5-2-2 : Le chômage
5-2-2 : Le chômage
A) Définitions et évolutions
a) Définitions
Est considérée comme chômeur, une personne sans emploi, à la recherche d'un emploi et disponible pour travailler (définition au sens du BIT).
Le taux de chômage mesure la part des chômeurs dans la population active (ou dans une catégorie donnée de la population active => ex : taux de chômage des plus de 55 ans).
Actuellement, en France, le nombre de chômeurs (selon la catégorie 1) est d'environ 2,4 millions de chômeurs soit un taux de chômage de 8,8% (INSEE 2007).
=> Mesurer les demandeurs d'emplois 1 p 76 Q°1, 2, 3
=> A l'aide de vos connaissances, montrez que la définition BIT admet
des limites.
b) Limites de ces définitions
Depuis les années 80, se développent de nouvelles formes de contrats de travail qu'on a qualifiées d' « atypiques » ou « précaires », car elles remettent en cause les fondement du CDI : modification de la durée du travail (temps partiel subi, CES) et modification de la durée du contrat (CDD, stages, intérim). Ces nouveaux contrats de travail multiplient des situations de sous-emploi, c'est-à-dire des personnes qui occupent involontairement une activité professionnelle dont les conditions de durée sont inférieures à celle considérée comme « typiques » (CDI à 35 h). Compte tenu de ces nouvelles formes de l'emploi, il est plus difficile de cerner les contours entre activité, chômage et inactivité.
=> La diversité des statuts de l'emploi 2 p66 Etude Q°3, 4
=> Des frontières floues 3 p77 Q°1, 2, reprenez le graphique
c) Les évolutions du chômage
Sur le long terme, la France est plutôt un pays en manque de main d'œuvre. Le chômage de masse est un phénomène récent.
Entre 1900 et 1975, le chômage est à un très bas niveau (< 3% de la PA). La France a recours à l'immigration et à la féminisation des emplois pour asseoir sa forte croissance.
Depuis la crise de 74 et notamment depuis le début des années 80, le chômage augmente fortement pour atteindre 10% de la population active (3 M° d'actifs).
Entre 95 et 2001, le chômage connaît une baisse très rapide (-1 M° de chômeurs). Cette baisse est compensée sur la période 2002-2005. Depuis 2005, le chômage connaît une baisse continue quoique fragile.
=> 2 p77 Etude
B) Qui sont les chômeurs ?
=> A l'aide des documents 1, 2, 3 p78-79 répondez à la question titre de
la page 78
C) Pourquoi y a-t-il du chômage ?
Petit débat théorique sur les causes du chômage
Deux écoles économiques s'opposent quant au fonctionnement de l'économie en général et sur les causes du chômage en particulier : On distinguera l'école libérale et l'école interventionniste.
Pour les libéraux, le marché du travail est capable d'autorégulation. L'existence du chômage s'explique donc par les interventions extérieures au marché, et notamment celle de l'état, qui empêchent l'équilibre du marché :
- des « rigidités », c'est-à-dire des contraintes légales extérieures aux volontés individuelles : temps de travail, salaire minimum, code du travail en général …
- la « fiscalité » qui pèse sur le travail (cotisations sociales « charges ») alourdit le coût de travail. Les impôts et les taxes constituent un détournement de la VA.
Du fait de ces contraintes, le coût du travail pour l'entreprise ne correspond pas à l'apport productif du travail: Les surcoûts induits par la législation tendent à rendre le coût du travailleur supérieur à ce qu'il rapporte à l'entreprise. Ce décalage expliquerait notamment le chômage des travailleurs les moins qualifiés et/ou les délocalisations.
Ensuite, les libéraux dénoncent les aides aux chômeurs qui entretiendraient le chômage « volontaire » : parce qu'il reçoit des indemnités, le chômeur refuse ou décale son retour à l'emploi. Ces « trappes à chômage » sont donc entretenues par toutes les aides qui proposent des revenus sociaux en compensation de l'absence d'emploi (RMI, indemnités chômage, allocations, …)
Quelle politique (libérale) de l'emploi faut-il alors mener ?
Cette politique se construit selon 3 axes :
-limiter le chômage volontaire en soumettant à condition l'octroi des aides et des allocations et/ou en réduisant le montant de ces aides ;
- diminuer la fiscalité, en baissant les charges, les taxes et/ou l'impôt sur
les sociétés,
-déréglementer le marché du travail en assouplissant les rigidités qui encadrent le contrat de travail. La recherche de nouvelles formes de contrat plus flexibles s'inscrit dans cette démarche.
Les interventionnistes critiquent l'idée que le marché du travail puisse s'autoréguler.
Ils contestent ces politiques car la stagnation des salaires et des revenus qu'elles impliquent freinent la consommation, et peuvent donc nuire à la croissance à long terme.
De plus, la précarisation des emplois contribue à la précarisation sociale des familles.
Pour les sociaux-démocrates, le désengagement de l'état peut contribuer au creusement des inégalités.
La sortie du chômage ne pourra être possible sans un soutien appuyé à l'économie par les dépenses de l'état via la distribution de revenus sociaux, de commandes publiques et d'incitations à la hausse des salaires. Dans ces conditions, la hausse de la consommation provoquerait la hausse de la production donc la relance de l'emploi.
