"Les 7 samouraïs" de Kurosawa (1954)

Les 7 samouraïs

 

Akira Kurosawa

 

JAPON – 1954

 

 

                                     

 

 

Synopsis

Dans le Japon médiéval, des paysans sont fréquemment attaqués par des bandits de grands chemins, qui les dépossèdent de leurs récoltes. Lassés par leurs méfaits, et sur les conseils des anciens, ils décident de recruter un groupe de samouraïs pour défendre leur village.

Mais la partie s'annonce difficile : comment trouver des hommes d'honneur, prêts à risquer leur vie pour défendre les intérêts de « culs-terreux » qui n'ont à leur proposer en échange de cette protection que quelques bols de riz ?

(source Wikipédia)

 

http://fr.youtube.com/watch?v=l8NBT8RlorU

 

 

 

                      

 

Monument du cinéma japonais mais aussi mondial, "Les sept samouraïs" (Lion d'Argent au Festival de Venise en 1955) réalisé par Akira Kurosawa (Ran, Vivre, Kagemusha...) fait indubitablement partie des chefs d'œuvre universels enfanté par le septième art.

Plus qu'un simple film, il s'agit d'une expérience à vivre, de simples mots ne suffisant pas à caractériser la richesse de cet objet d'adoration. Bénéficiant de moyens colossaux pour l'époque, tourné pendant une année entière, ce film consacra la suprématie du cinéma japonais sur le cinéma asiatique durant les années 50 à 70 et fit émerger deux figures de proues, qui 50 ans plus tard rayonnent toujours de la même intensité : le réalisateur Akira Kurosawa et l'acteur Toshiro Mifune.

 

Voir l'article :

http://www.cineasie.com/Les7Samourais.html

 

                   

 

Les 7 samouraïs, c'est l'interrogation de ce « maître à penser » qu'est Kurosawa, descendant d'une famille de samouraïs, sur la condition humaine dans sa douloureuse complexité. Comme souvent (cf. « le château de l'araignée », « Ran », « Kagemusha », …), d'une manière « platonicienne », c'est la politique qui suscite la réflexion, l'histoire n'étant que le prétexte de la mise en scène d'une aporie. Kurosawa filme donc des mythes.

 

Ici, la politique est donc questionnée à partir de la confrontation de 2 modes de vie : le paysan est volontiers présenté dans sa veulerie et son avarice dans un premier temps ; le samouraï incarne une forme de noblesse, une fierté d'attitude (cf. la belle attitude du vrai samouraï dans le duel). A priori les 2 mondes n'ont pas à se rencontrer. Et pourtant, Kurosawa les mêle, compliquant ce tableau simpliste à la manière de Cervantes qui allie à la folie chevaleresque de Don Quichotte, l'ânonnante sagesse de Sancho le pansu.

 

Car les paysans ont décidé de résister. Cette décision inouïe est le fruit de la peur. Les bandits ont maladroitement créé une peur supérieure à celle de leur venue : celle de la misère et de la faim, celle de l'injustice. Le sage du village appelle donc à la révolte et c'est déjà parier sur une « évasion » de la condition opprimée et maudite de paysan. Les paysans auront leurs gardiens ; ils armeront le village.

Mais comment convaincre des samouraïs ? Et comment éviter le mercenaire, brigand inversé ?

Les paysans ont une « arme » : le riz. Et dans ce monde chaotique fait de brigands et d'insécurité, le riz vaut son pesant d'or. Surtout que le chaos a aussi fait basculer le système féodal japonais et sa chevalerie. Les samouraïs, justiciers altiers, sont devenus des ronins, des vagabonds. La faim va justifier les moyens … C'est l'entremise d'un samouraï défenseur de l'idéal qui va permettre de sortir de l'impasse ; recrutant des valeureux. Amoureux de l'idée du samouraï, les 6 gardiens vont accepter de servir les paysans.

 

6 ?

Kurosawa nous referait-il le coup des « 3 mousquetaires » qui étaient 4 ???

Il y a bien 6 samouraïs. Car le 7è est un proscrit, un homme de l'entre-deux, un ancien paysan devenu samouraï en partie par écoeurement des siens.

Et Kurosawa dessine la belle fable dans ce « samouraysan » : les paysans peuvent-ils gagner du « cœur » à la fréquentation de ces valeureux, peuvent-ils supplanter le « terreux » qui tremblent en eux, peuvent-ils convaincre le samouraï de se ranger à cette vie plus simple et peut-être plus sûre ?

C'est ce que signifie cette bleuette entre le jeune samouraï et une paysanne : l'union est-elle possible ? Une union entre le cœur et le ventre sous l'égide du chef samouraï et du chef paysan, sages et hommes de tête.

Platon, donc.

 

                

 

Alors, de cette union improbable, naîtra une belle victoire du courage et de l'intelligence sur l'indigence de bandits qui constituent sans doute un mélange douteux de samouraïs ayant perdu la foi du sabre et de paysans ayant perdu la foi du travail. Le ventre a été vaincu.

Pourtant le film s'achève sur une amertume : le sacrifice des samouraïs a-t-il servi à « éclairer » les paysans ?

N'est-ce pas la « morale » paysanne qui triomphe dans le renouveau des gestes agrestes après la guerre, comme si l'idéal samouraï après la bataille devait s'effacer. Les samouraïs seront-ils encore utiles, ont-ils un avenir dans ce monde nouveau qui se rebâtit ?

Le ventre a-t-il vraiment été vaincu ?

 

 

                           

 

 

Bien évidemment, toute l'oeuvre de AK est à découvrir :

http://mathieu.perrin.free.fr/

 

 

                                    PHOTO

 

 

 

 

En 2004 est approuvé l'animé Samuraï 7 basé sur le film. Il s'en inspire librement, mélant la lame des samouraïs à la technologie et la mécanisation d'un monde en dehors du temps.

 



Article ajouté le 2008-10-24 , consulté 17 fois

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