La mise en place de l'économie de marché (5-1 et 5-2)

3ème  partie : le lien économique

 

CHAPITRE 5 : REGULER L' ECONOMIE :  MARCHE ET ETAT

 

Réguler l'économie, c'est organiser les activités économiques pour en assurer le développement dans le respect de certains objectifs économiques (croissance), sociaux (égalité) et politiques (liberté).

 

Dans les sociétés occidentales modernes, le marché joue un rôle central: on parle d'économie de marché.

Nous montrerons que ce système ne va pas de soi et résulte d'une volonté politique.

Nous préciserons l'intérêt du marché et de l'échange marchand.

Enfin, nous verrons quel rôle joue l'état dans une économie de marché et quel débat structure aujourd'hui la question de la régulation économique.

 

 

5-1;  LA  MISE EN PLACE DE L'ECONOMIE DE MARCHE*

           

Un marché désigne un lieu fictif ou réel où les offres et les demandes d'un produit se confrontent librement. De cette confrontation résulte le prix du produit.

Les sociétés occidentales modernes se caractérisent par une régulation économique faisant une large place aux marchés. On parle d'économie de marché pour désigner un système économique dans lequel les principales activités économiques donnent lieu  à des échanges sur des lieux symboliques ou réels mettant en relation les offres et les demandes (O et D).

Les marchés aboutissent à la fixation de prix qui constituent une information centrale pour les différents agents économiques.

Cette organisation est moderne dans le sens où d'autres organisations économiques ont existé dans l'histoire et dans l'espace. De plus, elle est moderne car elle résulte d'une volonté politique apparue à la fin du 18ème siècle en Europe puis aux EU, parallèlement à l'émergence de la démocratie.

 

5-1-1; LE ROLE DE L'ECHANGE DANS LES SOCIETES DE CHASSE

 

=>        La kula 19 p202 Expliquez la thèse, Q°4

 

L'expérience ethnologique montre que les sociétés humaines connaissent l'échange mais que sa finalité excède en général le strict cadre économique. De plus, le marché tel que nous le dépeint la théorie libérale (liberté des acteurs, recherche d'utilité ou de profit, fixation d'un prix, positions définies individuellement) n'existe pas forcément et semble même être l'apanage des économies de marché, occidentales, modernes. 

L'échange marchand n'est pas une donnée naturelle. C'est un construit historiquement daté et géographiquement repérable.

 

5-1-2; LA  NAISSANCE DE L'ECONOMIE DE MARCHE (

18ème et 19ème siècle) 

 

A) "La Grande Transformation" (K. Polanyi*)

 

=>        3 p 195 titre : « L'économie de marché est une construction » Expliquez

            la thèse

4 p 195 titre : « D'où vient le marché ? » Faîtes l'étude du texte

 

B) L'émergence d'une idéologie: Le LIBERALISME ECONOMIQUE*

 

=>        1 p280 titre : « Les fondements du libéralisme économique » Expliquez la

            thèse, Q°4

 

Le libéralisme économique est une doctrine qui s'appuie sur les doctrines des économistes classiques (A. Smith, D. Ricardo, JB Say, …). Ces derniers ont théorisé la nécessité de libérer les activités économiques de la tutelle étatique induite par la monarchie absolue, de façon à permettre la libre entreprise et la concurrence entre les agents économiques. Cette libéralisation devait permettre d'augmenter la "richesse des nations". Cette libéralisation devait s'appliquer également aux échanges extérieurs (Libre-échange).

 

Cette idéologie a influencé les révolutionnaires français car elle allait de paire avec la volonté  de construire une société égalitaire au détriment des privilèges et des droits de la naissance. Avec la société démocratique, les échanges deviennent économiques, cad qu'ils ne dépendent que de la position économique des agents, sans prendre en compte leur origine sociale (cohérence entre les relations marchandes et les libertés individuelles).

L'économie de marché est donc liée à l'émergence du projet démocratique dans les sociétés occidentales modernes.

