Les grands courants en sociologie

Paradigmes sociologiques

 

Deux points de vue s'opposent souvent à l'intérieur de la sociologie : le paradigme holistique d'Émile Durkheim et le paradigme atomistique défini par Max Weber.

 

 

 Paradigme holistique (Durkheim)

 

Celui d'Émile Durkheim est dit paradigme holistique (du grec holos : qui forme un tout). Pour lui et ceux qui se réclament de son héritage, la société est un holon, un tout qui est supérieur à la somme de ses parties, elle préexiste à l'individu et les individus sont gouvernés par elle. Dans ce cadre, la société englobe les individus et la conscience individuelle n'est vue que comme un fragment de la conscience collective.

 

Selon ce point de vue, l'objet des recherches sociologiques est le fait social, qu'il faut traiter comme une chose, sa cause devant être cherchée dans des faits sociaux antérieurs. Le fait social, qui fait l'objet d'une institutionnalisation, est extérieur à l'individu et exerce une contrainte sur ce dernier. Les individus sont donc encadrés dans des institutions, elles-mêmes insérées dans des structures homologues les unes par rapport aux autres. La sociologie est alors la science des invariants institutionnels dans lesquels se situent les phénomènes observables.

 

Marcel Mauss imprimera une inflexion significative à cette doctrine en arguant de la nécessité de décrire complètement et dans leur totalité les formes dans lesquelles le phénomène apparaît pour révéler leur secret. Analyser le concret interdit de négliger la sensibilité au vécu.

 

 

Paradigme atomistique (Weber)

 

Le point de vue de Max Weber est différent, c'est le paradigme atomistique. Pour lui, et plus certainement encore pour Georg Simmel, chaque individu est un atome social. Les atomes agissent en fonction de motifs, intérêts, d'émotions propres et sont liés aux autres atomes. Un système d'interactions constantes entre les atomes produit et reproduit la société.

 

Selon ce point de vue, l'objet des recherches sociologiques est l'action sociale. Les acteurs n'agissent pas de façon mécanique. L'accent est porté sur la cause des actions sociales et le sens donné par les individus à leurs actions. On ne cherche plus des arrangements d'institutions mais un horizon de significations qui servent de références. L'institution est là mais elle sert les motifs et les intérêts des agents et les serre : c'est la « cage de fer » de la bureaucratie.

 

 

Autres paradigmes

 

D'autres paradigmes fonctionnent dans la sociologie. On peut citer l'idée que toute société doit organiser les conflits que fabriquent nécessairement les inégalités fondées sur des différences. Les concepts constituent un des outils qui permettent de décrire/interpréter le réel avec assez de rigueur pour élaborer une connaissance qui tend vers la scientificité. Ainsi, Durkheim a construit le concept de « fait social » ou celui d'« anomie ».

 

Plus près de nous, Pierre Bourdieu a développé ses analyses grâce aux concepts d'« habitus », de « reproduction ». L'émergence récente d'une analyse sociologique fondée sur les réseaux sociaux suggère des pistes de recherche dépassant l'opposition entre approche holistique et approche atomistique. De même, la sociologie pragmatique a considérablement modifié les manières de lier logiques d'enquêtes, productions de modèles et styles de restitution des travaux.

 

Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Sociologie#Paradigmes_sociologiques

         http://fr.wikipedia.org/wiki/Sociologie

 

Une frise chronologique des auteurs :

http://coulmont.com/vordpress/wp-content/uploads/2008/11/chronologie-sociologues.pdf

 

Voir aussi un travail d'élève de terminale de l'académie de Bordeaux :

http://webetab.ac-bordeaux.fr/Etablissement/JMonnet/ses/coursocio/socio.htm

 

 



Article ajouté le 2007-09-01 , consulté 29 fois

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