Cours 2-3 : Investissement et croissance
2-3 : INVESTISSEMENT ET CROISSANCE (Conséquences)
Comment l'investissement favorise-t-il la croissance ?
2-3-1 : Les liens entre la croissance et l'investissement
Approche empirique
=> 19 p63 Q°52, 53, justifiez le titre du document
2-3-2 : Les liens entre croissance et investissement
Approche théorique
Que se passe-t-il quand les entreprises décident d'investir ?
1er cas : l'entreprise réalise un investissement de remplacement. Les achats aux fournisseurs augmentent mais le fonctionnement interne de l'entreprise n'est pas transformé. L'impact sur la croissance reste donc limité.
2ème cas : l'entreprise réalise un investissement de capacité. Elle embauche de nouveaux travailleurs. Au niveau macroéconomique*, l'impact sur la croissance peut être important, à l'image des 30 glorieuses au cours desquelles le développement de la société de consommation a soutenu les investissements.
3ème cas : l'entreprise réalise un investissement de productivité. Les effets peuvent être contrastés selon les choix des entreprises. L'investissement de productivité peut aboutir à des licenciements ou à des délocalisations ; mais, elle peut aussi choisir de baisser ses prix, ce qui encourage la demande.
Depuis les années 80, dans le contexte de la globalisation, les entreprises développent les investissements de productivité pour gagner en compétitivité.
Conclusion :
L'impact de l'investissement sur la croissance est globalement positif à long terme. Les pays qui investissent le plus sont généralement ceux dans lesquels la croissance est la plus forte.
Néanmoins toutes les formes d'investissement ne sont pas toujours favorables à la croissance. Ainsi, au cours des années 90, l'augmentation des investissements de productivité ont accompagné le recul de la part du travail dans la VA (licenciements et stagnation des salaires). Ces choix ont contribué à la faiblesse de la demande intérieure en France et en Europe.
2-3-3 : Application :
Les évolutions de l'investissement depuis les années 90
Approche historique
=> A l'aide des documents 6p56, 9 p58, 1 p72, 6 p73, 3 p71, 5 p67, analysez les évolutions de l'investissement depuis les années 90 en France (Vous vous aiderez du 2-2).
Conclusion :
Quelle politique économique pour stimuler l'investissement ?
=>Rappel cours de 1ère : Définir politique monétaire, politique monétaire expansive/restrictive, stagflation.
La politique monétaire* désigne l'ensemble des moyens dont se dote le gouvernement pour contrôler la quantité de monnaie en circulation dans une économie. Cette politique est notamment menée grâce à la banque centrale (BC).
Quels sont les outils de la BC ?
La BC contrôle les taux d'intérêt des emprunts des agents économiques de manière indirecte. En effet, étant « la banque des banques », le taux d'intérêt qu'elle fixe quand une banque lui emprunte de la monnaie, le taux directeur, détermine le taux des prêts de cette banque. Suivant les choix de la banque en terme de crédit (« création monétaire »), elle sera plus ou moins en problème de liquidité et donc en situation d'emprunter à la BC. Si le taux de la BC est élevé, la banque devra augmenter ses taux de crédit aux agents économiques pour intégrer cette hausse des « coûts » et maintenir ses profits.
On distingue 2 types de politique monétaire : La politique monétaire peut être expansive quand la BC choisit de baisser ses taux directeurs. Elle favorise ainsi indirectement l'emprunt des banques et des agents économiques. Cette politique d'inspiration keynésienne a pour objectif de soutenir directement la croissance et l'emploi ; la politique monétaire peut être restrictive quand la BC relève ses taux directeurs pour limiter l'endettement. Cette politique d'inspiration monétariste (libérale) a pour objectif de lutter contre les tensions inflationnistes de l'économie.
Pendant les 30 glorieuses, les politiques étaient keynésiennes : soutien à la consommation par une politique de revenu et à l'investissement par une politique monétaire expansive* (baisse des taux d'intérêt). Dans ce contexte, les investissements sont soutenus par le développement de la consommation : il s'agit surtout d'investissements de capacité (RE et RF augmentent). Le déterminant de l'investissement essentiel est alors la demande anticipée. Ces choix vont permettre le plein emploi, mais créent de l'inflation.
Les chocs pétroliers de 74 et 79 vont accentuer les tensions inflationnistes, ce qui va déséquilibrer les marchés de l'emploi. Les économies occidentales vont connaître la stagflation.
Face à l'hyperinflation et au chômage de masse, les politiques économiques vont redevenir libérales, à partir des années 80. La politique monétaire est désormais restrictive*, c'est-à-dire fondée sur un haut niveau des taux d'intérêt. Pour favoriser les investissements malgré le coût induit par les intérêts, les politiques cherchent à encourager la formation des réserves des entreprises en limitant la fiscalité et la hausse des salaires (stagnation des S + stagnation de la fiscalité => hausse de l'EBE => hausse des réserves => autofinancement des investissements). Les rentabilités économique et financière sont les principaux déterminants de l'investissement.
Depuis 2002, la France ne maîtrise plus la politique monétaire, elle est confiée à la Banque centrale européenne (BCE) qui dirige la politique de la monnaie, indépendamment des états. Celle-ci a pour premier objectif de limiter la hausse de l'inflation (politique monétaire restrictive). Ces orientations plutôt libérales sont contestées par les interventionnistes sociaux-démocrates qui estiment que ces choix nuisent à la croissance et donc à l'emploi.
=> Sujet p72
