SPE2 : Division du travail et extension du marché (A.SMITH)

SPE2 : Division du travail et extension du marché

                                                                   Adam SMITH

 

 

2-1 : Notions et Thèses

 

 

            2-1-1 : Présentation de l'auteur

 

Adam Smith est un philosophe écossais de la fin du 18ème siècle (1723-1790). On peut le considérer comme le père du libéralisme moderne, puisque son œuvre est un vivant manifeste en faveur des libertés individuelles qui doivent, selon lui, devenir le fondement de l'organisation sociale, économique et politique.

 

Cette conception libérale, construite en réaction aux abus des monarchies absolues, aboutit à la défense de l'économie de marché, seul mode de régulation économique et sociale qui repose sur la liberté et l'intérêt particulier. En effet, l'intérêt général ne provient pas des décisions d'un souverain ou de l'état, mais de la recherche individuelle des intérêts particuliers : si chacun peut librement agir en fonction de ses intérêts, alors la société sera spontanément conduite à l'opulence générale (« main invisible »). Adam Smith sera ainsi considéré comme un précurseur de la méthode individualiste en sociologie, puisque la société semble résulter des interactions et choix individuels.

 

Dans cette vision de l'économie, l'état joue donc un rôle minimal. L'état est considéré comme une entrave possible aux libertés individuelles. Il faut donc limiter ses fonctions à la défense (intérieure et extérieure), la justice et à la construction d'infrastructures non rentables mais nécessaires aux communications dans la nation. Cette vision du rôle réduit de l'état servira de base aux théories de l'état-gendarme.

 

La société sera donc un lieu ouvert d'échanges favorisés par l'émergence de marchés. Ceux-ci permettront les prix les plus justes possibles et encourageront la « richesse des nations » par la division du travail et le libre-échange.

 

Son œuvre maîtresse est « Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations » (1776).

 

 

2-1-2 : La division du travail* à l'origine de la richesse des nations

 

Pour Adam Smith, seul le travail crée la richesse (« valeur travail »). Améliorer la productivité du travail, c'est donc accroître la richesse créé par les travailleurs d'une nation : la richesse des nations provient donc du travail productif.

 

Comment peut-on accroître cette productivité ?

Pour améliorer la productivité du travail (ou « force productive du travail* »), Smith préconise de diviser techniquement le travail, c'est-à-dire de décomposer l'ensemble des opérations nécessaires à la production en tâches élémentaires, confiées à des travailleurs qui se spécialisent dans ces opérations simples.

Pour illustrer son hypothèse, Smith utilise le célèbre exemple de la manufacture d'épingles. Il montre qu'en décomposant les 18 opérations nécessaires à la production d'une épingle et en confiant ces opérations à des ouvriers spécialisés dans ces tâches, on peut produire 4800 épingles par travailleur au lieu des 20 épingles produites par des ouvriers qui réaliseraient individuellement toutes les opérations.

 


 

2-1-3 : Les causes de la division du travail

 

D'où provient la division du travail ? Quelle en est l'origine ? Pourquoi les hommes divisent-ils leur travail ?

Smith repère 2 sources complémentaires à cette évolution :

 

A) Le penchant naturel des hommes à échanger

           

                        Selon Smith, les hommes ont tendance à échanger naturellement.

Pour obtenir le plus de biens possibles à échanger, ils comprennent rapidement qu'ils ont intérêt à se spécialiser dans la production pour laquelle ils ont une habileté. Ils produisent ainsi en plus grande quantité et peuvent échanger relativement plus de biens fabriqués par d'autres hommes qui se sont aussi spécialisés. C'est donc l'intérêt personnel qui amène les hommes à se spécialiser.

Cette tendance vraie au niveau individuel peut être transposée au niveau des états, qui ont intérêt à exporter leur production pour obtenir des autres pays des productions plus rentables. Le libre-échange contribue donc à l'enrichissement national.

