Chapitre 7 : De quoi dépend la consommation des ménages ?

3ème partie : La consommation, une activité économique, sociale et culturelle

 

Chapitre 7 : De quoi dépend la consommation des ménages ?

 

=>        Sensibilisation : p 190-191, questions

 

Dans ce chapitre, nous étudierons les déterminants de la consommation, c’est-à-dire les facteurs qui la façonnent. Nous allons distinguer les facteurs économiques et socioculturels de la consommation des ménages.

Le contexte général de ce chapitre s’inscrit dans une organisation économique et sociale particulière : la société de consommation. En effet, au lendemain de la 2nde guerre mondiale, les économies de marché appuient leur développement sur la diffusion des technologies et des innovations, le développement des médias et des techniques de commercialisation, la baisse des prix et la hausse des revenus.

 

=>        3 p199 Q°2, 3

 

Alors que la production de masse et l’accélération de la mondialisation permettent d’obtenir de plus en plus de produits à moindre prix, les modes de vie évoluent au profit d’une individualisation progressive des choix de consommation. La consommation devient un mode d’expression identitaire et culturelle.

 

=>        1 p198 Q°2, 3, donnez 2 exemples inédit de cette « individualisation » de la consommation.

 

Rappels :

La consommation est l’activité individuelle ou collective de destruction d’un bien ou d’un service dans le but de répondre à un besoin.

La société de consommation désigne l’organisation économique dans laquelle des besoins secondaires sans cesse renouvelés sont satisfaits grâce à une production de masse.

Le mode de vie désigne les manières de vivre et les choix de consommation propres à une société.

 

7-1 : Les facteurs économiques de la consommation

 

7-1-1 :   Le revenu influence-t-il la consommation ?

 

A) Définitions

 

Le niveau de vie mesure la richesse moyenne détenue par un habitant d’un pays donné. Le niveau de vie est donc égal au rapport du PIB par le nombre d’habitants.

 

Cette donnée est purement quantitative (au contraire de celle de mode de vie) : elle permet de comparer la richesse réelle d’une économie en « gommant » l’effet taille mais ne donne pas vraiment d’indication sur la répartition réelle de la richesse produite.

 

Pour mesurer l’impact du revenu sur la consommation, les économistes utilisent 2 indicateurs :

 

- le coefficient budgétaire mesure la part du budget ou du revenu d’un (ou des) ménage(s) consacré à un type de consommation donnée. Par exemple, en 2006, selon l’INSEE, l’alimentation représentait 20% (0,2) des dépenses de consommation des ménages français.

Le statisticien Engel a montré qu’à mesure que le revenu augmente, la part consacrée à l’alimentation et à l’habillement (besoins primaires) par un ménage ou l’ensemble des ménages d’une nation a tendance à diminuer au profit des consommations destinées à satisfaire les besoins secondaires (loi d’Engel) ;

 

=>        1 p192 Q1, 3

 

 - l’élasticité-revenu (Er) mesure l’impact d’une variation du revenu sur la consommation d’un produit donné. Exemple : si mon revenu augmente de 10%, comment va évoluer ma consommation de ballons de rugby ? L’Er est égale au rapport entre le taux de variation de la consommation du produit étudié et le taux de variation du revenu. En général, ce nombre est positif.

 

=>        Justifiez la citation soulignée.

=>        A quoi correspond une Er de 2 pour un produit ?

=>        Existe-t-il des produits ayant une Er de 0 ? Une Er négative ?

 

 

B) Le revenu influence le niveau de la consommation

 

=>        2 p193 Q°1, 2, 3

 

 

7-1-2 : L’influence des prix

 

A) Pouvoir d’achat et consommation

 

La notion de pouvoir d’achat désigne la quantité de biens et de services que l’on peut acheter à partir d’un revenu donné.

 

Cette notion est donc directement liée à l’évolution des prix car, pour un niveau de revenu constant, l’évolution des prix fera augmenter ou diminuer le pouvoir d’achat.

On mesure l’évolution générale des prix à partir d’un indice des prix composite, c’est-à-dire qui intègre un certain nombre de produits jugés incontournable (« panier de la ménagère »). Quand les prix augmentent, on parle d’inflation ; quand les prix diminuent, on parle de déflation ; quand le taux de variation des prix ralentie (les prix augmentent mais de moins en moins fortement au fil du temps), on parle de désinflation.

 

=>        Exercice « pour commencer » p182 Q° 1, 2

=>        1 p182 Q°1, Parmi ces produits, quels sont ceux dont l’évolution des prix est la plus ressentie par les ménages ? Comment évolue selon vous le « panier de la ménagère » sur la période ?

 

                                   B) L’élasticité-prix

 

L’élasticité-prix (Ep) mesure l’impact d’une variation du prix d’un produit sur la consommation de ce produit. Exemple : si le prix des ballons de rugby augmente de 10%, comment va évoluer ma consommation de ballons de rugby ? L’Ep est égale au rapport entre le taux de variation de la consommation du produit étudié et le taux de variation du prix. En général, ce nombre est négatif.

 

=>        Justifiez la citation soulignée.

