Ch0 - Notions et problématiques (sensibilisation)
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Doc1
FMI : croissance mondiale de 2,5 % en 2010
Jean-Pierre Robin
Le figaro.fr
30/07/2009
Extraits de : http://www.lefigaro.fr/economie/2009/07/09/04001-20090709ARTFIG00264-fmi-croissance-mondiale-de-25-en-2010-.php
Bonne nouvelle. Le Fonds monétaire international a pour la première fois depuis l'automne 2007 revu mercredi à la hausse sa prévision de croissance pour l'année à venir. Le PIB de l'économie mondiale devrait progresser de 2,5 % en 2010, ont annoncé mercredi ses économistes, au lieu du 1,9 % qui était attendu en avril dernier, lors du précédent diagnostic. Mauvaise nouvelle, le FMI a légèrement dégradé son estimation pour 2009, l'activité économique reculant de 1,4 % au lieu de 1,3 %.
«Les facteurs de récession s'atténuent, mais la reprise s'annonce timide», résument les experts. Tout en saluant «un soutien macroéconomique et financier sans précédent des pouvoirs publics», ils estiment que «les forces propices à l'activité restent faibles». Ils notent que «de nombreux marchés immobiliers n'ont pas encore touché le fond». Les pays émergents ou en développement seront les plus allants, avec une croissance de 1,5 % cette année et de 4,7 % l'an prochain.
Ces performances reflètent essentiellement celles de la Chine (+ 7,5 % en 2009 et + 8,5 % en 2010) et de l'Inde (+ 5,4 % et + 6,5 %). À l'inverse l'Amérique latine sera en récession cette année et plus encore l'Europe de l'Est et la Russie. De son côté le «groupe des pays avancés ne devrait pas connaître de reprise soutenue de l'activité avant le second semestre de 2010». Les États-Unis s'en sortiront un peu moins mal cette année (- 2,6 %) que la zone euro (- 4,8 %), et ils devraient renouer avec une croissance positive de 0,8 % en 2010 alors que l'Union monétaire européenne subirait encore un repli de 0,3 % (en moyenne annuelle). Le FMI justifie sa prévision pessimiste par le fait que «l'ajustement du marché du travail n'a pas encore eu lieu». De même le sort de la France (- 3 % en 2009 et + 0,4 % en 2010) serait moins négatif que l'Allemagne (- 6,2 % et - 0,6 %).
Si le pire semble derrière nous et «les risques extrêmes ont diminué sensiblement», le FMI n'exclut pas que «les perspectives risquent encore d'être révisées à la baisse». Parmi ses recommandations de politique économique, «il convient d'utiliser la marge de manœuvre qui subsiste pour abaisser les taux directeurs», est-il dit. Personne n'est nommé, mais la BCE paraît toute désignée. Il est conseillé aux gouvernements de poursuivre leurs stratégies anticrise. Qu'il s'agisse de la consolidation du secteur bancaire, aux États-Unis et en Europe, que «de la politique budgétaire (qui doit) jouer un rôle d'accompagnement jusqu'à la fin de 2010». Par ailleurs le FMI met en garde «les marchés qui pourraient connaître un sérieux revers s'ils devançaient par trop le rythme de la reprise économique».
Doc2
Les limites de la croissance
Louis POSSOZ et Francesco CONTINO*
La libe belgique
Mis en ligne le 20/12/2007
Extraits de
http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/391084/les-limites-de-la-croissance.html
L'approche économique classique considère l'avenir comme une simple prolongation du passé. Il faut dorénavant prendre en compte le caractère fini de la planète Terre.
*Respectivement ingénieur conseil, membre du groupe ORMEE (1) et chercheur en sciences appliquées, aspirant FNRS
Chaque jour, de nouveaux signaux d'alerte sont émis par des scientifiques qui étudient l'un ou l'autre aspect de la réalité matérielle. L'unanimité est quasi-totale, si ce n'est chez quelques négationnistes, chéris des médias (Lomborg, Allègre,...). Et pourtant, nous ne faisons rien, ou presque. Citoyens, états, pouvoirs économiques s'autopersuadent qu'on peut continuer (presque) comme avant. D'où vient cet étonnant aveuglement ?
