Ch7 : Notions et problématiques (Sensibilisation)
Ch7 : Notions et problématiques
(Sensibilisation)
Doc1
La division du travail dans les sociétés de chasse
Entretien avec Pierre Clastres,
Ethnologue et anthropologue, auteur de « Chroniques des indiens Guayaki », 1975
Extraits de : http://1libertaire.free.fr/Clastres01.html
Là, c'est un cas précis: les Guayaki, c'est, c'était, puisqu'il faut en parler au passé, une société de chasseurs. Alors là, un bonhomme qui n'est pas un chasseur, c'est presque un moins que rien. Donc le type, il n'a pas tellement le choix; n'étant pas chasseur, pratiquement il n'est plus un homme. Il n'y a pas un chemin très grand à parcourir pour aller de l'autre côté, c'est-à-dire dans l'autre secteur de la société, qui est le monde féminin. Mais je ne sais pas si on peut parler en terme de pouvoir. En tous cas, ce n'est pas un pouvoir au sens où on en a parlé jusqu'à présent, un pouvoir de nature politique. (…)
Ce sont des normes soutenues par la société entière, ce ne sont pas des normes imposées par un groupe particulier à l'ensemble de la société. Ce sont les normes de la société elle-même; ce sont les normes à travers lesquelles la société se maintient; ce sont les normes que tout le monde respecte; elles ne sont imposées par personne. Les normes dans les sociétés primitives, les interdits, etc., c'est comme les lois chez nous, on peut toujours transiger un petit peu. Mais enfin là, ce ne sont pas les normes d'un groupe spécial de la société, qui les impose au reste de la société; c'est les normes de la société elle-même (…). Et ces normes, comment sont-elles apprises, acquises, intériorisées? Par la vie, l'éducation des enfants, etc (…).
N'oublions pas qu'il s'agit de chasseurs nomades; c'est normal qu'il y ait deux espaces assez bien différenciés, car la chasse, c'est une affaire d'hommes et ça se fait dans la forêt. C'est un domaine de forêts de toutes façons, tout le monde est dans la forêt; mais il y a une distinction entre le campement où on s'arrête, où on dort, où on mange, etc., qui est l'espace de tout le monde (les hommes, les femmes, les enfants, les vieillards...) et la forêt, qui est très marquée par ceux qui y passent leur temps, qui sont les hommes en tant que chasseurs. Il se trouve que, à part ça, en raison de la composition démographique des Guayaki, les femmes (talent plus nombreuses que les hommes; donc le campement était plus marqué du côté des femmes que du côté des hommes; d'autant plus que les hommes, ils s'en vont à la chasse, entre hommes et que les femmes restent avec les enfants au campement. Donc, sans pousser trop loin cette opposition, on peut en effet distinguer deux espaces:
- la forêt, c'est l'espace de la chasse, du gibier et des hommes en tant que chasseurs.
- le campement, c'est plutôt l'espace féminin, avec les enfants, la cuisine, la vie familiale, etc.
=> Faîtes l’étude du texte
Doc2
Une campagne contre les jouets sexistes !
Extraits de : http://www.viefeminine.be/spip.php?article775
"Filles et garçons : mêmes jouets !", c’est le nom de la seconde campagne 2008 de Vie Féminine. La cible : le sexisme dans l’univers des jouets. Les fêtes de fin d’année et, particulièrement, la Saint-Nicolas sont l’occasion de sensibiliser les grands aux enjeux des stéréotypes véhiculés par les catalogues de jouets et rayons des magasins.
Pourquoi une campagne contre les jouets sexistes ?
> Les jouets influencent les choix de vie ! Malgré les discours officiels égalitaires, les publicités, emballages, vitrines, rayons des magasins et catalogues différencient les jeux attribués aux filles et aux garçons. La mitraillette et le fer à repasser en plastique participent ainsi à la construction d’une identité sexuée et contribuent à l’enracinement de stéréotypes.
