Philosophie des lumières
Philosophie des lumières
XVIIème siècle
Le mot Lumières définit métaphoriquement le mouvement culturel et philosophique qui a dominé, en Europe et particulièrement en France, le XVIIIe siècle auquel il a donné, par extension, son nom de siècle des Lumières. Ils ont marqué le domaine des idées et de la littérature par leurs remises en question fondées sur la « raison éclairée » de l'être humain et sur l'idée de liberté. Par leurs engagements contre les oppressions religieuses, morales et politiques, les membres de ce mouvement, qui se voyaient comme une élite avancée œuvrant pour un progrès du monde, combattant l'irrationnel, l'arbitraire et la superstition des siècles passés, ont procédé au renouvellement du savoir, de l'éthique et de l'esthétique de leur temps. L'influence de leurs écrits a été déterminante dans les grands événements de la fin du XVIIIe siècle que sont la Déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique et la Révolution française.
Le mouvement de renouveau intellectuel et culturel des Lumières, qui a touché tous les domaines du savoir, est connu, en anglais, sous le nom d'Enlightenment, en allemand sous le nom d'Aufklärung, Ilustración en espagnol, Illuminismo en italien. (…) Or, dans son sens historique strict, le mouvement des Lumières reste avant tout européen et découle presque exclusivement d'un contexte spécifique de maturation des idées héritées de la Renaissance.
Révolution dans les sciences et programme de la philosophie des Lumières
Le mouvement des Lumières a été en grande partie un prolongement des découvertes de Copernic au XVIe siècle, peu diffusées sur le moment, puis surtout des théories de Galilée (1564-1642). Une quête d'axiomes, de certitudes éprouvées, se poursuivit dans le mouvement du cartésianisme tout au long du XVIIIe siècle (…).

Un changement notable fut l'émergence de la philosophie naturaliste à travers toute l'Europe, incarnée par Isaac Newton. Ses idées, sa réussite indéniable à confronter et assembler les preuves axiomatiques et les observations physiques en un système cohérent, source de prédictions, donnèrent le ton de tout ce qui allait suivre son exemplaire Philosophiae Naturalis Principia Mathematica (1687). Pour montrer le progrès entre l'Âge de la Raison et le mouvement des Lumières, l'exemple de Newton reste en effet indépassable, en ce que le scientifique utilisa des faits observés empiriquement, comme la dynamique des planètes de Johannes Kepler ou l'optique, pour construire une théorie sous-jacente expliquant ces faits a priori : la théorie de la gravitation universelle (…).
Dans son célèbre essai Was ist Aufklärung?, Emmanuel Kant donne des Lumières la définition suivante : « Les Lumières c'est la sortie de l'homme hors de l'état de tutelle dont il est lui-même responsable. L'état de tutelle est l'incapacité de se servir de son entendement sans la conduite d'un autre. On est soi-même responsable de cet état de tutelle quand la cause tient non pas à une insuffisance de l'entendement mais à une insuffisance de la résolution et du courage de s'en servir sans la conduite d'un autre. Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Voilà la devise des Lumières. »

Les Lumières se basent donc sur la croyance en un monde rationnel, ordonné et compréhensible, exigeant de l'homme l'établissement d'une connaissance également rationnelle et organisée. Cela commence par l'idée que les lois gouvernent, aussi bien les cieux, que les affaires humaines et que le pouvoir du Prince émane de la loi et non l'inverse. La conception de la loi en tant que contrat social théorisée par Rousseau comme relation réciproque entre les hommes, plutôt qu'entre les familles ou des groupes, devint de plus en plus remarquable, accompagnée du souci de la liberté individuelle comme réalité imprescriptible - le seul droit tiré de Dieu. Le mouvement des Lumières créa ou réinventa donc les idées de liberté, propriété et rationalité, telles qu'on les connaît toujours aujourd'hui et telles qu'introduites dans la première philosophie politique : l'idée et le désir d'être un individu libre, liberté d'autant plus garantie que l'État assure la stabilité des lois.
Diffusion du savoir - l'Encyclopédie
Un second changement important dans le mouvement des Lumières par rapport au siècle précédent, trouve son origine en France, avec les Encyclopédistes. Ce mouvement intellectuel défend l'idée qu'il existe une architecture scientifique et morale du savoir, une structure prévalente et ordonnée et que sa réalisation est un moyen de libération de l'homme. Le philosophe Denis Diderot et le mathématicien d'Alembert publient en 1751 l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers.

Le processus de diffusion des idées nouvelles se trouva amplifié par le progrès des techniques de diffusion de l'information. Les passages de l'Encyclopédie sont lus par les nobles, les ducs, et les bourgeois dans des salons, les personnes présentes donnent leur avis sur les écrits des philosophes. Les journaux et la correspondance permirent des échanges plus rapides dans toute l'Europe, réalisant une nouvelle forme d'unité culturelle. Ceci ne fut pas sans poser des questions sur la liberté d'accès et de diffusion de ces informations. On connaît le rôle joué par la presse dans la diffusion des idées, pendant la Révolution française notamment (…).
L'influence de la Philosophie des Lumières dans les changements politiques
Dès la fin du XVIIe siècle, John Locke avait défini la séparation des pouvoirs entre l'exécutif et le législatif. Montesquieu reprit l'idée de séparation des pouvoirs et l'étendit à un troisième pouvoir, le pouvoir judiciaire dans De l'esprit des lois (1748). Dans les années 1750, on tenta, en Angleterre, en Autriche, en Prusse et en France, de « rationaliser » les monarchies et leurs lois.
L'idée lumineuse d'un gouvernement « rationnel » s'incarna dans la Déclaration d'Indépendance américaine et, dans une moindre mesure, dans le programme des Jacobins au cours de la Révolution française. On peut citer également la Constitution américaine de 1787.

La Révolution française, en particulier, représente une application violente de la philosophie des Lumières, notamment lors de la brève période de pouvoir des Jacobins. Le désir de rationalité conduisit à une tentative d'éradiquer l'Église et le christianisme dans son ensemble ; ainsi, la Convention nationale changea le calendrier, système de mesure du temps, et le système monétaire, tout en plaçant l'idée d'égalité, sociale et économique, au plus haut point des priorités de l'État.
Extraits de : http://fr.wikipedia.org/wiki/Lumi%C3%A8res_(philosophie)