(...)
Les chercheurs du MIT (prestigieuse université nord-américaine) ont remis les choses à plat. A partir de cinq variables (population, nourriture, capital, ressources naturelles et pollution), ils ont établi un modèle mathématique qui prend en compte les différentes interactions entre ces variables (...). En utilisant les moyens informatiques de l'époque, les chercheurs ont fait "tourner" leur modèle sur la période 1900-2100, en le nourrissant de données initiales raisonnables (...). Leurs conclusions sont univoques : dans la plupart des simulations effectuées, une croissance de plus en plus rapide de la population, du capital et de la pollution est suivie par un effondrement plus ou moins brutal du capital et de la population.
Ces résultats ont fait sensation à l'époque, lors de la publication de la synthèse, sous le titre "les Limites de la Croissance". Ont-ils influencé peu ou prou les réactions qui ont suivi le premier choc pétrolier ? Je ne sais. Depuis lors, ce travail est largement retombé dans l'oubli et la voie de recherche qu'il ouvrait n'a curieusement pas été exploitée par les grands centres de recherche en économie.
(...)
Et pourtant, où en sommes-nous aujourd'hui ? La population, le capital et la pollution (représentée par les gaz à effet de serre) croissent de manière exponentielle. L'épuisement de certaines ressources essentielles s'annonce avec de plus en plus d'évidence (pétrole, eau). Les changements (bouleversements ?) climatiques sont en cours. Ne serait-on pas tout simplement en train d'observer ce que les règles simples contenues dans le modèle du MIT doivent inévitablement entraîner, que ce soit aujourd'hui ou dans l'une ou l'autre décennie ?
Le moment n'est-il pas venu pour que la société et les économistes se repenchent attentivement sur ce travail ? Pourquoi, comme les climatologues l'ont fait dans leur domaine, les chercheurs en économie ne reprendraient-ils pas le modèle du MIT en l'adaptant pour tenir compte des connaissances acquises depuis lors et en profitant de l'énorme puissance de calcul fournie par les ordinateurs d'aujourd'hui ? Pourquoi, sur ce modèle, ne pas construire un jeu qui permettrait à chacun de tester ses conceptions sur la croissance future de la population et de la consommation de biens matériels et de constater les conséquences engendrées par ces choix ? Ce jeu permettrait peut-être à tous les citoyens de s'emparer d'un thème de réflexion qui autrement reste étonnamment peu abordé dans les médias.
(...)
1. Observatoire sur le relais médiatique des enjeux énergétiques
Doc3
Quels liens entre croissance et inégalités ?
Même si la relation de causalité allant des inégalités vers la croissance est l'objet de débats, la situation qui prévaut dans plusieurs pays en développement met en évidence l'impact négatif de certaines formes d'inégalités sur la croissance. Par exemple, les expériences comparées de la Corée du Sud et de Taiwan, d'une part, du Brésil ou du Mexique, d'autre part, suggèrent que la répartition plus égalitaire des terres dans les deux premiers pays est favorable à l'amélioration de la productivité agricole et au développement des marchés intérieurs. De la même façon, un meilleur accès à l'éducation augmente le niveau général de capital humain, facteur de croissance. Là aussi, les pays d'Asie se distinguent des pays d'Amérique latine et d'Afrique par une scolarisation plus égalitaire et plus élevée.
Source : J.-P. Cling et D. Cogneau, « Quels liens entre croissance et inégalités ? », Alternatives économiques, H-S, n° 53, 3ème trimestre 2002
Doc4
Le développement durable • De Rio à Kyoto
Kyoto, Rio... Petite histoire du développement durable
Faris Sanhaji
Le développement durable ne fait parler de lui que depuis une vingtaine d'années, et pourtant il remonte à beaucoup plus loin. Depuis le choc pétrolier de 1973 et les premières catastrophes écologiques, les scientifiques prennent conscience du danger que l'humanité représente pour la planète et pour sa propre survie. Retour en arrière.
