Actualité (0-1-2) : Developpement durable

Developpement durable :

 

Terre : le dilemme de l'ONU, marché roi ou écologie

LE MONDE | 16.11.07

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-979249@51-972005,0.html

(Extraits)

 « La destruction systématique des ressources naturelles de la Terre a atteint un point où la viabilité des économies est en danger, et où la facture que nous laisserons à nos enfants pourrait être impossible à régler" : le constat est posé par Achim Steiner, directeur du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Présentant le rapport "GEO 4 - Avenir de l'environnement mondial", le 25 octobre à New York, il a souligné la vigueur du lien entre système économique et dégradation de l'environnement. "GEO 4", résultat du travail de 1 400 scientifiques et experts, dresse un tableau alarmant de la situation écologique de la planète, mais souligne aussi combien son évolution dépend du choix des politiques économiques.

 

Succès pour l'accord sur la protection de la couche d'ozone

LE MONDE | 12.09.07

Une fois n'est pas coutume : une négociation internationale s'ouvre dans la satisfaction générale. Les délégués de 190 pays réunis à Montréal, à partir du mercredi 12 septembre, peuvent en effet saluer le succès du protocole de Montréal sur l'élimination des substances appauvrissant la couche d'ozone.

Vingt ans après sa signature, le 16 septembre 1987, ce traité environnemental a réussi à stopper totalement la production des CFC (chlorofluorocarbures), notamment utilisés dans les aérosols et les systèmes de réfrigération, au prix de dépenses relativement modiques. Le fonds multilatéral mis en place n'a dépensé que 2,6 milliards de dollars (1,9 milliard d'euros).

"C'est l'histoire d'un succès : un accord multilatéral, basé sur la science, ratifié par 190 pays, et qui a atteint son objectif", se réjouit Achim Steiner, directeur du Programme des Nations unies pour l'environnement. Le protocole de Montréal voudrait servir d'exemple à celui de Kyoto sur le changement climatique, qui reste dans une situation fragile.

Le lien entre Montréal et Kyoto est plus concret encore. Les scientifiques se sont rendus compte que, comme les substances appauvrissant la couche d'ozone étaient souvent des gaz à fort effet de serre, leur élimination avait un effet très positif par rapport au changement climatique. Dans une étude parue, en mars, dans les PNAS, la revue de l'Académie américaine des sciences, des chercheurs ont montré que le protocole de Montréal avait permis d'éliminer 8 milliards de tonnes d'équivalent de gaz carbonique, le principal gaz à effet de serre.

C'est plus, chaque année, que ce que vise le protocole de Kyoto sur toute la période 2008-2012. Ce résultat surprenant implique aussi que si l'élimination des CFC n'avait pas eu lieu, le changement climatique aurait été plus important que ce n'est déjà le cas.

La tâche n'est cependant pas achevée. Il est prévu d'éliminer les principaux substituts des CFC, les HCFC (hydrochlorofluorocarbures), d'ici à 2050. Les diplomates devront décider à Montréal si l'on peut avancer cette échéance de dix ans : cela aurait pour effet de réduire encore l'agression sur la couche d'ozone, tout en limitant l'accroissement de l'effet de serre. En effet, les HCFC, moins nocifs que les CFC, ont néanmoins un potentiel de réchauffement. On estime que l'élimination plus rapide des HCFC 22, les plus répandus, permettrait d'éviter l'émission de l'équivalent de 3,5 milliards de tonnes de CO2 par an.(...)La couche d'ozone stratosphérique n'est donc pas tirée d'affaire : dans l'hémisphère Nord, on estime que son épaisseur est encore de 3 % à 4 % inférieure à ce qu'elle était en 1980, une proportion qui atteint 5 à 6 % dans l'hémisphère Sud. Sur la base des émanations programmées de substances nocives, elle ne devrait retrouver son niveau de 1980 qu'autour de 2055. À condition que les progrès scientifiques ne révèlent pas, d'ici là, de mauvaise surprise, et que les nouvelles sources de pollution n'aient pas un effet plus négatif que prévu.