=>        A quoi correspond une Ep de -4 pour un produit ?

=>        Existe-t-il des produits ayant une Ep de 0 ? Une Ep positive ?

 

           

7-1-3 : Les consommations collectives

 

Les consommations collectives correspondent à l’utilisation de biens ou de services que plusieurs personnes peuvent consommer en même temps.

Par nature, elles s’opposent aux consommations privées qui excluent la consommation du même produit dans le même temps.

Parmi ces consommations, on peut repérer des biens collectifs comme un gymnase ou l’éclairage publique, ou des services collectifs comme la sécurité (police), l’éducation ou la protection sociale.

 

Compte tenu de leur caractère collectif, la difficulté consiste à en assurer le financement dans la mesure où chacun voudrait pouvoir en bénéficier sans avoir à en acquitter le prix. En général, le financement des biens ou services collectifs est assuré collectivement de manière solidaire via les impôts ou les cotisations sociales. En revanche, la consommation est généralement gratuite ou quasi.

 

 

7-2 : Les facteurs socioculturels de la consommation

 

7-2-1 : La consommation est un fait culturel

 

A) Les besoins sont ethnologiquement relatifs

 

La culture désigne l’ensemble des valeurs, normes et pratiques propres à une société donnée. La culture fonde l’identité des membres de la société en développant leur sentiment d’appartenance à cette entité.

L’expérience ethnologique montre que si les sociétés humaines sont confrontées aux mêmes contraintes fondamentales, elles donnent à ces problèmes des solutions extrêmement diversifiées.

 

 

La « voie Zen » des sociétés de chasse

D’après http://www.unilim.fr/sceduc/IMG/doc/Marshall_Sahlins.doc

 

Pierre Clastres, dans la préface au livre de Marshall Sahlins : "âge de pierre, âge d’abondance",  dénonce les visions misérabilistes de l’économie des peuples primitifs. Il explique que Sahlins démontre que ces sociétés sont les premières et peut-être les seules à avoir été ou à être des sociétés d’abondance, c'est-à-dire des sociétés dans lesquelles les besoins définis socialement sont satisfaits. Sahlins s’intéresse aux chasseurs collecteurs mais aussi aux économies fondées sur le mode de production domestique. Il montre que ces économies reposent sur le souci de produire juste ce qui est considéré comme nécessaire. Il n’y a pas de souci d’accumulation mais l’idée qu’un minimum de travail doit suffire à produire ce qui est indispensable (aux yeux des membres de ces sociétés) (…).

Dans le premier chapitre, Sahlins commence par analyser la production des populations de chasseurs-cueilleurs pour noter que cette question a été faussement abordée par beaucoup d’auteurs qui n’ont pas su abandonner leurs critères de jugements européens pour comprendre la nature des besoins de ces populations. Sahlins explique qu’il y a deux voies de progrès, celle qui est fondée sur l’expansion infinie des besoins et où, par définition, il ne peut y avoir abondance, et la voie “Zen” où les individus adaptent leurs besoins à leurs possibilités et vont estimer leur abondance à la quantité d’efforts nécessaires pour se procurer ces besoins. Il n’y a que dans cette voie qu’il peut être possible de parler d’abondance.

En effet, l’appréciation très pessimiste de la qualité de vie des peuples chasseurs-collecteurs vient aussi de ce qu’ils ont souvent été observés dans des conditions qui ne correspondaient plus à leurs conditions d’existence avant l’arrivée des colonisateurs (…). Les premiers observateurs européens des aborigènes australiens s’inscrivent d’ailleurs en faux contre cette vision. Ils expliquent au contraire que ces populations consacrent très peu de temps à trouver leur subsistance et ce type d’observations peut être répété régulièrement pour la plupart des sociétés de chasseurs collecteurs. Ces sociétés consacrent peu de temps au travail de recherche de nourriture, mais sont obligées de se déplacer fréquemment pour ne pas tarir la source de leur approvisionnement.

Cette nécessité de déplacement entraîne donc l’épanouissement d’une civilisation où l’essentiel des biens possédés doit pouvoir être porté facilement. Donc, peu de possession matérielles, des critères d’appréciation des objets qui tiennent à leur facilité de transport, pas d’habitat permanent et donc peu de travail pour le fabriquer, pas de souci très fort de conservation des outils et objets qui doivent pouvoir être fabriqués sur place et remplacés avec un minimum de travail, etc. Avec des journées de travail qu’on peut estimer à trois ou quatre heures, la subsistance est assurée et le problème de ces sociétés semble, plutôt que la recherche incessante et obsessionnelle de nourriture, la capacité à organiser des loisirs agréables (d’où l’importance des conteurs, amuseurs publics, etc.). On dort beaucoup, on se repose fréquemment (par exemple un jour de chasse puis un jour de repos au camp). Les cérémonies, danses, visites, etc. vont constituer un temps aussi long, sinon plus, que le temps consacré au travail (…).

 

=>        Faîtes l’étude du texte

=>        Les sociétés « primitives » sont-elles pauvres ?

=>        Quel lien faîtes vous entre ce document et le titre du 7-2-1 A ?