> Les jouets ne sont pas anodins ! Dés ses premiers pas dans la vie, l’enfant, guidé vers les valeurs dominantes de son sexe, intègre les stéréotypes masculins et féminins. La petite fille va être invitée à prendre soin d’elle et des autres. Le petit garçon ne pourra pas s’amuser avec une poupée. Gare à celle ou celui qui s’échappe des schémas stéréotypés : il/elle est alors considéré-e comme déviant-e et remis dans le droit chemin.
=> Rappel : Comment appelle-t-on le processus d’acquisition des règles de la vie en société ?
=> Pourquoi peut-on parler de « jouets sexistes » ?
=> Donnez 2 exemples inédits de ce type de jouets.
Doc3
La famille est-elle en crise ?
Extraits de : http://www2.ac-lyon.fr/enseigne/ses/audiovisuel/2-fami-1.html
La baisse de la nuptialité et de la natalité qui s'accompagne d'une forte augmentation des divorces, du concubinage, du célibat et des naissances hors mariage semblent indiquer une crise de cette institution. Les modèles familiaux se multiplient et on parle de famille monoparentales, recomposées,... Pourtant, il faut modérer cette analyse en terme de crise.
La crise du mariage résulte de nombreuses mutations économiques, sociales et juridiques qui ont pour corollaire la libération des moeurs, le travail féminin et l'émancipation de la femme. Mais les nouvelles aspirations qu'exprimaient les différents intervenants ne pouvaient se combiner avec le modèle familial traditionnel. La famille n'est pas en crise, elle s'adapte.
La France connaît des déséquilibres économiques et sociaux (…). En ce sens, la famille reste le lieu privilégié de la solidarité. Les aides financières, domestiques, sociales sont fortes et resserrent les liens familiaux.
Les enquêtes témoignent que les individus aspirent toujours à la vie de couple que l'on se marie ou pas. Les jeunes ont de bonnes relations avec leurs parents et leurs grands parents dont l'aide reste un rempart contre l'adversité (…). La famille conserve ses fonctions essentielles et même si on se marie moins, on se marie de plus en plus par amour. Les enfants ont pris une place grandissante et les liens affectifs ont remplacé les liens économiques. Elle reste un refuge, un foyer pour les individus
=> relevez dans 2 colonnes les arguments qui permettent de répondre à la question-titre
Doc4
Quand le travail rend pauvre
Extraits de : http://www.inegalites.fr/spip.php?article1095&id_mot=30
Aout 2009
En 2007, 8 millions de personnes en France disposaient d’un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté tel que défini par l’Union européenne, soit 60 % du niveau de vie médian ce qui correspond actuellement à un revenu net, après impôts et prestations sociales, de 908 euros par mois pour une personne seule, de 1 362 euros pour un couple, de 1906 euros pour un couple avec deux enfants (...).
Qui sont ces 8 millions de personnes ? Dans leur grande majorité, elles sont jeunes, voire très jeunes : quasiment la moitié (49 %) ont moins de 30 ans, alors que cette tranche d’âge ne représente que 36 % de la population française. Pour les enfants, cette situation constitue souvent un lourd handicap. En effet, selon une étude du Cerc, le fait d’être élevé dans une famille pauvre réduit sensiblement (de l’ordre des trois quarts) leur probabilité de réussir à l’école : moindre soutien parental, manque de chambre à soi pour faire ses devoirs, proportion élevée d’enfants ayant des difficultés scolaires, etc., tout ceci accroît fortement le risque pour ces enfants de devenir à leur tour des adultes pauvres. Au contraire, les seniors sont moins présents dans la population pauvre (15 %) que dans la population dans son ensemble (21 %). Il s’agit là d’un changement profond dans le visage de la pauvreté. Depuis le début des années 1980, celle-ci ne cesse de rajeunir : au cours des dix dernières années, la part des moins de 18 ans dans la population pauvre a augmenté de trois points.
