PO3 : La diversité des régimes politiques

PO3 : La diversité des régimes politiques

                              Arendt, Tocqueville, Montesquieu

3-1: Notions et thèses

3-1-1 : Les régimes apolitiques

A)   Définitions et problématique

On désigne par régime politique*, l'organisation politique de l'état. Cette notion regroupe les règles institutionnelles et l'ensemble des relations entre les gouvernants et les gouvernés. De ce fait, un régime politique est aussi un mode de vie politique propre à une organisation donnée.

Il existe une pluralité de régimes politiques dans le temps et dans l'espace. Dans ce chapitre, nous présenterons les grands types de régimes politiques et leurs caractéristiques.

Pouvoirs politiques et pouvoirs apolitiques

Comment distinguer le pouvoir politique de ces pouvoirs apolitiques ? [...] : le pouvoir politique serait le plus englobant, celui qui s'exerce au sommet de la pyramide sociale et dont les conséquences sur la vie des individus sont les plus décisives. [...] Un autre critère doit être dégagé de l'observation des faits. L'on constate que tous les pouvoirs apolitiques ont un trait commun les individus sur lesquels ils s'exercent n'ont pas choisi leur titulaire [...]. Au contraire, un pouvoir politique est un pouvoir qui repose, explicitement ou implicitement, sur le choix des gouvernés […].

L'idée d'un régime apolitique heurte le sens commun […]. Mais si l'on considère la réalité politique sans a priori, on observe que de nombreux régimes ont été acceptés par les individus qui y étaient soumis comme des réalités naturelles, aussi inébranlables […] que le sont les tremblements de terre […]. Par des procédés variés, inégalement violents, inégalement élaborés sur le plan intellectuel, ces régimes prétendent démontrer qu'ils ne peuvent être autres qu'ils sont […].

Ni la personne de leurs dirigeants ni les principes sur lesquels ils reposent ne sauraient être modifiés et les gouvernés n'ont donc a priori aucun droit à intervenir dans leurs propres affaires : leur adhésion serait inutile, leur opposition, réprimée. L'objectif de ces régimes est en fait de restaurer l'apolitisme de jadis, où les gouvernés étaient des sujets. 

                                     J.M. Denquin, Introduction à la science politique, 1992.

=> Faîtes l'étude du texte

B)    Dictatures et totalitarismes

La dictature* désigne un régime politique dans lequel une personne ou un groupe de personnes exercent tous les pouvoirs de façon absolue, sans qu'aucune loi ou institution ne les limite.

Dans le domaine politique, on appelle « dictature » un régime dans lequel une personne (le dictateur), ou un groupe de personnes, disposant d'un pouvoir absolu, s'y maintient de manière autoritaire et l'exerce de façon arbitraire.

Le caractère absolu du pouvoir se caractérise notamment par l'absence de séparation des pouvoirs (exécutif, législatif, juridique). Cette confusion des pouvoirs peut l'être au profit de l'exécutif (cas le plus courant) ou au profit du législatif (régime d'assemblée). Il résulte aussi de l'absence de contrôle démocratique et d'élections libres (répression des opposants, le non-respect de la liberté de la presse). Le caractère arbitraire du pouvoir se traduit par le non-respect de l'État de droit (violation de la Constitution, établissement de lois d'exceptions).

Si beaucoup de dictateurs arrivent au pouvoir à la suite d'un coup d'État (en Amérique du sud notamment) ou d'une guerre civile (Francisco Franco), il arrive qu'un dirigeant parvienne au pouvoir légalement avant de devenir un dictateur (ce fut le cas d'Adolf Hitler).

Le totalitarisme* est le système politique des régimes à parti unique, n'admettant aucune opposition organisée, dans lequel l'État tend à confisquer la totalité des activités de la société.

L'expression vient du fait qu'il ne s'agit pas seulement de contrôler l'activité des hommes, comme le ferait une dictature classique : un régime totalitaire tente de s'immiscer jusque dans la sphère intime de la pensée, en imposant à tous les citoyens l'adhésion à une idéologie obligatoire, hors de laquelle ils sont considérés comme ennemis de la communauté.

Qu'est-ce que le totalitarisme ?

