Cours 5-1 : Egalités et inégalités dans les sociétés démocratiques modernes

CHAPITRE 5 :

INEGALITES  ET  STRUCTURES SOCIALES

 

 

Dans ce chapitre, nous présenterons une notion fondamentale des démocraties modernes : l'égalité (5-1).

 

Ce principe crée une problématique car l'égalité de principe est contestée par l'existence d'inégalités de fait (5-2).

 

Enfin, nous verrons comment la mobilité sociale permet de créer une dynamique dans les sociétés démocratiques (5-3).

 

 

5-1 : EGALITES  ET  INEGALITES  DANS  LES  SOCIETES  DEMOCRATIQUES  MODERNES

 

           

5-1-1 : L'idéal égalitaire*

                                  

Introduction : Qu'est-ce que la démocratie selon Alexis de   

Tocqueville ?

 

=>                    1 p190 Q°1, 2

 

Pour Tocqueville, la démocratie moderne ne se limite pas à l'égalité politique, mais se traduit aussi par l'«égalité des conditions* » : le fait que chaque individu, quelque soit sa naissance, ait la possibilité de trouver une place et un niveau de vie conformes à ses mérites.

 

Cet objectif est un principe et un fait : il nécessite toute une organisation de la société qui permet la réduction des inégalités et la possibilité d'une mobilité sociale (égalité des chances).

 

Démocratie moderne* =  égalité politique + égalité des chances+ égalité des conditions

 

 

A) L'égalité politique*

 

C'est le principe fondateur de la démocratie : les citoyens sont égaux en droit, et, par conséquent, égaux juridiquement (état de droit*).

Cf. rôle de la DDHC de 1789

Le suffrage universel est l'aboutissement de ce principe.

 

 

                        B) L'égalité des chances*

 

= «Principe selon lequel chacun doit avoir la possibilité de s'élever dans la hiérarchie sociale, quelque soient ses origines sociales, ethniques, sexuelles, … »

 

L'égalité des chances découle de la méritocratie* : principe selon lequel les plus hautes fonctions sociales doivent être occupées par les plus méritants.

 

L'égalité des chances doit donc permettre une mobilité sociale* : les plus méritants issus des classes populaires doivent pouvoir accéder aux plus hautes positions sociales.

 

En France, c'est l'école qui doit permettre l'émergence d'une véritable méritocratie, en jouant notamment un rôle d' « ascenseur social ».

La constitution de 1946 entérine ces principes.

 

=>        2 p 190,  Q° 4, 5   

 

                      C) "L'égalité des conditions"  Tocqueville      

 

Les démocraties modernes cherchent à réduire les inégalités car elles peuvent être sources de conflits et nuire au plein exercice de la citoyenneté des plus fragiles.

 

Selon Tocqueville, dans les démocraties modernes, les positions sociales sont ouvertes : chacun peut aspirer à trouver une place qui lui permet d'accéder à un certain niveau de bien-être. S'il existe toujours des pauvres, ces sociétés tendent à améliorer la situation du plus grand nombre.De ce fait, les inégalités ne sont acceptables que si elles sont transitoires.

  

La revendication à plus d'égalité est une constante des démocraties modernes, mais s'agit-il de l'égalité de droits, l'égalité sociale et/ou l'égalité économique ?

Si l'égalité est un principe reconnu de tous, la question de la réduction des inégalités économiques et sociales reste ouverte.

 

 

            5-1-2 : Egalité, équité et justice sociale

 

 

                        A) Les limites de l'égalité (Approche libérale)

 

                        à la tension entre la liberté et l'égalité  (Tocqueville)

=>                               2 p190 Q°3

 

                        à la critique libérale de l'égalitarisme*

=>                               17 p199 Q° 41, 42, 43  (§ 2)

                                   Liberté individuelle et uniformisation.

 

 

                        B) Deux conceptions de la justice sociale*

 

Bien que ces deux courants acceptent l'économie de marché, libéraux et sociaux-démocrates n'ont pas la même conception de la justice sociale :

 

- les sociaux- démocrates considèrent que la régulation marchande aboutit à des inégalités, c'est-à-dire à des injustices car elle avantage ceux qui sont économiquement les plus puissants. Il faut donc intervenir en prélevant une partie des ressources économiques des plus riches en faveur des moins favorisés. Cette redistribution doit permettre de récréer du lien social en luttant contre la pauvreté et l'exclusion.

 

- les libéraux considèrent, au contraire, que la régulation marchande est juste car elle valorise ceux qui ont le plus contribué à la richesse de l'économie. L'enrichissement récompense les plus méritants. La redistribution constitue donc une injustice et s'avère inefficace (cf. supra). 17 p199 § 1, 2 

 

=>        Illustrations : 3 p191 Q°6, 7

            ISF et RMI

            Les enjeux de la fiscalité 

Illustration : « Faut-il lutter contre la pauvreté ? »

 

 

                        C) La notion d'équité*

 

Historiquement, dans la République française, la loi impose et protège l'égalité, conçue comme un principe universel : les mêmes droits sont reconnus à tous quelque soient leurs particularismes ethniques, sexuels, religieux, sociaux, …

 

Le principe universel d'égalité est un résultat de l'histoire : la nation française, « une et indivisible », a trouvé son unité à partir du 16ème  siècle quand la monarchie s'est construite contre la féodalité. A partir de cette évolution, accélérée par la révolution française, la France connaît une organisation centralisée qui unifie les lois, la langue, l'administration, les mœurs,…  (Tocqueville)

 

Ce principe est aujourd'hui remis en cause car il semble incapable de réaliser une véritable égalité dans les faits, du fait de la persistance de certaines discriminations.

 

Les penseurs contemporains réfléchissent sur l'impact de ces inégalités, à l'instar de John RAWLS.

 

=>        8 p194 Q° 19, 20

 

Les réflexions de J. Rawls ont contribué à l'émergence de la notion d'équité*=«situation volontairement inégalitaire qui doit avoir pour résultat l'égalité. Cette conception s'appuie sur l'idée que certaines inégalités peuvent être favorables à l'égalité, à long terme. Cette conception (libérale) remet en cause la notion traditionnelle d'égalité, jugée peu efficace, et doit permettre la mise en place de discriminations positives* ».

 

=>        9 p195 Q° 23, 24

 

Illustrations :

 

=>        - p 202 et 203 : la parité hommes/femmes en politique

=>        - 14 à 16 197-198 : les ZEP (cf sujet p 208)

=>        - 13 p196 Q°33, 34, 35 : les politiques de l'  « affirmative action » aux EU.



Article ajouté le 2007-12-16 , consulté 22 fois

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