 

                        B) La diversité des consommations dans notre société (illustrations)

 

=>        Selon la catégorie sociale  1 p196 Q° « Classer ». Que concluez-vous

            de ce document ?

=>        Selon l’âge 2 p197 Q°1, 2  +  3 p197 étude

 

           

            7-2-2 : la consommation est un fait social

 

Affirmer que la consommation est un fait social, c’est estimer sa portée sociologique : la consommation ne résulterait pas uniquement de données strictement individuelles mais serait aussi la conséquence d’influences extérieures à l’individu et provenant des structures de la société.

Quelles sont ces influences possibles à la décision de consommer un produit plutôt qu’un autre ?

 

                        A) Consommer pour envoyer un signe

 

=>        4 p199 Q°1, 2, 3

=>        Trouvez 3 exemples différents où la consommation s’inscrit dans un

            « effet de signe »

 

La consommation ne relève pas uniquement de choix individuels : elle peut répondre à une volonté de répondre (intégration ou exclusion, refus ou acceptation) à la culture commune voire dominante. On peut parler d’effet de signe, c’est-à-dire l’utilisation des choix de consommation pour lancer un signal aux autres membres de la société.

 

                        B) l’influence de la mode

 

=>        2 p198 Q°1, 2, 3

 

L'influence Tecktonik

29-10-2007

Par Coco dans « Analyse des Tendances »

extraits de :

http://www.tendances-de-mode.com/2007/10/29/491-l-influence-tecktonik

 

On avait tout d'abord vu poindre le fluo sur les défilés automne/hiver 2007-2008, s'installant dans les gardes robes proposées par les créateurs, déjouant ainsi les us et coutume du luxe, tout en tentant de percer la grisaille de l'hiver… Autrefois réservé aux post-its, le fluo est désormais plébiscité par les hautes sphères de la mode. Cependant, ce genre de micro révolution esthétique ne peut avoir une influence sur le quotidien visuel de la société que si les sources qui l'érigent au rang de "tendance à suivre" sont multiples et diverses, le fluo étant loin d'être facile à adapter à notre dress code habituel.

Néanmoins depuis quelques semaines, son usage semble se démocratiser, les fashionistas ayant curieusement moins de scrupules à l'adopter. En effet, si le fluo eut la part belle chez Lanvin, Disquared ou autres Margiela, il fait également parti de ce mouvement émergent qu'est la Tecktonik. Cette néo danse, composée de multiples influences, a séduit en un temps record les milieux hype, la rue, les jeunes et les médias.

 

Très vite ses techniques se sont améliorées et les codes d'appartenance au mouvement se sont dessinés : looks rock-électro (aussi étudié chez les filles que les garçons), rayures, guêtres, pantalons taille basse, mitaines, coupes laquées à l'iroquoise et accessoires fluos qui permettent de créer des effets d'optiques lors des performances des danseurs. La tecktonik a tout d'un monde à part, mais les défilés aussi… et lorsque les deux déteignent sur le consommateur, on se dit qu'on est en train d'assister en direct à la naissance d'une tendance lourde.

En effet, de plus en plus de jeunes adoptent le look tecktonik sans pratiquer, tandis que l'imagerie du mouvement se diffuse dans la société, le marketing, etc. Au final, le fluo, plébiscité par deux sphères différentes, s'est petit à petit fondu dans le paysage. Il ne choque plus personne et devient une matière quasi neutre, que chacun peut utiliser selon ses envies et l'univers mode auquel il appartient.

 

=>        A partir de ce document, tracez le chemin de diffusion des vêtements

            fluos

=>        Pourquoi la mode nous influence-t-elle ?

=>        L’influence de la mode relève-t-elle d’un processus individuel ou

            collectif ?

 

 

                        C) Quand l’offre crée la demande

 

Il serait naïf de penser que le consommateur est le seul acteur de la décision de consommer. Même si les choix semblent de plus en plus individuels et « libres », il reste que le consommateur répond à des influences sociales (cf. 7-2-2, B et C) mais aussi à des « prescriptions » économiques. En effet, les producteurs ne se contentent pas d’attendre le verdict du consommateur. Elles tentent d’agir en amont de la décision de consommer pour attirer l’attention du « client » vers leurs produits (on parle de « filière inversée »).

 

Cette sollicitation peut se faire à 2 niveaux qui sont souvent

 complémentaires :

-          au stade de la production, l’innovation permet de se différencier de ses concurrents en proposant de nouveaux produits (répondant ou non à de nouveaux besoins) ou des produits ayant des caractéristiques nouvelles (qualité, prix, design, …) ;

-          après la production, l’entreprise cherche à faire connaître ses produits en créant chez le consommateur une identification qui lui fera préférer ce produit aux autres de la concurrence. C’est le projet de la publicité et du marketing (mercatique) plus généralement.

 

=>        1 p200 expliquez la thèse, Q°2, En reprenant l’emploi du temps d’une de vos journées, faîtes votre bilan personnel d’exposition publicitaire.

=>        Illustrations : 2 p201 Q° 2, 4  +  3 p 201 Q°1

                       

 

 



Article ajouté le 2009-08-09 , consulté 22 fois

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