 

=>         2 p281 « Adam Smith et la main invisible », étude

 

 

5-1-3; L'INSTITUTIONNALISATION  DU  MARCHE

 

L'économie de marché n'est pas une donnée naturelle mais une construction politique. En effet, ce système politique n'est pas universel car certaines sociétés l'ignorent (cf. 3-1-1).

La mise en place du marché requiert donc la reconnaissance de droits favorisant les mécanismes du marché et l'instauration d'institutions défendant ces droits. On parle d'institutionnalisation du marché.

 

A) La reconnaissance de droits

 

L'économie de marché nécessite la mise en place de certaines conditions de façon à permettre aux acteurs économiques d'agir de manière rationnelle et libre, selon les préceptes du libéralisme. Parmi ces conditions, 3 semblent fondamentales :

- le droit de propriété reconnaît à toute personne qui possède légitimement un bien dans jouir librement dans le respect de la loi.

- le droit à la concurrence et à la consommation reconnaît à tout consommateur le droit à l'information sur le produit et le prix du produit qu'il souhaite acquérir. Ce droit doit protéger le consommateur contre les abus éventuels du producteur qui par définition a la supériorité de l'information sur le consommateur. De plus, il doit permettre d'obtenir des producteurs et du marché un prix « loyal », résultat d'une « concurrence non faussée » ;

- la liberté d'entreprendre reconnaît, dans le cadre de la loi, à toute personne le droit de créer l'activité économique qu'il juge opportune et de jouir librement des résultats de cette activité.

    

                        B) La réglementation des marchés

 

ð      la réglementation de la concurrence,

ð      la répression des fraudes (un exemple),

ð      quelques exemples d'institutions réglementant les marchés.

 

 

5-1-4;  LA PLACE DU MARCHE DANS LES RELATIONS SOCIALES

 

Discussion: L'échange marchand s'impose-t-il à toutes les relations sociales ?

           

            Oui, l'échange marchand s'étend hors de la sphère économique

=>        8 p197 +  9 p197 +  10 p 198  +  11 p198 +  12p 198

 

            Mais, des rapports sociaux non marchands persistent

=>        21 p203 Q°1, 4  +  22 p 203 Q°2  +  25 p205 Q°1, 3 

+  26 p205 Q°1, 2  +  14 p199 Q°1, 3, 4  +  13 p199 Q°4

 

=>        cf. Sujets p 214  +  p216

 

 

5-2: POURQUOI REGULER L'ECONOMIE PAR LE MARCHE ?

 

5-2-1: L'EQUILIBRE DU MARCHE EN CONCURRENCE PARFAITE (CP)

           

A) L'approche néoclassique

 

L'analyse néoclassique est une école économique apparue dans la seconde moitié du 19ème siècle. Comme son nom l'indique, cette école s'appuie sur les travaux des classiques qui avaient déjà montré l'importance du marché  pour la régulation économique. Cependant, cette école va mathématiser et géométriser les conclusions des classiques.

 

Cette analyse est microéconomique c'est-à-dire que les phénomènes économiques vont être envisagés au niveau de l'individu (1 producteur, 1 consommateur). Celui-ci est considéré comme "rationnels", c'est-à-dire qu'il cherche à maximiser son intérêt personnel (utilité, profit), sous contrainte (prix, revenu, coûts de production).

 

Les phénomènes économiques dans leur ensemble résultent de la somme des comportements individuels (cf. « Main invisible ») : on parle d'individualisme. C'est le marché qui permet de coordonner ces actions individuelles non concertées, propres à chacun. Sur les marchés, en effet, les individus vont se confronter suivant qu'ils sont Offreurs ou Demandeurs. Cette confrontation va aboutir à une situation d'équilibre exprimée en prix et en quantité.

 

Ce sont ces conclusions qui vont être démontrées par l'analyse néoclassique à partir d'un modèle, c'est-à-dire une construction abstraite permettant de tirer des conclusions qui vont avoir un rôle de référence. Ce modèle est celui de la concurrence parfaite (CP).

 

B) Les 5 conditions de la CP

 

Pour construire le modèle de la CPP, les néo-classiques définissent 5 propriétés qui doivent permettre au marché d'être véritablement concurrentiel : l'atomicité, l'homogénéité des produits, la libre entrée sur le marché, la transparence de l'information et la  mobilité des facteurs de production.