Dans le langage courant, les termes de régimes autoritaires, dictatoriaux ou totalitaires sont fréquemment utilisés concurremment. Or, la science politique fait une distinction nette entre les régimes autoritaires et totalitaires : Les régimes totalitaires ont été théorisés par H. Arendt (dans "le phénomène totalitaire") et sont représentés par le régime nazi et le régime stalinien: même si les deux régimes ont des buts différents (projet émancipateur et universel pour le stalinisme et projets d'asservissement par les "Ariens" pour le nazisme), ils utilisent cependant les mêmes moyens et ont les mêmes conséquences pour la population.

Le totalitarisme est un phénomène nouveau et inédit du XXè siècle. Le totalitarisme se distingue par cinq traits:

* pas de limite entre la vie publique et la vie privée, une idéologie totale et de rupture, aspect messianique ( fin de la lutte des classes, Reich pour 1000 ans, régénération, homme nouveau pour le communisme et paradis sur terre, fin des conflits).

* un parti unique

* monopole des moyens d'information et de propagande

* une terreur assurée par la police politique contre l'adversaire désigné mais aussi conte des portions entières de la population, une terreur de masse.

* une atomisation systématique de la société, destruction systématique des groupes primaires et intermédiaires remplacés par une mobilisation partisane dès la plus jeune enfance.

Le totalitarisme ne vise pas seulement une obéissance passive et extérieure mais une adhésion de tous les individus. Ces régimes ne peuvent intégrer l'opposition, le conflit, et sont donc, paradoxalement, fragiles. (Il y a un effort de mobilisation totale des individus, effort gigantesque qui "dévore" le régime, et qui ne dure donc pas bien longtemps)

                                          Armand Chanel, Stage St Hugues de SES ,1998.

=> Faîtes l'étude du texte

3-1-2 : Les systèmes démocratiques

                                   A) les principes démocratiques

La démocratie comme idéal,  Armand Chanel, id.

 Il vise une société fondée sur les deux grands principes de Liberté et d'Egalité : les hommes ont, tous, le droit à s'autogouverner. C'est le gouvernement de soi par soi, c'est à dire idéal d'autonomie d'abord du pays par rapport à d'autres (droit des peuples à s'autogouverner : autodétermination., et ensuite des individus-citoyens par rapport à un pouvoir despotique (c'est la formule de A. Lincoln "la démocratie est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple", reprise d'ailleurs par la Constitution de la Vème République française). Selon Touraine, il s'agit d'aménager la société de telle sorte que chacun puisse mener à terme ses projets, autonomie garantie par des droits politiques (La démocratie consiste pour les citoyens à être associés directement ou indirectement au pouvoir politique sur une base d'égalité, selon le principe "un homme = une voix", afin de respecter leur liberté fondamentale d'être humain) mais aussi par des droits économiques, sociaux et culturels. Cette égalité de droits définit aussi la démocratie.                                                                                   

=> Expliquez les phrases soulignées

=> 1 p55 Q°1 à 4  +  1 p69 Q°1, 3, 4

                                   B) Typologie des régimes démocratiques

=> 4 p70 Q°10, 11  + Illustrations (5 et 6 p71)

       3-2 : Textes d'auteurs

3-2-1 : Qu'est-ce que le totalitarisme ? (Arendt)

Hannah Arendt, née Johanna Arendt, (14 octobre 1906-1975), est une philosophe allemande naturalisée américaine, connue pour ses travaux sur l'activité politique, le totalitarisme et la modernité.

Ses ouvrages sur le phénomène totalitaire sont étudiés dans le monde entier et sa pensée politique et philosophique occupe une place importante dans la réflexion contemporaine. Ses livres les plus célèbres sont Les Origines du totalitarisme (1951), Condition de l'homme moderne (1958) et La Crise de la culture (1961).

=> 9 p58 Q°24, 25, 26

3-2-2 : Les spécificités des régimes démocratiques (Tocqueville, Montesquieu)

           A) Montesquieu et la séparation des pouvoirs

Charles-Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, connu sous le nom deMontesquieu (avant 18 janvier 1689 à la Brède (Gironde) - Paris le 10 février 1755) est un moraliste, penseur politique, précurseur de la sociologie, philosophe et écrivain français des Lumières.

