Devoir 2 du 09-10 : Egalitarisme, démocratie et despotisme
1ES3- Devoir 2 (2h) Vendredi 9 Octobre
A) QUESTIONS DE COURS (5 points)
Vous répondrez en dix lignes maximum.
1) Définir « état de droit », « idéal égalitaire » (1 point).
2) Quel lien peut-on faire entre le Chapitre 0 et le 1-1-2 (1 point) ?
3) Quel lien peut-on faire entre la « sécularisation » et l’affirmation de
l’opinion publique (1 point) ?
4) Pourquoi faut-il aider les pauvres pour les interventionnistes sociaux-démocrates (1 point) ?
5) Quelle distinction peut-on faire entre totalitarisme et démocratie
(1 point) ?
B) ETUDES DE DOCUMENTS (9 points)
6) Expliquez la phrase soulignée dans le document 1 (2 points).
7) Repérez les informations périphériques du document 2 (1 point).
8) Expliquez le 3ème § du document 2 (2 points).
9) Faîtes l’étude du document 3 (4 points).
C) QUESTIONS DE SYNTHESE (6 points)
Vous répondrez en dix lignes maximum.
11) Quel lien peut-on faire entre le document 1 et le 1-1-1 ? Justifiez
(1,5 points).
12) Quel lien peut-on faire entre le document 1 et le document 2 ? Justifiez
(1 point).
13) Montrez que les documents 1 et 2 illustrent le 1-1-2 (1 point).
14) Le principe des « discriminations positives » (document 3) est-il
conforme à « l’idéal égalitaire » ? Discutez (2,5 points).
DOCUMENT 1
Une société hiérarchisée n’est possible que sur la base de la pauvreté et l’ignorance
Dans un monde dans lequel le nombre d'heures de travail serait court, où chacun aurait suffisamment de nourriture, vivrait dans une maison munie d'une salle de bains et d'un réfrigérateur, posséderait une automobile ou même un aéroplane, la plus évidente, et peut-être la plus importante forme d'inégalité aurait déjà disparu.
Devenue générale, la richesse ne confèrerait plus aucune distinction. Il était possible, sans aucun doute, d'imaginer une société dans laquelle la richesse dans le sens de possessions personnelles et de luxe serait également distribuée, tandis que le savoir resterait entre les mains d'une petite caste* privilégiée. Mais, dans la pratique, une telle société ne pourrait demeurer longtemps stable. Si tous, en effet, jouissaient de la même façon de loisirs et de sécurité, la grande masse d'êtres humains qui est normalement abrutie par la pauvreté pourrait s'instruire et apprendre à réfléchir par elle-même, elle s'apercevrait alors tôt ou tard que la minorité privilégiée n'a aucune raison d'être, et la balaierait.
En résumé, une société hiérarchisée n'était possible que sur la base de la pauvreté et de l'ignorance.
* groupe réduit et fermé
DOCUMENT 2
Naissance d’un « despotisme démocratique »
Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme(1) pourrait se produire dans le monde ; je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs dont ils remplissent leur âme. Chacun d'eux retiré à l'écart est comme étranger à la destinée de tous les autres ; ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine...
Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire (2) qui se charge seul d'assurer leurs jouissances et de veiller sur leur sort. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril, mais il ne cherche au contraire qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent pourvu qu'ils ne pensent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ! (…)
Je pense que les peuples démocratiques ont un goût naturel pour la liberté; livrés à eux-mêmes, ils la cherchent, ils l'aiment, et ils ne voient qu'avec douleur qu'on les écarte. Mais ils ont pour l'égalité une passion ardente, insatiable (3), éternelle, invincible; ils veulent l'égalité dans la liberté, et, s'ils ne peuvent l'obtenir, ils la veulent encore dans l'esclavage. Ils souffriront la pauvreté, l'asservissement, la barbarie, mais ils ne souffriront pas l'aristocratie.
Alexis de Tocqueville, « De la démocratie en Amérique », 1835
(1) : tyrannie, (2) : qui décide pour les personnes concernées, (3) jamais satisfaite
DOCUMENT 3
Faut-il mettre en œuvre des « discriminations positives » en France ?
Dans de nombreuses situations, l’égalité juridique est insuffisante pour conduire à une égalité réelle, tant les handicaps de certaines populations sont importants. Ce constat a été fait notamment à partir des années 60 aux Etats-Unis à propos de la communauté noire. D’où l’idée d’un « coup de pouce » supplémentaire, de discriminations « positives », qui contrebalanceraient les discriminations négatives particulières dont sont victimes ces populations.
Puisque certains partent avec un handicap, on considère qu’il n’est pas juste que les règles de la course soient les mêmes pour tous. Il est vrai qu’aux inégalités liées à l’origine sociale, viennent s’ajouter celles qui découlent de la couleur de peau, de la nationalité ou du simple patronyme. Il suffit d’observer le marché du travail ou le secteur du logement pour constater combien les jeunes, en particulier, semblent « triés » en fonction de leurs origines. Par exemple, le taux de chômage des jeunes d’origine algérienne de 30 à 35 ans atteignait 40 % en 1999, contre une moyenne nationale de 11,8 %.
Avec la loi sur la parité en politique ou les zones d’éducation prioritaire, la France a déjà expérimenté des mesures proches de ce type. Il serait probablement plus urgent de supprimer les discriminations négatives, comme l’interdiction de millions d’emplois aux étrangers, notamment dans la fonction publique. Faut-il aller encore plus loin ? Dans les entreprises ou les administrations, une volonté plus forte d’intégrer ceux qui sont les plus désavantagés ne serait pas de trop.
Source : Observatoire des inégalités, 2008, http://www.inegalites.fr/spip.php?article195
