"Le cri du peuple" de Tardi et Vautrin

Le cri du peuple

 

Jacques Tardi (dessins) et Jean Vautrin (Scénario)

 

2001-2004

 

Ce livre est disponible au CDI

 

       

 

Le Cri du peuple est une bande dessinée en noir et blanc adaptée du roman éponyme de Jean Vautrin.

 

L'action nous plonge en 1871 pendant la Commune de Paris. On suit les aventures de différents personnages pris dans la tourmente des évènements : le Capitaine Tarpagnan, passé du côté communard et amoureux de CafConc, Grondin, ancien bagnard à la recherche de celui qu'il pense être le meurtrier de sa fille, Hippolyte Barthélémy, policier avide d'avancement tentant de résoudre son enquête.

Ces personnages et leurs parcours sont surtout un prétexte pour raconter l'histoire de la Commune de Paris, les grands espoirs qu'elle a suscités et la terrible répression qui s'est abattue sur les communards lors de la Semaine sanglante.

 

 

                        

 

Tome 1 : Les Canons du 18 mars (2001)

Tome 2 : L'Espoir assassiné (2002)

Tome 3 : Les Heures sanglantes (2003)

Tome 4 : Le Testament des ruines (2004)

Les Canons du 18 mars a reçu le Prix public du meilleur album et le Prix du dessin à Angoulême en 2002.

 

  

 

Paris sous la Commune

 

par Pascal Ory

Lire, décembre 2001 / janvier 2002

Source : http://www.lire.fr/critique.asp/idC=38431&idTC=3&idR=211&idG=10

 

 

Jean Vautrin avait, il y a deux ans, donné libre cours à sa verve dans une sorte de roman-feuilleton politique situé dans le cadre de la Commune, écrit sous le triple signe de Victor Hugo, d'Eugène Sue et de Jules Vallès. Une fable tout en noir et blanc, enrobée dans une parlure parigote, où l'on croise, outre Vallès lui-même, Gustave Courbet ou Louise Michel. Le roman ressort aujourd'hui, transmué en récit en images grâce à la rencontre avec Jacques Tardi: «J'ai su que mon texte avait rencontré son Daumier», n'hésite pas à dire Vautrin, qui est bon zigue mais qui n'exagère pas trop.

 

   

 

Le cri du peuple confirme en effet ce que les derniers albums de Tardi laissaient entendre: l'auteur complet d'Adieu Brindavoine ou de La véritable histoire du soldat inconnu est désormais meilleur en duo avec un scénariste; d'autant qu'il affectionne les scénaristes qui sont des romanciers eux aussi à temps complet, Céline, Malet, Pennac. Il trouve ici chaussure à son pied, histoire à sa plume, comme un communard trouvait sur le terrain fusil à sa pogne.

 

 

 

L'intrigue entremêle le déroulement du drame parisien, qui en est encore à ses premiers jours, ceux où le «peuple de Paris» s'empare des canons de Montmartre et où Adolphe Thiers, copieusement insulté par les auteurs, évacue la capitale pour mieux l'écraser dans le sang, avec une sombre histoire de vengeance, de crime et d'apaches dans la plus pure tradition.

 

 

 

Les personnages inventés ont des blazes aux petits oignons, Tarpagnan, La Chouette, Trois-Clous ou Fil-de-Fer, les ambiances sont nocturnes à souhait mais le souffle de l'épopée passe aussi sur le dessin de Tardi, par exemple dans la planche représentant l'Hôtel de Ville, saisi tel qu'il se découvre au regard de deux communards au premier jour de l'insurrection. Le format à l'italienne met la touche finale à cette réussite où les auteurs valorisent leur talent respectif.

 

 

                    

 

Sur Jacques Tardi :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Tardi

 

                         

 

L'univers de Tardi est facile à résumer : les faubourgs de Paris, les anars, quelques monstres, des soldats et la guerre, et, partout, la misère qui poisse, la révolte… L'œuvre de Tardi est très explicite. Son travail sur la Première Guerre mondiale (C'était la guerre des tranchées) est salué unanimement. Il évoque en particulier les Soldats fusillés pour l'exemple. Son grand père avait été gazé pendant cette guerre. De ses choix d'auteurs (adaptés, illustrés comme Céline, Daniel Pennac, Jean Vautrin, Léo Malet…) se dégagent des cohérences affectives, imaginaires mais aussi politiques.

 

                         

Son style peut sembler proche de la ligne claire de Hergé (que l'on pense, par exemple, aux bulles très bd), mais les ouvrages de Tardi ont une nette tendance à ridiculiser le concept du « héros », ses personnages peuvent être des anti-héros complets, des victimes de la marche du monde sans prise (sauf accidentelle) sur celui-ci, voire de simples témoins refusant d'agir autrement que pour leur propre compte.

 

 

Voir l'interview croisée de vautrin et Tardi sur Arte :

http://www.arte.tv/fr/Les-speciales/2302594.html

 



Article ajouté le 2009-02-13 , consulté 163 fois

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