 

            B) La taille du marché

 

L'autre source de la division du travail réside dans la taille du marché : à mesure qu'un marché s'étend (extension du marché*) du fait de l'augmentation de la population ou du développement des moyens de communication, il faut plus de produits pour l'alimenter. Cette ouverture des débouchés stimule la division du travail et la recherche de productivité.

Mais inversement, à mesure que la division du travail s'étend et que la production augmente, les producteurs sont incités à étendre leurs marchés pour s'ouvrir de nouveaux débouchés.

La division du travail et la taille du marché forment donc un cercle vertueux : augmentation de la taille du marché => intensification de la division du travail => augmentation de la taille du marché => intensification de la division du travail => …

 

 

2-1-4 : Les conséquences de la division du travail

 

 

            A) La division du travail augmente la productivité

 

La division du travail permet d'augmenter la « force productive du travail » car elle présente un triple avantage :

1)       elle permet d'améliorer l'habileté du travailleur du fait de la répétition de gestes simples ;

2)       elle permet de réduire les temps morts ;

3)       elle favorise l'introduction du progrès technique car le travailleur comprend de suite l'intérêt qu'il peut trouver à une innovation, en efficacité ou en amélioration de son travail. Smith estime même que ce progrès technique peut venir des ouvriers eux-mêmes, concernés plus que quiconque par  le travail décomposé.

 

B) La division du travail permet la « richesse des nations »

 

La division du travail va permettre l' « opulence générale » car les gains de productivité qu'elle induit vont avoir des effets mécaniques importants :

-          Comme la productivité augmente, chaque travailleur dispose de relativement plus de produit (ou de salaire) à échanger (pour consommer) ;

-          De ce fait, leur pouvoir d'achat augmente ;

-          Cette hausse provoque l'intensification des échanges, et la baisse relative des prix. Chacun est donc relativement plus « riche » ;

-          La division du travail s'intensifie de cette intensification des échanges.

 

C) La déshumanisation du travail

 

 

Adam Smith ne fait pas que les éloges de la division du travail. Il en souligne les limites humaines. Le travail répétitif a en effet des conséquences psychologiques et morales négatives selon lui.

Le travailleur soumis à la répétition des gestes ne peut plus développer son intelligence et son imagination. Il perd l'habitude d'utiliser ses facultés intellectuelles, dans son travail, mais aussi dans sa vie de tous les jours.

Ainsi, le développement de la division du travail peut affaiblir la qualité globale des relations humaines dans la société à mesure que le nombre de travailleurs spécialisés augmente.

 

 

 

 2-2 : Textes d'auteur

 

            2-2-1 : La main invisible

 

=>        5 p52 Q° 1, 2, 3

 

2-2-2 : La manufacture d'épingles

 

=>        1 p50 Q° 1, 2, 3 + 8 p53 Q° 1, (2)

 

            2-2-3 : Le penchant naturel des hommes à trafiquer

 

=>        4 p51 Q° 1, 2

 

            2-2-4 : La taille du marché

 

=>        6 p52 Q° 1, 2, 3

 

            2-2-5 : La déshumanisation du travail

 

=>        9 p54 Q° 1

 

            2-2-6 : L'augmentation de la richesse des nations

 

=>        3 p51 Q° 1, 2, 3

 

 

2-3 : Actualité et prolongements

 

 

            2-3-1 : Les évolutions de la division du travail DANS l'entreprise

 

            Historique de l'organisation du travail :

 

            - Début 20ème siècle : l'OST (taylorisme et fordisme, continuateurs de Smith).

 

=>        - La double crise de l'OST (années 60 et 70)       11 p55 Q°2

 

=>        - Les NFOT et le toyotisme 13 p56 Q° 1, 2, 3

 

 

2-3-2 : La division du travail entre les entreprises : l'EXTERNALISATION

 

=>        17 p58 Q°1, 2

 

 

2-3-3 : Les évolutions récentes de la DIT

 

 

                        A) Les évolutions du commerce entre les pays

 

=>        7 p53 Q°2, 3

 

                       B) La décomposition internationale des processus productifs

                       (DIPP)

 

=>        18 p58 Q°3

 

 



Article ajouté le 2007-09-06 , consulté 36 fois

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