Quarante ans : l'histoire est encore courte. Mais quarante ans, ça suffit pour réunir des centaines de chefs d'Etat. Depuis 1972, les idées cheminent, les premiers rapports sont publiés et les conférences internationales sur l'environnement se multiplient. En quarante ans, la communauté internationale a beaucoup promis, mais n'a que partiellement mis en pratique.
Petite revue chronologique, entre sommets de la Terre, ONG et scientifiques.
1972
« Halte à la croissance ? » : la question tombe comme un couperet. Le Club de Rome, une poignée de chercheurs du monde entier qui s'interrogent. Cette fondation créée en 1968 rend un rapport alarmant, réalisé avec des centaines de simulations informatiques sur l'évolution de la population mondiale. Il en ressort un nombre d'êtres humains diminué, les sols cultivables considérablement appauvris, des ressources énergétiques rares.
1972 est une année phare pour le développement durable. Les Nations Unies réunissent une conférence sur l'environnement à Stockholm. On parle alors d'éco-développement, d'interactions entre écologie et économie, des relations Nord-Sud. En une année, le débat est lancé, les questions sur le modèle de croissance occidental se soulèvent.
1980
L'Union internationale pour la conservation de la nature publie le rapport sur « La stratégie mondiale pour la conservation » où apparaît pour la première fois la notion de développement durable, traduite de l'anglais « sustainable development ».
1987
Le rapport Brundtland donne cette définition du développement durable : « Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. »
1992
Premier Sommet de la Terre. 182 pays représentés à Rio, qui reconnaissent officiellement la nécessité de changements profonds. La Déclaration de Rio se base sur le progrès économique, la justice sociale, et la préservation de l'environnement. L'essence même du développement durable.
Le concept est décliné dans un « Agenda 21 » très prometteur. Des milliers d'objectifs à atteindre, en termes d'inégalités, d'économie, d'écologie, d'énergies renouvelables. A chaque pays, région, entreprise, association de l'utiliser à sa guise.
Ce Sommet provoque dans toutes les grandes institutions mondiales des changements de théorie. La Banque mondiale affirme dans un rapport : « Il n'y a pas de différence entre les objectifs de la politique de développement et une protection appropriée de l'environnement. L'une et l'autre doivent avoir en vue une amélioration du bien-être. » L'OMC suit. En France, la Commission française du développement durable est fondée en 1993.
1998
Depuis le Sommet de la Terre, 189 pays ont adopté la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique. Six ans après, le Protocole de Kyoto est signé. Le premier traité international imposant des résultats concrets dans la lutte contre la pollution est modeste : 38 pays industrialisés, doivent réduire leurs émissions de dioxyde de carbone de 5,2% d'ici 2012 par rapport à celles de 1990.
2002
Cent chefs d'Etat, des dizaines de milliers de représentants gouvernementaux et d'ONG se réunissent au Sommet de la Terre de Johannesburg. Le traité adopté s'engage sur la conservation des ressources naturelles et de la biodiversité.
2005
Le protocole de Kyoto entre en vigueur.
Doc5
Taux de croissance du PIB par habitant et indicateur de développement humain (IDH)
|
|
Taux de croissance annuel moyen du PIB par habitant (1975-2005) |
IDH en 1975 |
IDH en 2005 |
|
Norvège |
2.6 |
0.870 |
0.968 |
|
Etats-Unis |
2.0 |
0.870 |
0.951 |
|
Singapour |
4.7 |
0.729 |
0.922 |
|
Corée du Sud |
6.0 |
0.713 |
0.921 |
|
Koweït |
-0.5 (1) |
0.771 |
0.891 |
|
Mexique |
1.0 |
0.694 |
0.829 |
|
Brésil |
0.7 |
0.649 |
0.800 |
|
Chine |
8.4 |
0.530 |
0.777 |
|
Afrique du Sud |
-0.3 |
0.650 |
0.674 |
|
Côte d'Ivoire |
-2.1 |
0.419 |
0.432 |
|
Niger |
-1.7 |
0.246 |
0.374 |
(1) Pour une période plus courte que celle indiquée.
Source : PNUD, Rapport sur le développement humain, 2007-2008.
