« La Curée » d'Émile Zola

« La Curée » est un roman d'Émile Zola paru en 1872, deuxième volume de la série Les Rougon-Macquart.

 

 

A propos de Zola, on évoque souvent « Germinal » comme œuvre emblématique du cycle des « Rougon-Macquart ».

Ce cycle de 20 romans constitue une autopsie de la société française du 2nd Empire (1852-1870), période au cours de laquelle la France va connaître sa Révolution industrielle.

Dans « les Rougon Macquart »(http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Rougon-Macquart), Zola suit deux branches d'une même famille dont l'une (les Rougon) va connaître les fastes de la réussites, alors que l'autre (les Macquart) devient une illustration de la paupérisation qui frappe alors les classes populaires.

 

Zola par Edouard Manet

 

Second tome du cycle, « La curée » est un roman qui suit Aristide Rougon, dit Saccard au moment de transformation des rues de Paris sous l'égide du baron Haussmann entre 1853 et 1870( http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Eug%C3%A8ne_Haussmann ). Cette période d'intenses constructions immobilières, qui verront apparaître les grands boulevards, est propice aux spéculations et manipulations parfois troubles.

Zola moralise sur l'ascension cupide de Saccard qui cumule les manœuvres pour s'enrichir.

 

 

 Trame de l'œuvre 

(source : http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Cur%C3%A9e)

 

Le personnage principal est Aristide Rougon, dit Saccard, qui va faire une rapide fortune en spéculant sur les futurs terrains à bâtir à l'époque des grands travaux menés à Paris par le baron Haussmann.

 

L'action se déroule à Paris. Eugène Rougon a fait carrière en politique grâce à son soutien à Napoléon III: il est ministre. Il commence en bas de l'échelle par un modeste emploi. Sa femme s'appelle Angèle. Ils ont une fille et vivent dans un modeste appartement deux pièces. Eugène aide son frère Aristide à obtenir un emploi à la mairie de Paris, ce qui permet à ce dernier d'avoir accès à tous les plans des travaux d'Haussmann. Sa femme meurt. Il envoie sa fille chez un de ses frères et se marie à une jeune fille nommée Renée Béraud du Châtel, par intérêt. Ayant pris le nom d'Aristide Saccard, il peut participer à la curée, le dépeçage de Paris par les spéculateurs, tâche dont il s'acquitte à merveille. Il accumule rapidement une grande fortune en achetant à bas prix des immeubles entiers dont il sait qu'ils seront bientot rachetés a prix d'or par la ville, qui souhaite les détruire afin de construire les futurs grands boulevards de la capitale. Pourtant, Aristide a un train de vie faramineux et il ne refuse aucune dépense à ses proches. Ayant besoin de toujours plus d'argent, et alors qu'il accumule les échecs spéculatifs, il est bientot forcé d'escroquer sa propre femme Renée, qui possède un important capital immobilier.

 

Le roman comporte également une intrigue amoureuse. Devenu veuf, Saccard a épousé Renée Béraud du Châtel, dont la fortune lui avait permis de se lancer dans la spéculation. Le couple est libre, chacun des deux époux ayant de nombreux amants sans que cela gêne l'autre le moins du monde. Jusqu'au jour ou Renée, nouvelle Phèdre, tombe amoureuse de Maxime, fils que Saccard a eu de son premier mariage. La relation semi-incestueuse entre Renée et Maxime est finalement connue de Saccard, sans que celui-ci en soit vraiment affecté. Le roman se clôt sur une Renée abandonnée par Maxime, dépossédée de sa fortune par Aristide, et qui sombre dans la folie avant de mourir d'une méningite.

 

 

Citations

 

« Deux mois avant la mort d'Angèle, il l'avait menée, un dimanche, aux buttes Montmartre. La pauvre femme adorait manger au restaurant ; elle était heureuse, lorsque, après une longue promenade, il l'attablait dans quelque cabaret de la banlieue. Ce jour-là, ils dînèrent au sommet des buttes, dans un restaurant dont les fenêtres s'ouvraient sur Paris, sur cet océan de maisons aux toits bleuâtres, pareils à des flots pressés emplissant l'immense horizon. Leur table était placée devant une des fenêtres. Ce spectacle des toits de Paris égaya Saccard. Au dessert, il fit apporter une bouteille de bourgogne.

