Chapitre 6 : D’où viennent les revenus des ménages ?
3ème partie : La consommation, une activité économique, sociale et culturelle
Chapitre 6 : D’où viennent les revenus des ménages ?
Sensibilisation : Quelles sont les ressources des ménages ?
=> A partir de vos connaissances, cherchez l’origine de l’ensemble des ressources dont dispose un ménage pour consommer.
=> Document « pour commencer » p 172, Q°1, 2, 3
6-1 : Du partage de la VA aux revenus primaires
=> Rappelez le partage de la VA.
A qui sont destinées ces différentes parts ?
La VA correspond à la richesse créée par une entreprise ou par l’ensemble des unités de production résidentes (PIB). Cette richesse va être distribuée entre les différents contributeurs de cette richesse. Le partage de la VA va donc permettre une première répartition de revenus entre les acteurs de l’économie. On parle de répartition primaire des revenus.
Les revenus primaires désignent donc les revenus perçus par les agents économiques du fait du partage de la VA. Ces revenus rémunèrent l’apport de travail et de capital par les agents économiques.
=> Les revenus primaires proviennent de la production 1 p 172 lire
On distinguera donc les revenus provenant du travail et ceux provenant du capital.
6-1-1 : Les revenus du travail
Les revenus du travail sont les revenus distribués en contrepartie d’une activité professionnelle.
Parmi ces revenus, on peut distinguer les revenus salariaux des revenus non salariaux.
=> Dans la nomenclature des PCS, quels sont catégories salariées ?
A) Les revenus salariaux
Le salaire est un revenu perçu en contrepartie d’une activité professionnelle fournie à une personne tiers.
De nos jours, les salaires sont en général caractérisés par plusieurs aspects :
- ils sont mensualisés ;
- ils sont relativement stables sur une période courte ou moyenne.
En France, 91% des actifs sont salariés (Insee).
=> Donnez des exemples d’activité salariée qui ne répondent pas à ces
caractéristiques
B) Les revenus non salariaux
Les revenus non salariaux désignent les revenus du travail qui ne donnent pas lieu à versement d’un salaire.
Parmi ces revenus, on peut citer les revenus de l’activité agricole ou artisanale, les revenus de l’entreprise commerciale et les revenus des professions libérales.
Ces revenus ont des caractéristiques différentes des salaires car ils sont par nature fluctuants en fonction de l’activité du travailleur.
6-1-2 : Les revenus du capital
Les revenus du capital peuvent être considérés comme des revenus de la propriété car ils rémunèrent l’apport d’une accumulation de capital apportée à une activité économique. On parle de patrimoine pour désigner l’ensemble des biens matériels et financiers qui peuvent être source de revenus.
On distinguera les revenus des actifs immobiliers (loyers, rente) des revenus des placements mobiliers (dividendes, intérêts perçus).
Comme ils résultent de la constitution préalable d’un stock de capital, ces revenus peuvent être très disparates selon la valeur et la nature du patrimoine constitué.
6-1-3 : Les inégalités de revenus
A) Définitions : différences et inégalités
Il faut distinguer ces 2 notions car toutes les différences ne sont pas des
inégalités.
Une différence relève du constat (ex : un salaire est > à un autre).
L’inégalité, en revanche, comporte un jugement de valeur. On considère que l’inégalité constatée est injuste (ex : un femme est moins payée qu’un homme pour le même travail).
Les sociétés démocratiques modernes dans lesquelles se déploie un idéal égalitaire admettent des différences car elles sont par essence méritocratiques. En revanche, il faut que ces différences soient socialement acceptées et ne débouchent pas sur des situations bloquées qui empêcheraient d’autres personnes d’y accéder.
=> Donnez un exemple d’inégalité, un exemple de différence non
inégalitaire
B) Les inégalités de salaire
=> Des salaires inégaux selon le sexe et la PCS 1 p174 étude
=> Des salaires inégaux selon le statut de l’emploi 2 p174 Q°1, 2
C) Les inégalités de patrimoine
=> Des inégalités de patrimoine qui renforcent les inégalités de
revenus 3 p175 Q°2, 3
=> Plus on est riche, plus on s’enrichit 4 p175 Q°2, 3
Compte tenu de ces inégalités qui peuvent remettre en cause le lien social, les économies de marchés occidentales ont développé après la 2nde guerre mondiale des systèmes redistributifs susceptibles d’atténuer ces écarts. Ces mécanismes vont permettre une « seconde » répartition de revenus.
=> Explicitez la citation soulignée
6-2 : Les revenus secondaires
6-2-1 : Les grands principes de la redistribution
Redistribuer, c’est prélever des sommes sur les revenus primaires perçus par les agents économiques pour les reverser ensuite en fonction d’objectifs acceptés par la société.
Les revenus secondaires (ou de transfert) désignent donc l’ensemble des revenus perçus par les agents économiques et résultant de la redistribution.
Dans la société française, la redistribution tente de répondre à 2 objectifs :
- la redistribution horizontale tente de financer la protection sociale ;
- la redistribution verticale tente de permettre la justice sociale.
A) La redistribution horizontale
La protection sociale consiste à couvrir solidairement les membres de la société contre un certain nombre de risques sociaux.
Les risques sociaux sont des événements pouvant survenir à tout individu et provoquant pour lui soit des dépenses importantes, comme la maladie ou la maternité, soit une diminution sensible de ses revenus habituels, comme le chômage ou la vieillesse, et nécessitant donc une prise en charge collective.
La redistribution horizontale consiste à prélever des cotisations sur les revenus de ceux qui ne subissent pas le risque au profit de ceux qui le subissent par le versement des prestations ou d’indemnités.
Elle est construite sur le principe de l’assurance : le fait de cotiser donne
droit indemnité.
L’ensemble de la protection sociale est gérée par des caisses
indépendantes de l’état.
La Sécurité sociale est organisée en caisses : CAF, CPAM, ASSEDIC, caisses de retraites et caisses de retraites complémentaires.
B) La redistribution verticale
La redistribution verticale consiste à prélever des sommes sur les revenus primaires des agents économiques pour verser des revenus sociaux et organiser les services collectifs au nom de la justice sociale
La verticalité de cette redistribution est assurée par l’impôt sur les revenus dont le taux est en général progressif.
Les aides sociales répondent à une logique d’assistance : les minima sociaux sont accordés sans que leurs bénéficiaires participent à leur financement. Ainsi, les services publics comportent un objectif de cohésion sociale : donner à tous les citoyens les mêmes conditions de satisfaction de certains besoins (ex : électricité).
C) Débats autour de la redistribution
=> Les effets de la redistribution 3 p177 Q°4
La redistribution va apparaître comme centrale dans les économies de marché après la 2nde guerre mondiale. Ces mécanismes vont aboutir à une conception de l’état dans laquelle l’état doit prendre en charge la solidarité : l’état providence (conception de l'état selon laquelle des institutions économiques et sociales doivent compléter les droits politiques du citoyen au profit de nouveaux droits économiques et sociaux (assistance, assurance et protection sociale).
Cette conception interventionniste du rôle de l’état va être contestée après la crise de 1974 par les penseurs libéraux. Les libéraux considèrent que la régulation marchande est juste car elle valorise ceux qui ont le plus contribué à la richesse de l’économie. L’enrichissement récompense les plus méritants. La redistribution constitue donc une injustice et s’avère inefficace. Ils préconisent donc une réforme de la protection sociale, refondée sur le financement individuel et non plus collectif.
Conclusion : De la VA au revenu disponible
Le revenu disponible désigne le revenu dont dispose les ménages pour consommer et épargner.
