Le Naturalisme (France- fin 19ème siècle)

Naturalisme (littéraire)

Voir sur le blog :

« La curée » d'Emile Zola dans « Entre les lignes »

"David Copperfield" de Charles Dickens, roman réaliste, peut être rapproché de ce courant

 

 

Extraits de : http://fr.wikipedia.org/wiki/Naturalisme_%28litt%C3%A9rature%29

 

Le naturalisme est une école littéraire qui, dans les dernières décennies du XIXe siècle, cherche à introduire dans l'art la méthode des sciences expérimentales appliquées à la biologie par Claude Bernard.

 

Émile Zola, chef de file du naturalisme, expose cette théorie dans « le Roman expérimental » (1880). De la France, le naturalisme s'étend à toute l'Europe au cours des vingt années suivantes, fixant les recherches analogues qui existent déjà dans les différentes littératures nationales.

 

                              

    

 L'école naturaliste

 

Pour certains, le naturalisme n'est qu'une seconde étape du réalisme, pour laquelle un nouveau terme n'est pas même nécessaire. Pour d'autres, le naturalisme constitue le courant majeur qui regroupe Maxime Gorki, Maupassant, Émile Zola, Gustave Flaubert, Léon Tolstoï et Anton Tchekhov. Nombreux sont ceux - pour ne pas dire la plupart - qui utilisent les termes réalisme et naturalisme alternativement, indifféremment ou associés. Cette confusion est due à l'absence de théorie claire du réalisme lui-même; elle est aussi imputable à Émile Zola qui, dans sa volonté d'annexer au naturalisme de prestigieuses signatures antérieures, attribue le qualificatif de naturalistes à des auteurs comme Balzac, Stendhal, Flaubert (Les Romanciers naturalistes, 1881). Il faut différencier Zola, le scientifique, et Balzac, le sociologue, qui dans « La Comédie Humaine » tente d'examiner toutes les couches sociales de la population.

 

 (…)

 

L'école naturaliste exige, si l'on s'en tient à la théorie de Zola, que l'écrivain applique une méthode strictement scientifique qui se rapproche de celles mises en œuvre par les sciences naturelles, et qui avait été utilisée pour la première fois dans la critique positiviste des phénomènes littéraires par Charles Augustin Sainte-Beuve et Hippolyte Taine. Auguste Comte avait, en effet, affirmé, dans son Cours de philosophie positive (1830-1842), que l'art, parvenu au stade « positif », obéissait aux mêmes lois que la science. Suivant le positivisme, Taine va alors s'attacher à découvrir les lois qui régissent la littérature. C'est ainsi qu'il soutient que la race, le milieu naturel, social et politique et le moment au cours duquel est créée une œuvre littéraire définissent ses traits spécifiques et son évolution (Introduction à l'histoire de la littérature anglaise, 1863-1864).

 

 

C'est dans la préface de « Thérèse Raquin » et surtout dans « le Roman expérimental » (1880) que Zola formule sa théorie. Prenant comme modèle le docteur Bernard de « la Médecine expérimentale » (1865), et suivant sa méthode pas à pas, Zola considère que «le romancier est fait d'un observateur et d'un expérimentateur ». L'observateur choisit son sujet (l'alcoolisme, par exemple) et émet une hypothèse (l'alcoolisme est héréditaire ou est dû à l'influence de l'environnement). La méthode expérimentale repose sur le fait que le romancier « intervient d'une façon directe pour placer son personnage dans des conditions » qui révéleront le mécanisme de sa passion et vérifieront l'hypothèse initiale. « Au bout, il y a la connaissance de l'homme, la connaissance scientifique, dans son action individuelle et sociale. »

 

Pour rendre sa théorie plus accessible aux lecteurs, Zola se met lui même en scène, dans « l'Œuvre » sous le patronyme transparent de Sandoz, dans le personnage de l'écrivain. Sandoz est visiblement composé de la réunion du nom de Sand (l'écrivain que dans sa jeunesse Zola disait admirer le plus) et de oz (le début de "Zola", retourné). Il fait dire à Sandoz :"...J'en sais dont le crâne est trop différent du mien, pour qu'ils acceptent jamais ma formule littéraire, mes audaces de langue, mes bonhommes physiologiques, évoluant sous l'influence des milieux...".

 

(…)

 

Même critiqué, le naturalisme suscite partout l'intérêt. D'un côté, des protestations s'élèvent contre le matérialisme du naturalisme, le déterminisme de l'hérédité et de l'environnement, tandis que l'assimilation de l'homme à l'animal soulève un véritable tollé. D'un autre côté, le naturalisme reçoit un accueil très positif, car il enrichit la thématique du genre romanesque par l'introduction de sujets nouveaux tels que l'influence de l'environnement sur le comportement humain ou encore l'injustice sociale, et il renouvelle l'écriture romanesque par la vivacité picturale et colorée des descriptions.

 

Les campagnes en faveur de « l'Assommoir », puis de « Germinal », coïncident avec les découvertes des réalités sociales : l'écart entre la bourgeoisie, qui accumule les richesses et la classe ouvrière, poussée vers une pauvreté extrême, ne cesse de se creuser. Le lancement d'une Europe à deux vitesses, conforme au schéma actuel Nord-Sud, Est-Ouest, remonte à cette époque. La classe ouvrière prend conscience de sa situation et revendique activement par la grève et par une syndicalisation croissante (Première Internationale ouvrière, 1864), la protection de ses droits et de ses intérêts (…).

 

Quelques citations 

 

Zola : « J'en suis donc parvenu à ce point : le roman expérimental est une conséquence de l'évolution scientifique du siècle; il continue et complète la physiologie, qui elle-même s'appuie sur la chimie et la physique ; il substitue à l'étude de l'homme abstrait, de l'homme métaphysique, l'étude de l'homme naturel, soumis aux lois physico-chimiques et déterminé par les influences du milieu; il est en un mot la littérature de notre âge scientifique, comme la littérature classique et romantique a correspondu à un âge de scholastique et de théologie. » (Le Roman expérimental)

 

Claude Bernard: « La morale moderne recherche les causes, veut les expliquer et agir sur elles; elle veut, en un mot, dominer le bien et le mal, faire naître l'un et le développer, lutter avec l'autre pour l'extirper et le détruire. » (cité par Zola, Lettre à la jeunesse)



Article ajouté le 2007-12-09 , consulté 344 fois

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