Trois types de ménages sont particulièrement exposés au risque de pauvreté. D’abord, les personnes isolées : elles représentaient 18 % du total des personnes pauvres, alors qu’elles ne comptent que pour 14 % dans l’ensemble de la population. Cette exposition forte au risque de paupérisation est facile à comprendre : aucune autre rentrée d’argent ne vient compenser les insuffisances éventuelles du revenu en cas de chômage non indemnisé, d’inactivité ou même d’emploi mal payé. l en est de même des familles monoparentales, le deuxième type de ménages particulièrement frappés par la pauvreté. Mais avec une difficulté supplémentaire par rapport aux personnes isolées : dans le meilleur des cas, non seulement il ne rentre qu’un revenu d’activité par ménage (comme pour les personnes isolées), mais en plus il y a plusieurs bouches à nourrir. Il n’est donc pas étonnant de constater que, alors que les familles monoparentales regroupent 9 % de la population dans son ensemble, elles représentent 20 % des personnes en situation de pauvreté (…) Les familles nombreuses forment le troisième groupe de ménages particulièrement exposés : alors que les ménages de cinq personnes et plus (en général deux adultes et trois enfants au moins) regroupent 15 % de la population française, ils comptent pour 25 % dans la population en situation de pauvreté, pas loin de deux fois plus (…).
La pauvreté a fortement partie liée avec le développement des emplois peu rémunérés. Sur les 4,2 millions de personnes de 18 à 59 ans en situation de pauvreté en 2006, 1,85 million était en emploi, contre 1,55 million en 2003. Si l’on prend en compte le nombre de personnes vivant dans des ménages au niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, les ménages de travailleurs pauvres en emploi représentaient 3,16 millions de personnes en 2003 et 3,62 millions en 2006. Soit une augmentation de 500 000, pour un nombre total de personnes en situation de pauvreté qui s’est accru de 800 000 : l’extension de la pauvreté laborieuse est donc désormais le principal facteur d’aggravation de la pauvreté.
Depuis quatre ans, le développement de l’emploi de mauvaise qualité est le principal responsable de la progression de la pauvreté. Permettre à tous ceux qui le souhaitent d’accéder à l’emploi est essentiel, mais il convient aussi de veiller à ce que cet emploi soit de qualité suffisante pour en vivre de façon décente. Le RSA améliore la situation d’une majorité de ménages de travailleurs pauvres. Pas de tous, hélas, puisque ce complément de revenu n’est versé ni aux travailleurs de moins de 26 ans (sauf s’ils ont des charges de famille) ni aux chômeurs, qui font pourtant partie de la population active. Mais si, en même temps, il ne s’accompagne pas d’une lutte résolue contre les emplois paupérisants, il risque fort d’accompagner la progression du nombre de travailleurs pauvres alors qu’il visait à le diminuer.
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Doc5
Les incivilités : une notion difficile à définir
Extraits de :
L’apparition du terme incivilities remonte au début des années 1970 aux États-Unis. Mais, c’est en 1982 que deux chercheurs, Kelling et Wilson, développent, à la suite du sociologue Erving Goffman, les implications de la notion, en se fondant sur la théorie dite de "la vitre brisée". En 1993, un chercheur français, Sebastian Roché s’intéresse à cette notion au regard de la situation de la délinquance en France.
Si la définition traditionnelle de "civilité" correspond à "l’observation des convenances, des bonnes manières en usage dans un groupe social", la définition du terme "incivilité", lui-même n’est pas aisée. Sebastian Roché les définit comme un "ensemble de nuisances sociales extraordinairement variées qui ne blessent pas physiquement les personnes, mais bousculent les règles élémentaires de la vie sociale qui permettent la confiance". Les comportements qu’elle recouvre sont des crachats, graffitis sur les murs des villes, dégradations de biens publics, attroupements d’individus potentiellement menaçants, bruit dans les immeubles d’habitation, insultes dans la vie quotidienne, manque de respect envers les personnes âgées...
La difficulté principale est que cette notion sociologique englobe à la fois des comportements gênants, mais qui ne sont pas pénalement sanctionnés, et d’autres qui constituent de vraies infractions. Des débats ont lieu autour de cette notion. Certains considèrent que l’expression masque de réelles infractions et une partie de la délinquance, d’autres récusent cette formulation qui légitimerait l’établissement insidieux d’un appareil répressif public et privé.