Hervé Kempf
 

LEXIQUE :

Ozone stratosphérique et atmosphérique : l'ozone est une molécule rare composée de trois atomes d'oxygène. Dans la basse atmosphère, issue de la pollution, notamment automobile, elle est nuisible pour la santé. Dans la stratosphère (à plus de 10 kilomètres d'altitude), en revanche, elle se forme naturellement et a un effet protecteur pour la biosphère : la "couche d'ozone" arrête le rayonnement solaire UV-B, qui provoque les cancers de la peau.

CFC et HCFC : en 1974, des scientifiques ont montré l'effet négatif sur la couche d'ozone de molécules contenant du chlore, les CFC (chlorofluorocarbures). Ces derniers étaient largement utilisés comme isolants et réfrigérants. Les HCFC (hydrochlorofluorocarbures), substituts des CFC, sont moins nocifs que ceux-ci, mais ont néanmoins un effet négatif sur la couche d'ozone.

Protocole de Montréal : signé en 1987, il organise l'élimination progressive des CFC et HCFC. Il a été renforcé à Londres, en 1990, et à Copenhague, en 1992, et élargi aux molécules contenant du brome, elles aussi nocives.

 

Climat: la lutte contre le réchauffement coûtera 1,6% du PIB mondial
 
Ce sont les pays les plus pauvres et les moins pollueurs qui paieront le prix fort, souligne le rapport du Programme des Nations unies pour le développement publié aujourd'hui.
AFP
LIBERATION.FR : mardi 27 novembre 2007
 
La lutte contre le réchauffement climatique pourrait coûter 1,6% du PIB mondial par an jusqu'en 2030, un effort devant reposer essentiellement sur les pays développés, selon un rapport du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) diffusé aujourd'hui.

Le rapport sur le Développement humain 2007-2008, présenté à Brasilia, préconise que les pays développés réduisent leurs émissions à effet de serre d'au moins 80% d'ici à 2050 par rapport aux niveaux enregistrés en 1990; ce groupe de pays devrait atteindre une réduction de 30% dès 2020.

Les pays en voie de développement devraient quant à eux réduire ces émissions de 20% d'ici à 2050.

«Notre objectif de stabilisation est exigeant mais raisonnable. D'ici à 2030, le coût annuel moyen serait de 1,6% du PIB mondial. C'est un investissement significatif. Mais il représente moins des deux tiers des dépenses militaires mondiales. Le prix de l'inaction serait bien plus élevé», a estimé le PNUD dans son étude.

« Ceux qui ont le plus généreusement contribué au problème, les pays riches, ne sont pas ceux qui souffriront le plus à court terme. Ce sont les pays les plus pauvres, qui n'ont pas contribué et ne contribuent toujours pas de manière significative aux émissions de gaz à effet de serre, qui sont les plus vulnérables », rappelle le PNUD.

« Les défis politiques les plus difficiles sont dans le domaine de la distribution ». Mais, soulignent les auteurs du rapport, « nous ne devons pas permettre aux désaccords sur la répartition de bloquer le progrès ».

Selon les experts, une augmentation généralisée de la température de trois degrés celcius peut provoquer des sécheresses, des tempêtes tropicales et l'augmentation du niveau des mers.

« En termes de PIB mondial, ces effets à court terme ne seront pas significatifs. Mais pour certains des peuples les plus défavorisés du monde, les conséquences risquent d'être apocalyptiques », estime le PNUD.

Parmi les conséquences les plus importantes pour les pays pauvres: la détérioration de la productivité agricole, la diminution de l'accès à la santé et à l'éducation, et moins de possibilités d'accès aux marchés.

Le changement climatique « touchera de manière disproportionnée l'Afrique sub-saharienne, créant des cycles de handicaps récurrents transmis de génération en génération », note le PNUD.

Quand la température monte en Afrique, « les récoltes sont mauvaises et les gens meurent de faim, ou bien les femmes et les filles passent des heures à chercher de l'eau ».

En revanche, relève le PNUD, « dans les pays riches, la gestion du changement climatique se réduit en général au réglage des thermostats, à des étés plus longs et plus chauds et à des modifications de saison ».

 



Article ajouté le 2007-11-21 , consulté 37 fois

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