ECJS Terminale : INEGALITES et DISCRIMINATIONS

ECJS Terminale

Thème central de septembre à Janvier 2009-2010

INEGALITES et DISCRIMINATIONS

 

 

 

1- Rappel des consignes officielles  et  problématique

 

L'ECJS exige de partir de questions précises répondant aux préoccupations des élèves pour mobiliser les notions du programme et saisir les relations qu'elles entretiennent.

Huit notions constituent le programme :

- liberté

- égalité

- souveraineté

- justice

- intérêt général

- sécurité

- responsabilité

- éthique.

 

À cet effet, afin d'éviter le risque de la dispersion, quatre thèmes, dans lesquels s'inscriront les questions choisies, sont proposés en classe terminale :

- la citoyenneté et les évolutions des sciences et des techniques

- la citoyenneté et les exigences renouvelées de justice et d'égalité

- la citoyenneté et la construction de l'Union européenne

- la citoyenneté et les formes de la mondialisation.

 

Durant l'année, une ou plusieurs questions, entrant dans l'un ou plusieurs de ces quatre thèmes, seront traitées.

 

(…)

 

V.2 La citoyenneté et les exigences renouvelées de justice et d'égalité

 

La justice est à la fois un principe qui sert de fondement aux sociétés démocratiques et un ensemble d'institutions qui doivent appliquer ce principe.

L'un et l'autre reposent sur l'exigence d'égalité.

 

L'égalité est l'un des principes qui fondent les relations politiques en démocratie. Elle fut inscrite dans l'article premier de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, reprise par la Constitution de la Cinquième République. Au regard du droit, tous les citoyens sont égaux : ils ont les mêmes droits civils et politiques, les mêmes libertés fondamentales. Tous les hommes, même non citoyens, ont les mêmes droits civils, économiques et sociaux.

 

 Les inégalités sociales, économiques, culturelles ou mêmes physiques ne peuvent justifier aucune différence de droits. Si l'égalité civile et politique des citoyens est ainsi la première condition d'une société démocratique, les sociétés démocratiques contemporaines renouvellent ces exigences en amenant à interroger la représentation de l'intérêt général, les exigences de liberté et de responsabilité, par exemple dans les domaines de la protection sociale, des droits des communautés culturelles, des revendications de l'individu.

 

- Comment une société démocratique gère-t-elle aujourd'hui les inégalités de patrimoine, de salaires, d'accès à l'emploi, à la santé, à la culture, à l'éducation ?

 

- Le principe de justice sociale peut-il justifier des différences de traitement entre les citoyens selon les situations particulières ?

 

 

- Des groupes particuliers, territoriaux, sexuels, culturels, peuvent-ils obtenir la reconnaissance de droits propres ?

 

Source : BO HS n°3 du 30/08/2001

 

 

=> Commentaire :

 

Il s’agira donc de questionner l’existence de fait de certaines situations qualifiées d’ « inégalitaires » relativement au droit  et idéaux des sociétés démocratiques.

 

Le travail pourra prendre plusieurs axes :

 

-          Constater les inégalités dans leur variété et leur complexité et montrer en quoi elles interrogent le fonctionnement de nos démocraties animées d’un « idéal égalitaire » ;

 

-          Etudier les réponses diverses (institutionnelles, locales, associatives, etc. …) apportées à l’existence des inégalités

 

-          Problématiser la question des discriminations positives comme réponses possibles aux limites du « principe d’égalité » au profit du principe renouvelé d’ « équité ».

 

-          Mesurer les enjeux des interrogations lancées à la société républicaine française autour des revendications communautaristes sous leurs différentes formes (religieuses, locales, culturelles, sexuelles, …)

 

 

 

2- sensibilisation au vocabulaire et aux notions

 

 

cf. Ch5 Tronc commun : INEGALITES  ET  STRUCTURES SOCIALES

 

5-1 : EGALITES  ET  INEGALITES  DANS  LES  SOCIETES  DEMOCRATIQUES

 

(Extraits)

 

Introduction : Qu'est-ce que la démocratie selon Alexis de Tocqueville ?

Pour Tocqueville, la démocratie moderne ne se limite pas à l'égalité politique, mais se traduit aussi par l'«égalité des conditions* » : le fait que chaque individu, quelque soit sa naissance, ait la possibilité de trouver une place et un niveau de vie conformes à ses mérites.

Cet objectif est un principe et un fait : il nécessite toute une organisation de la société qui permet la réduction des inégalités et la possibilité d'une mobilité sociale (égalité des chances).

 

 Démocratie moderne* =  égalité politique + égalité des chances+ égalité des conditions

 

L'égalité politique*

C'est le principe fondateur de la démocratie : les citoyens sont égaux en droit, et, par conséquent, égaux juridiquement (état de droit*). Le suffrage universel est l'aboutissement de ce principe.

 

 L'égalité des chances*

 «Principe selon lequel chacun doit avoir la possibilité de s'élever dans la hiérarchie sociale, quelque soient ses origines sociales, ethniques, sexuelles, … »

L'égalité des chances découle de la méritocratie* : principe selon lequel les plus hautes fonctions sociales doivent être occupées par les plus méritants.

L'égalité des chances doit donc permettre une mobilité sociale* : les plus méritants issus des classes populaires doivent pouvoir accéder aux plus hautes positions sociales.

En France, c'est l'école qui doit permettre l'émergence d'une véritable méritocratie, en jouant notamment un rôle d' « ascenseur social ».