 

Le modèle de CPP assure que:

- la concurrence est loyale c'est-à-dire qu'aucun acteur économique n'a la possibilité de contrôler le marché et les prix ;

- chaque acteur peut librement se déplacer sur les marchés en fonction de ses

 intérêts.

 

C) Les consommateurs et la Demande

Pour voir les ban 

                               D) Les producteurs et l'Offre

 

à Les objectifs de l'entreprise

L'objectif de l'entreprise est de réaliser le bénéfice le plus grand possible.

B = CA-CP

Pour ce faire, elle doit augmenter le plus possible son CA et réduire le plus possible les CP. Cependant cet objectif est difficile à réaliser car, à mesure qu'elle augmente sa production, ses coûts augmente plus ou moins vite.

Il faut donc qu'elle trouve un niveau de production optimum c'est-à-dire celui qui correspond au CA le plus important et au CP le plus faible ("produire au moindre coût").

 

à La courbe d'O du marché

Pour un niveau de prix donné par le marché, l'entreprise définit son niveau de production optimum. Elle fixe donc ses différents niveaux de production optimum quand le prix augmente.

A priori, quand le prix augmente, l'entreprise a intérêt à produire plus car elle augmente la différence entre le CA et les CP.

La courbe d'O d'une entreprise est une fonction croissante du prix.

La courbe d'O du marché est la somme des O de toutes les entreprises du

 marché.

 

                        E) L'équilibre du marché (une régulation par les prix)

 

Le marché est le lieu où les offres et les demandes d'un produit se rencontrent. Cette confrontation va aboutir à un équilibre stable.    

 

5-2-2: L'EQUILIBRE GENERAL EN CONCURRENCE PARFAITE (CP)

 (1 marché => tous les marchés)

 

L'approche microéconomique met l'accent sur l'équilibre du marché. L'équilibre général concerne la situation générale de l'économie. Si l'information circule parfaitement dans l'économie permettant l'adaptation des agents, les économistes néo-classiques estiment que l'équilibre général va résulter de l'équilibre trouvé sur chaque marché.

 

A) L'interdépendance des marchés

 

Le prix est un signal pour les agents économiques

 

B) Le rationnement de l'Offre et de la Demande

 

Si le marché est entravé par des interventions extérieures (ou « rigidités ») comme la fixation administrative d'un prix plancher ou d'un prix plafond, alors il peut connaître un rationnement de l'offre ou de la demande, c'est-à-dire que toutes les quantités offertes ou demandées ne sont pas satisfaites du fait de ce blocage à l'autorégulation du marché. II y a entrave à la flexibilité du marché.

 

CONCLUSION

 

Pour les économistes néo-classiques, le marché est la meilleure façon de réguler l'économie. En effet, le marché aboutit à un équilibre où ts les Offreurs écoulent leur production (O=D).

Dès lors, ils préconisent de laisser les marchés s' AUTOREGULER, c'est-à-dire que les interventions extérieures, comme celle de l'Etat, ne doivent pas déséquilibrer la formation des prix. Ces prix constituent des signaux que les acteurs économiques vont prendre en compte pour déterminer leurs positions (O et D). L'interdépendance libre des marchés permet d'aboutir à l'équilibre général c'est-à-dire la situation où tous les marchés déterminent un équilibre tel que les O= les D.

Cette analyse économique va être reprise par les théoriciens libéraux qui vont proposer un modèle d'économie de marché libéré des interventions étatiques : liberté des prix, réduction de la fiscalité qui augmente artificiellement les prix, déréglementation de l'économie qui empêche la concurrence, réduction des rigidités au profit de la flexibilité des marchés, …

Au lendemain de la crise de 1974, ces politiques économiques libérales vont supplanter les politiques interventionnistes dans lesquels l'état est un acteur clef de l'économie et qui s'étaient imposées au cours des « 30 glorieuses ».

 



Article ajouté le 2009-04-25 , consulté 24 fois

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