et la vie urbaine de Berlin de manière nouvelle et originale. Ses formes décharnées et pointues, aux couleurs acides, sont caractéristiques, dans des œuvres comme L'École de Danse de 1914.
http://www.allposters.fr/-st/Ernst-Ludwig-Kirchner-Affiches_c25754_.htm
Edvard Munch bien qu'il ne soit pas lié avec Die Brücke est considéré comme le père de l'expressionnisme. Il était norvégien et, jusqu'en 1885, s'intéressa à l'impressionisme et au symbolisme. À partir de 1892, son style est pleinement formé, courbes sinueuses, coloris arbitraires, obsession pour l'infirmité et la mort, êtres inquiétants qui fuient d'une masse de couleur, comme on l'observe dans son tableau le plus célèbre, Le Cri. Son séjour en Allemagne jusqu'en 1908 explique son influence au sein de Die Brücke. En 1913, se produisit la dissolution du groupe, conséquence des différences évidentes entre les composants du groupe et l'établissement d'un marché qui pour eux compliquait les exigences d'un front commun.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Edvard_Munch
http://www.allposters.fr/-st/Edvard-Munch-Affiches_c26888_.htm
Der Blaue Reiter
En 1912, un autre groupe d'artistes dont Wassily Kandinsky, Franz Marc, August Macke, Alexeï Jawlensky, Gabriele Münter et Marianne von Werefkin se rassemblent à Murnau, à côté de Munich sous la dénomination de Der Blaue Reiter (Le Cavalier bleu). À la différence de Die Brücke, les artistes de Der Blaue Reiter ressentaient le besoin de créer un langage plus contrôlé pour promouvoir leurs messages. Ils publièrent des livres et organisèrent des expositions. Ils développèrent un art spirituel dans lequel ils réduisirent le naturalisme au point d'arriver à l'abstraction. Ils partagèrent certaines idées avec les expressionnistes de Die Brücke mais ils possédaient une purification plus importante des instincts et ils voulaient également capter l'essence spirituelle de la réalité. Sur ce point, leurs idées étaient plus recherchées et spéculatives. Les plus grands représentants étaient Kandinsky et Franz Marc, accompagnés de Macke, Jawlensky et Klee.
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Architecture
Littérature
On rattache par exemple les romans de Franz Kafka à l'expressionnisme, ainsi que plusieurs auteurs dramatiques allemands du début du XXe siècle, tels que Georg Kaiser ou Ernst Toller.
En France, où le terme est peu couramment employé en littérature, on a parlé d'expressionnisme à propos d'un roman d'Octave Mirbeau tel que Dans le ciel, qu'il a rédigé sous le coup de la révélation de Van Gogh, ou à propos de ses Farces et moralités.
Théâtre
L'influence du cinéma sur le théâtre expressionniste fut évidente dès les premiers moments, utilisant aussi le décor et les costumes des acteurs comme instruments au service d'œuvres dramatiques dépassant le conformisme des représentations théâtrales conventionnelles. L'auteur, l'acteur et le public doivent partager la vision intérieure du premier, en arrivant à un ton mystique qui accentue la mimique. Le représentant le plus emblématique apparaît après la Première Guerre mondiale : Ernst Toller. Par la suite d'autres auteurs, tel que Bertolt Brecht, seront influencés par ce mouvement.
Cinéma
Avec l'apparition du film Le Cabinet du docteur Caligari (http://fr.youtube.com/watch?v=MrNJBbXhvOs )en 1919, Robert Wiene apparaît comme un des premiers metteurs en scène introduisant clairement des éléments expressionnistes au cinéma. Par ce moyen, on arrive au symbolisme grâce aux décors, aux lumières, aux costumes et à l'interprétation des personnages, éléments qui aspirent à montrer, à travers le grand écran, une optique déformée de la réalité. Au commencement, le cinéma muet allemand était complètement lié à l'expressionnisme avec des metteurs en scène comme Fritz Lang (voir blog "M le Maudit"), Friedrich Murnau, Paul Leni et Paul Wegener. Les œuvres les plus représentatives de cette période sont : Nosferatu de Murnau, Metropolis, Les Trois lumières, L'Ultime (Der Letze Mann, aussi connu sous L'Ultime Éclat de rire), et Le Testament du Dr. Mabuse. La démesure était associée à un genre de cinéma d'horreur et fantastique. Quelques œuvres postérieures se réalisaient dans l'étape du cinéma sonore, comma par exemple, M le Maudit (également connu simplement par M) de Fritz Lang. Cependant, dans la cinématographie plus moderne, ses représentants réputés, comme Orson Welles et Andrzej Wajda, incorporèrent une esthétique beaucoup plus mûre et éloignée de l'excès théâtral.

Musique
Der Blaue Reiter publia dans son premier numéro l'œuvre de trois compositeurs : Arnold Schönberg (qui s'exerça aussi à la peinture expressionniste), Alban Berg et Anton von Webern, trio que formait la dénommée Seconde école de Vienne. Dans la trajectoire de ces musiciens nous trouvons la présence pleinement expressionniste dans les opéras Lulu et Wozzeck de Berg et dans les drames Die Erwartung et Die Glückliche Hand de Schönberg.