 

"L'égalité des conditions"  Tocqueville      

Les démocraties modernes cherchent à réduire les inégalités car elles peuvent être sources de conflits et nuire au plein exercice de la citoyenneté des plus fragiles.

Selon Tocqueville, dans les démocraties modernes, les positions sociales sont ouvertes : chacun peut aspirer à trouver une place qui lui permet d'accéder à un certain niveau de bien-être. S'il existe toujours des pauvres, ces sociétés tendent à améliorer la situation du plus grand nombre. De ce fait, les inégalités ne sont acceptables que si elles sont transitoires.

 

La revendication à plus d'égalité est une constante des démocraties modernes, mais s'agit-il de l'égalité de droits, l'égalité sociale et/ou l'égalité économique ?

Si l'égalité est un principe reconnu de tous, la question de la réduction des inégalités économiques et sociales reste ouverte.

 

 La notion d'équité*

 

Historiquement, dans la République française, la loi impose et protège l'égalité, conçue comme un principe universel : les mêmes droits sont reconnus à tous quelque soient leurs particularismes ethniques, sexuels, religieux, sociaux, …

Le principe universel d'égalité est un résultat de l'histoire : la nation française, « une et indivisible », a trouvé son unité à partir du 16ème  siècle quand la monarchie s'est construite contre la féodalité. A partir de cette évolution, accélérée par la révolution française, la France connaît une organisation centralisée qui unifie les lois, la langue, l'administration, les mœurs,…  (Tocqueville). Ce principe est aujourd'hui remis en cause car il semble incapable de réaliser une véritable égalité dans les faits, du fait de la persistance de certaines discriminations.

Les penseurs contemporains réfléchissent sur l'impact de ces inégalités, à l'instar de John RAWLS.

Les réflexions de J. Rawls ont contribué à l'émergence de la notion d'équité*= «situation volontairement inégalitaire qui doit avoir pour résultat l'égalité. Cette conception s'appuie sur l'idée que certaines inégalités peuvent être favorables à l'égalité, à long terme. Cette conception (libérale) remet en cause la notion traditionnelle d'égalité, jugée peu efficace, et doit permettre la mise en place de discriminations positives* ».

 

5-2 : LES  INEGALITES  EN  FRANCE

 

(Extraits)

 

 Différences* et inégalités

Il faut distinguer ces 2 notions car toutes les différences ne sont pas des inégalités.

Une différence relève du constat (ex : un salaire est > à un autre). L'inégalité, en revanche, comporte un jugement de valeur. On considère que l'inégalité constatée est injuste (ex : un femme est moins payée qu'un homme pour le même travail).Les sociétés démocratiques modernes dans lesquelles se déploie un idéal égalitaire admettent des différences car elles sont par essence méritocratiques. En revanche, il faut que ces différences soient socialement acceptées et ne débouchent pas sur des situations bloquées qui empêcheraient d'autres personnes d'y accéder.

 

 Des inégalités économiques

 

=>                    Selon la PCS    3 p158 Q°

=>                    Selon l'âge    14 p125             

=>                    Selon le sexe                

=>                    Selon le patrimoine*   6 p159 Q°7, 8, 9  + 4 p147 Q°9, 10

 

Des inégalités socioculturelles

Les inégalités économiques sont essentiellement des inégalités de revenu. Il existe d'autres inégalités plus en moins en relation avec les inégalités économiques. Pour évaluer ces inégalités, plus qualitatives, on fera généralement intervenir l'origine sociale.

 

=>                  Devant la santé             8p148 Q° 18, 19

=>                  Devant la consommation  5 p147 Q° 12

=>                  Devant l'école (cf. 5-3)   6 p148 Q°13, 14

=>                  Devant l'emploi  7 p148 Q°15, 16, 17

=>                  Dans la participation et l'expression politique 

 

Les inégalités, un processus cumulatif

 

Il faut distinguer inégalités économiques et inégalités sociales car les unes n'entraînent pas forcément les autres. Mais on constate que souvent  ces 2 types d'inégalités sont  interdépendants :

- une inégalité économique peut aboutir à une inégalité sociale (ex : un travailleur pauvre ne trouve pas un domicile fixe) ;

- une inégalité sociale peut aboutir à une inégalité économique (ex : un jeune issue des « banlieues » ne trouvent pas un emploi).

L'une des difficultés des sociétés démocratiques est de casser ces processus cumulatifs, soit par la réduction des inégalités, soit par la réinsertion  (quelles politiques faut-il mener ?).

 

 

3- Travail à faire et objectifs

 

Construire un dossier type TPE et être en mesure de le présenter oralement

 

Ce travail doit donc suivre l’ordre suivant :

 

1)       Construire une problématique (un sujet traitant un problème) dans le domaine de connaissance imposé.

2)       Répondre à cette problématique en cherchant, en classant et en interprétant les données documentaires constituées.

3)       Présenter oralement une synthèse de ce travail en 5 minutes en organisant l’exposé, notamment à l’aide des NTIC.

 

 

Ce travail constitue :

 

-          un projet de connaissances interdisciplinaires visant à mieux percevoir et interroger le monde contemporain ;

 

-          un projet sensibilisation à certaines questions s’inscrivant dans une logique de citoyenneté active ;

 

-          une volonté de préciser et de développer des savoir-faire reposant sur l’autonomie, le travail en groupe, la recherche documentaire et l’utilisation des NTIC.

 



Article ajouté le 2009-08-06 , consulté 28 fois

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