"F-111" de James Rosenquist, 1964

F-111

James Rosenquist

1964

 

 

http://academics.smcvt.edu/gblasdel/slides%20ar333/webpages/j.%20rosenquist,%20%20f-111.htm

 

« Une fresque de 26 mètres de long, constituée de 23 panneaux d'aluminium qui renferme les symboles des années 60. Un avion de combat F-111, la détonation d'une bombe nucléaire, une petite fille sous un sèche cheveux, un pneu, une ampoule, des spaghettis… Une œuvre anti-militaire, exacerbant la société de consommation et de destruction qui est aujourd'hui la nôtre. « C'est intéressant de voir à quel point nous étions à l'époque dans un travail d'anticipation. Cette œuvre a été réalisée en 64. Je n'aurais pas soupçonné vivre un jour ce que je peignais hier. C'est dingue ».

(Extrait de : http://virginieluc.blog.lemonde.fr/2004/12/)

 

F111, c'est la mise en relation d'images qui illustrent les années 60 aux EU. Cette illustration est formelle : couleurs, lignes, typographie forment une juxtaposition qui rappelle le patchwork de signes d'un panneau publicitaire.

Mais, ce « collage » est aussi celui de repères d'une époque : la guerre froide avec le F111, la petite fille blonde, icône caricaturale de la valeur « famille », des spaghettis et des objets de la société de consommation, …

Et ce « melting pot » exacerbé de couleurs et de symboles posent la problématique de nos sociétés démocratiques libérales modernes : nos sociétés créent un bonheur de confort qui intègrent paradoxalement la guerre et des référents matérialistes incongrus, absurdes. Où nous mène ce bonheur vendu sous vide, construit sur les contradictions les plus criantes avec les valeurs que nous portons, revendiquons ? Une œuvre toujours d'actualité …

 

 

 

 

 

James Rosenquist, né en 1933 à Grand Forks, Dakota du Nord, États-Unis, est un peintre américain. Influencé par son métier de peintre publicitaire (sur de très grands formats), sa perception des choses sera modifiée et il peindra des tableaux monumentaux et très colorés, des "fragments de réalité".

 

Tout en gagnant sa vie comme peintre industriel, Rosenquist suit à partir de 1953 des cours de peinture traditionnelle à l'Université du Minnesota. Puis il passe l'année 1955 à l'Art Students League de New York dont l'enseignement le déçoit. Pendant ce temps, pour subsister, il s'emploie à peindre de gigantesques panneaux-réclames sur Times Square, apprentissage qui lui sera plus utile que toute autre formation académique.

 

Devenu l'ami de Rauschenberg et de Johns, mais aussi d'Ellsworth Kelly, il prend définitivement conscience de sa vocation de peintre. Il commence par réaliser des toiles abstraites, mais ne se satisfait pas des tendances contemporaines expressionnistes ou minimales. Il en conserve quelques caractéristiques stylistiques, comme le grand format, les couleurs rompues de blanc, mais s'oriente vers des motifs figuratifs typiques de la société américaine.

 

(Extrait de : http://www.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-pop_art/ENS-pop_art.htm)

 

 

 

Une autre oeuvre emblématique : "President Elect" (1960-1961)

 

President Elect est l'une de ses rares œuvres directement inspirées des affiches publicitaires. Kennedy était alors une image d'optimisme pour les Etats-Unis, le gâteau et la voiture, les signes tangibles de cette nouvelle ère de prospérité.
Cependant, l'originalité de Rosenquist s'y décèle déjà : division tripartite de la surface, qui rompt la monotonie de l'image et permet de multiplier les points de vue et les significations, ondoiement de la lumière sur le visage du Président, travail en grisaille pour les mains qui se greffent comme des apparitions, où certains ont pu voir une influence du Surréalisme, niée par l'artiste lui-même.

 

Voir le commentaire :

http://lewebpedagogique.com/vitamineart/president-elect-de-james-rosenquist-19601961/



Article ajouté le 2007-11-24 , consulté 29 fois

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