1-3: Actualité et prolongements

1-3: Actualité et prolongements

 

1-3-1 : L’égalité en question

 

Les démocraties modernes cherchent à réduire les inégalités* car elles peuvent être sources de conflits et nuire au plein exercice de la citoyenneté des plus fragiles.  La revendication à plus d’égalité est une constante des démocraties modernes, mais s’agit-il de l’égalité de droits, de l’égalité sociale et/ou de l’égalité économique ?

Si l’égalité est un principe reconnu par tous, la question de la réduction des inégalités économiques et sociales reste ouverte.

 

A)Trop d’égalité peut entraver la démocratie

            La critique libérale de la redistribution

 

Bien que ces deux courants acceptent l’économie de marché, libéraux et sociaux-démocrates n’ont pas la même conception de la justice sociale :

 

- les sociaux- démocrates considèrent que la régulation marchande aboutit à des inégalités, c’est-à-dire à des injustices car elle avantage ceux qui sont économiquement les plus puissants. Il faut donc intervenir en prélevant une partie des ressources économiques des plus riches en faveur des moins favorisés. Cette redistribution doit permettre de récréer du lien social en luttant contre la pauvreté et l’exclusion.

 

- les libéraux considèrent, au contraire, que la régulation marchande est juste car elle valorise ceux qui ont le plus contribué à la richesse de l’économie. L’enrichissement récompense les plus méritants. La redistribution constitue donc une injustice (elle pénalise les plus productifs) et s’avère inefficace (elle décourage les plus productifs et désincitent les « assistés »). De plus, en imposant un même traitement à tous, quelque soit ses particularismes singuliers, la redistribution au nom de l’égalité uniformise la société en s’imposant aux libertés individuelles : elle est donc liberticide.

 

B) La notion d’Equité*

 

Historiquement, dans la République française, la loi impose et protège l’égalité, conçue comme un principe universel : les mêmes droits sont reconnus à tous quelque soient leurs particularismes ethniques, sexuels, religieux, sociaux, …

Le principe universel d’égalité est un résultat de l’histoire : la nation française, « une et indivisible », a trouvé son unité à partir du 16ème  siècle quand la monarchie s’est construite contre la féodalité. A partir de cette évolution, accélérée par la révolution française, la France connaît une organisation centralisée qui unifie les lois, la langue, l’administration, les mœurs,…  (Tocqueville)

 

Ce principe est aujourd’hui remis en cause car il semble incapable de réaliser une véritable égalité dans les faits, du fait de la persistance de certaines discriminations. Les penseurs contemporains réfléchissent sur l’impact de ces inégalités, à l’instar de John RAWLS.

Les réflexions de J. Rawls ont contribué à l’émergence de la notion d’équité*=«situation volontairement inégalitaire qui doit avoir pour résultat l’égalité. Cette conception s’appuie sur l’idée que certaines inégalités peuvent être favorables à l’égalité, à long terme. Cette conception remet en cause la notion traditionnelle d’égalité, jugée peu efficace, et doit permettre la mise en place de discriminations positives* ».

 

1-3-2 : La société française s’est-elle moyennisée ?

 

Le sociologue Henri Mendras montre  qu'au cours des 30 glorieuses, la société française a connu un fort développement des classes moyennes et populaires : développement des employés, tertiarisation, développement de la sécurité sociale, développement des PI et des métiers de l'encadrement. Ces évolutions permettent une mobilité sociale ascendante, favorisée par le développement de la scolarisation. L'accession à la propriété se développe, favorisée par l'augmentation des niveaux de vie et le développement du crédit (économie d'endettement).

 

 

                        1-3-3 : La montée de l’individualisme ?

 

Pour Tocqueville, l'égalisation des conditions peut conduire à un repli des individus sur leur sphère privée. Cette évolution peut rompre le lien social et l'intérêt pour les affaires publiques, au profit d'un état qui étendrait ses prérogatives. Tocqueville estime que cette évolution peut conduire à un despotisme démocratique dans lequel les libertés individuelles sont érodées.

 

Certains sociologues s'interrogent sur le sens et la portée de l'individualisme dans notre société. Il semble qu'on assiste, en effet, à une individualisation des mœurs et pratiques : individualisation des parcours professionnels, recul du sentiment d'appartenir à une classe sociale donnée, développement des loisirs privés au détriment des pratiques sociales, renforcement des relations familiales, développement de la société marchande, désocialisation politique.

 

 

                        1-3-4 : Toujours plus d’égalité ?

           

                        A) La discrimination positive en question

 

=>                    27 à 29 p295 à 296

 

B) De nouveaux mouvements sociaux ?

 

=>                    9 p386 Q° 1, 2, 3  +  13 p388 Q° 2



Article ajouté le 2009-08-07 , consulté 24 fois

Liens

Voir les articles de la catégorie " 1ère partie : Le lien politique "

Imprimer cet article

Retour aux articles