Montesquieu, avec entre autres John Locke, est l'un des penseurs de l'organisation politique et sociale sur lesquels les sociétés modernes s'appuient. Il a notamment travaillé sur la répartition des fonctions de l'État entre ses différentes composantes, appelée postérieurement « principe de séparation des pouvoirs ». Sa grande contribution est d'avoir su exposer à ses contemporains deux modèles de liberté politique : la « liberté modérée » du régime monarchique et la « liberté extrême » incarnée par la Constitution d'Angleterre. De l'esprit des lois (1748)

=> 2 p69 Q°6, 7

 

                         B) Tocqueville et l'égalité, au cœur du projet démocratique

Bien qu'aristocrate de naissance, Tocqueville n'en considère pas moins la démocratie comme un mouvement historique irréversible. Il profite d'un voyage d'étude aux EU pour observer les grandes caractéristiques de ces régimes politiques naissants qui ne se limitent pas, selon lui, à de simples organisations politiques. Dans « De la démocratie en Amérique » (1835), il met en évidence le « fait générateur » des sociétés démocratiques : l'égalisation des conditions*, c'est-à-dire un processus social en vertu duquel chacun peut travailler à l'amélioration de sa position sociale.

Les démocraties modernes affirment l'égalité juridique des citoyens (état de droit) mais poursuivent de plus un objectif social : l'égalisation des conditions*. Les positions sociales ne sont plus figées comme dans les sociétés aristocratiques à ordres dans lesquelles la naissance déterminait le destin social. Les démocraties modernes admettent la mobilité sociale.

Cette fluidité sociale fait de ces sociétés des organisations égalitaires (et non égalitariste) qui transforment l'ensemble des relations sociales, politiques et économiques. Ainsi, l'égalité devient une valeur centrale : les individus se pensent égaux, refusent les privilèges et recherchent individuellement à améliorer leur situation économique et sociale (individualisme*).

=> 3 p56 Quelle est la valeur centrale des sociétés démocratiques selon Tocqueville ? , Q°7

L'idéal égalitaire est l'une des valeurs centrales des sociétés démocratiques modernes. A mesure que les démocraties se développent, les conditions sociales tendent à s'égaliser. Dans ces conditions, les inégalités sont plus facilement repérables. Elles heurtent l'idéal égalitaire et apparaissent de plus en plus inacceptables. L'idéal égalitaire se transforme en passion pour l'égalité : les individus revendiquent l'égalité par-dessus tout ; ils la veulent dans la liberté, mais ils sont aussi près à l'accepter dans la servitude.

Selon Tocqueville, il existe donc une tension entre la liberté et l'égalité dans les démocraties. Les individus ont tendance à limiter leurs relations sociales à leur entourage immédiat et à porter un intérêt exclusif à leurs affaires personnelles. Ce repli sur la sphère privée conduit à un individualisme* qui détourne les individus du sens de la collectivité et des affaires publiques. Cette situation profite à un état centralisé et tout puissant qui étend sa puissance au détriment des libertés individuelles.  Les citoyens acceptent cet empiétement de l'état dans la mesure où celui-là préserve l'égalité. On parle de despotisme démocratique* pour qualifier cette dérive de la démocratie qui affirme l'égalité et préserve l'individualisme, mais au détriment des libertés.

3-2-3 : La servitude volontaire

3-3 : Actualité et prolongement

         3-3-1 : de la dictature à la démocratie :l'exemple espagnol

=> 1 p66 Q1, 2, 3  +  2 p66 Q°1, 3

         3-3-2 : la crise de la démocratie

                                   A)  La volonté générale confisquée ?

=> 19 p63 Q°52, 54, Justifiez le titre du document        

=> 20 p63 Q°56, 57

                                   B) Individualisme et démocratie

L'individualisme* (au sens politique et morale) est une une forme de rapport aux autres qui privilégie les droits, les intérêts et la valeur de l'individu par rapport à ceux du groupe et de la communauté.

Il ne faut pas confondre individualisme et égoïsme. Lorsque l'individualisme pousse une personne à se mobiliser en faveur des droits d'autres individus en tant qu'individus on parlera d'individualisme "universaliste", par opposition à l'individualisme "particulariste" (on cherche à satisfaire ses propres intérêts sans se soucier de ceux des autres).

=> 18 p62 Q°50, 51

 

Sources :

Wikipédia

http://webetab.ac-bordeaux.fr/Etablissement/SudMedoc/ses/1999/chg_sol1.htm



Article ajouté le 2009-11-09 , consulté 44 fois

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