Les incivilités sont perçues comme un défi à l’ordre public. Le problème central ne réside pas dans les actes commis, mais dans leurs conséquences. En effet, plusieurs travaux sociologiques semblent souligner que la multiplication des incivilités, notamment dans un lieu géographiquement limité (ex : un quartier), accroît le sentiment d’insécurité, mais aussi la délinquance, dès lors que les mécanismes informels de contrôle disparaissent.
Le lien entre les citoyens s’estompe et une méfiance généralisée s’installe. Ces atteintes à l’ordre public sont destructrices des interactions de civilité et, finalement, de la confiance nécessaire à un bon fonctionnement de la société.
Il faut cependant souligner la réelle difficulté à évaluer ce phénomène qui n’est pas sans lien avec l’imprécision de sa définition. Les chiffres mesurant la forte croissance des violences urbaines, ont été critiqués car ils posent des problèmes d’interprétations. De même, le discours sur les incivilités, qui les associe à la peur de l’insécurité et qui les assimile à la jeunesse et à l’immigration, doit être interrogé.
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Doc6
La nécessaire “transition” de l’économie française vers le marché
JP Cenci, « La politique macroéconomique : solution ou cause de chômage ? », 1996
Extraits de :
http://www.libres.org/francais/dossiers/chomage/chomage_c15_centi.htm
Le problème du chômage en France est de nature institutionnelle. Il faut sortir du Keynésianisme et libérer le sens entrepreneurial. Au-delà même d’une politique de l’offre, certes nécessaire, il faut (r)établir les grands principes de fonctionnement normal du processus de marché. Il est urgent qu’un certain nombre de changements s’opèrent :
1 - Déréglementer l’économie afin de stimuler la concurrence et rendre les marchés flexibles.
2 - Alléger les entreprises des charges sociales qui ont un effet si restrictif sur l’emploi.
3 - Libérer le prix du travail. A l’heure actuelle, et depuis longtemps, le taux de salaire n’est pas le véritable prix du travail. Le véritable partage du travail est celui qui résultera du prix du travail, en liaison avec la productivité du travail.
4 - Privatiser les entreprises publiques, ce qui faciliterait le remboursement de la dette publique et diminuerait la pression et la manipulation des taux d’intérêt.
5 - Réduire les dépenses publiques, dont on a pu constater qu’elles ne sont qu’un leurre à l’égard de l’augmentation de l’emploi.
6 - Réduire la pression fiscale et parafiscale, ce qui aurait un impact non négligeable sur les prix relatifs et les incitations à l’effort au travail, à l’effort d’épargne, et à la réalisation des gains de productivité. Cela implique d’opérer la transition du système actuel de “sécurité sociale” vers un système authentique d’”assurances sociales”.
7 - Privatiser les banques et organismes financiers.
8 - Déréglementer les marchés des crédits et des capitaux afin de canaliser les flux financiers en fonction de la rentabilité des investissements et non selon des critères administratifs. Cela faciliterait la création de nouveaux produits financiers (par exemple des fonds privés de pension ou des comptes d’épargne-santé) et stimulerait l’épargne, facteur de croissance économique.
9 - Ne pas s’engager dans des accords intenables de parités fixes et laisser au marché des changes, c’est-à-dire au marché des monnaies, son véritable rôle : repérer les monnaies qui sont authentiquement bonnes et celles qui le sont moins.
10 - La privatisation des institutions bancaires et financières et la déréglementation de leurs opérations exigent une totale non-ingérence des pouvoirs publics dans la gestion monétaire. Dans ce but, le seul véritable remède ne peut-être qu’une privatisation de la banque centrale elle-même et, corrélativement, une dénationalisation de la monnaie.
La privatisation de la banque centrale nous mettrait à l’abri du pire des monopoles : le monopole monétaire public. Ce serait un moyen de changer les idées sur le rôle du gouvernement dans une démocratie. En cette ère de libertés politiques, de globalisation économique et de mondialisation, il n’y a jamais eu de meilleure occasion pour promouvoir la décroissance de l’Etat et les vertus de la libre entreprise.
=> Pour chacune des préconisations de l’auteur, relevez l’expression qui la résume
=> Expliquez la phrase soulignée
=> A quel courant économique et politique faut-il rattacher ce texte ?
