Cours 5-3 : Les enjeux et les déterminants de la mobilité sociale

5-3 : LES  ENJEUX  ET  LES  DETERMINANTS  DE  LA  MOBILITE SOCIALE

 

            5-3-1 : La mobilité sociale, au cœur des démocraties modernes 

 

                        A) Définitions

 

=>        2 p169 Q°4,5  +  3 p169 Q°6, 7, 8

 

On parle de mobilité sociale* quand un individu se déplace dans la hiérarchie sociale (ex : un ouvrier devient cadre).

 

La mobilité intergénérationnelle* désigne « le déplacement d'un individu ou d'un groupe dans la hiérarchie sociale entre deux générations » (ex : un fils d'O devient C).

 

La mobilité intragénérationnelle* désigne «le passage d'un individu ou d'un groupe d'une catégorie sociale à une autre au cours d'une génération » (ex : un Agriculteur quitte son activité pour devenir cadre d'une entreprise agro-alimentaire).

 

Etudier la mobilité sociale permet d'évaluer la persistance des inégalités dans une société. Dans une démocratie, les inégalités sont d'autant plus ressenties comme injustes que la mobilité sociale est faible.

 

 

B) Le rôle de la mobilité sociale dans les sociétés démocratiques 

A. de Tocqueville

 

 

Ce qui caractérisent les démocraties modernes pour Tocqueville*, c'est « l'égalité des conditions » (5-1-1). Cette égalité ne signifie pas égalitarisme, mais sous-entend que chaque individu peut aspirer à un niveau de vie conforme à ses mérites. La dynamique de la société américaine résulte de la possibilité offerte à chacun de réussir quelque soit son origine. Les démocraties modernes connaissent des riches et des pauvres, mais ces positions ne sont pas figées : par exemple, un « maître » dispose de son « serviteur » dans les limites du contrat de travail qu'ils ont signé, mais le serviteur peut aspirer à devenir à son tour un maître.

 

L'idéal démocratique implique donc la méritocratie, cad des institutions et des mécanismes qui permettent le renouvellement de l'élite. Quand une société connaît une forte mobilité sociale, on dit qu'elle est fluide*.

 

 

C) Société bloquée, fermée et ouverte

 

=>        4 p170 Q°10 + 5 p170 Q°12, 13

 

Dans une société fermée, la position sociale des individus est déterminée à la naissance et ne peut évoluer. Il n'y a aucune une mobilité sociale ; la hiérarchie sociale est rigide. C'est le cas des sociétés à ordres (Ancien régime).

 

Le modèle de la démocratie méritocratique se présente comme une société ouverte, du fait de la mobilité sociale qui fluidifie les hiérarchies.

 

On parle de société bloquée quand les mécanismes qui devraient permettre la mobilité sociale ne fonctionnent plus ou mal. La société connaît une forte reproduction sociale*.

 


 

            5-3-2 : La mesure de la mobilité sociale en France

 

                        A) Stratification* et PCS*

 

La société n'est pas un tout homogène car elle est composée de groupes sociaux plus ou moins structurés en fonction de leur niveau de vie, leur niveau d'études, leurs pratiques socioculturelles,…

 

Quand on constate l'existence de ces groupes sans les hiérarchiser les uns par rapport aux autres, on parle ce strates* ; la stratification sociale désigne donc la juxtaposition des groupes sociaux dans la société (vision « horizontale » de la société, cf. Max Weber*).

 

La hiérarchie sociale* classe les groupes suivant leurs rôles économiques, sociaux et /ou politiques. On parlera alors de classe(s) dominante(s) et de classe(s) dominée(s) (vision « verticale) de la société, cf. Karl Marx*).

 

La nomenclature des Professions et Catégories Socioprofessionnelles* (PCS), établie par l'INSEE, est une synthèse entre ces deux approches : elle présente une juxtaposition des catégories socioprofessionnelles, mais les catégories salariées sont présentées selon leur rôle hiérarchique.

 

Remarque : La mobilité sociale est engendrée selon une vision verticale de la société : on parle de mobilité ascendante (ou promotion sociale) et de mobilité descendante (ou démotion sociale).

 

 

B) Etude des tables de mobilité*

 

=>        Table de mobilité  1 p168

=>        4, 5 et 6 p170-171 études

 

                       

                        C) Les limites des tables de mobilité

 

            Texte : «Les limites des tables de mobilité »

                        Magnard, 2003

 

« Les tables de mobilité sociale, du fait même de leur construction, révèlent un certain nombre d'imperfection :

- Elles ne prennent en compte que les hommes de 40 à 59 ans au moment de l'enquête. Cela peut se justifier dans la mesure où les femmes des générations précédentes étaient plus souvent inactives, et si l'on considère que le statut atteint entre 40 et 59 ans est le statut définitif. Les résultats obtenus restent donc assez partiels (…).

-  Lors des enquêtes, on demande aux fils le métier de leur père au même âge. Certains métiers ont disparu ou ne correspondent plus vraiment à leur forme moderne.

- Enfin, le choix du niveau de décomposition retenu peut avoir une influence sur les résultats : plus les catégories retenues sont nombreuses, plus les mouvements entre ces catégories sont importants. Au contraire, si l'on retient un découpage en un petit nombre de grandes catégories, les mouvements observés seront réduits. »

 

 

            5-3-3 : « Analysez le rôle de l'école dans la mobilité sociale »

 

=>        Analysez le sujet (FM5)

=>       Faîtes le bilan des documents 7 p172, 8 p173, 9p173, 10p174, 13p175, 15p176, 16p176, 18p177, 20p178, 19 p177, 4 p247

                        (sujet p 186)



Article ajouté le 2007-12-16 , consulté 26 fois

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