    Il souriait à l'espace, il était d'une galanterie inusitée. Et ses regards, amoureusement, redescendaient toujours sur cette mer vivante et pullulante, d'où sortait la voix profonde des foules. On était à l'automne ; la ville, sous le grand ciel pâle, s'alanguissait, d'un gris doux et tendre, piqué çà et là de verdures sombres, qui ressemblaient à de larges feuilles de nénuphars nageant sur un lac ; le soleil se couchait dans un nuage rouge, et, tandis que les fonds s'emplissaient d'une brume légère, une poussière d'or, une rosée d'or tombait sur la rive droite de la ville, du côté de la Madeleine et des Tuileries. C'était comme le coin enchanté d'une cité des Mille et une Nuits , aux arbres d'émeraude, aux toits de saphir, aux girouettes de rubis. Il vint un moment où le rayon qui glissait entre deux nuages fut si resplendissant, que les maisons semblèrent flamber et se fondre comme un lingot d'or dans un creuset.

    - Oh ! vois, dit Saccard, avec un rire d'enfant, il pleut des pièces de vingt francs dans Paris !

    Angèle se mit à rire à son tour, en accusant ces pièces-là de n'être pas faciles à ramasser. Mais son mari s'était levé, et, s'accoudant sur la rampe de la fenêtre :

    - C'est la colonne Vendôme, n'est-ce pas, qui brille là-bas ?... Ici, plus à droite, voilà la Madeleine... Un beau quartier, où il y a beaucoup à faire... Ah ! cette fois, tout va brûler ! Vois-tu ?... On dirait que le quartier bout dans l'alambic de quelque chimiste. » (Chapitre 2)

 

                                    

                                    Paris- Boulevard Haussmann

Le roman se situe au début du Second Empire, dans un Paris que les travaux du baron Haussmann livrent à la spéculation immobilière. Le promoteur Saccard, avec la complicité de son frère, le ministre Eugène Rougon, amasse une fortune considérable en achetant à bas prix les immeubles voués à la démolition :


" Cependant la fortune des Saccard semblait à son apogée. Elle brûlait en plein Paris comme un feu de joie colossal. C'était l'heure où la curée ardente emplit un coin de forêt de l'aboiement des chiens, du claquement des fouets, du flamboiement des torches. Les appétits lâchés se contentaient enfin, dans l'impudence du triomphe, au bruit des quartiers écroulés et des fortunes bâties en six mois. La ville n'était plus qu'une grande débauche de millions et de femmes. Le vice, venu de haut, coulait dans les ruisseaux, s'étalait dans les bassins, remontait dans les jets d'eau des jardins, pour retomber sur les toits, en pluie fine et pénétrante. Et il semblait, la nuit, lorsqu'on passait les ponts, que la Seine charriât, au milieu de la ville endormie, les ordures de la cité, miettes tombées de la table, nœuds de dentelle laissés sur les divans, chevelures oubliées dans les fiacres, billets de banque glissés des corsages, tout ce que la brutalité du désir et le contentement immédiat de l'instinct jettent à la rue, après l'avoir brisé et souillé. Alors, dans le sommeil fiévreux de Paris, et mieux encore que dans sa quête haletante du grand jour, on sentait le détraquement cérébral, le cauchemar doré et voluptueux d'une ville folle de son or et de sa chair. Jusqu'à minuit, les violons chantaient ; puis les fenêtres s'éteignaient, et les ombres descendaient sur la ville. "(Chapitre 3)

Article wikipédia "Zola" : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mile_Zola

 

Article wikipédia "naturalisme" : http://fr.wikipedia.org/wiki/Naturalisme_%28litt%C3%A9rature%29

 

Article wikipédia "Second Empire" : http://fr.wikipedia.org/wiki/Second_Empire

 

Un site qui analyse l'œuvre : http://www.chez.com/bacfrancais/curee.html



Article ajouté le 2007-11-17 , consulté 6 fois

Commentaires


Liens

Voir les articles de la catégorie " Entre les lignes "

Afficher une version imprimable de cet article
Retour aux articles