Données (1-1-2) : Investissement et compétitivité : le cas allemand

DOSSIER : Allemagne, le retour en force (Extrait)http://www.ladocumentationfrancaise.fr/catalogue/3303332029211/


Une reprise durable
Perspectives économiques de l'OCDE
OCDE
En Allemagne, les principaux indicateurs économiques affichent désormais de très bons résultats. Pendant plusieurs années, la croissance allemande a essentiellement été tirée par l'excédent du commerce extérieur. Depuis 2006, celle-ci est aussi dynamisée par la bonne tenue de l'investissement et le réveil de la demande intérieure. Le pays s'est ainsi engagé dans une reprise durable qui devrait dépasser son rythme potentiel, même si la croissance tombe momentanément au-dessous de 2 % en 2007 à la suite de l'augmentation de la TVA. A l'avenir, le net recul du chômage et la hausse des revenus réels stimuleront davantage la croissance. Afin d'inscrire cette reprise dans la durée, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) conseille de poursuivre l'assainissement budgétaire et de renforcer le degré de concurrence dans certains secteurs, comme celui des professions libérales et des industries de réseau.

Compétitivité : comment font les Allemands ?
Futuribles
François Michaux
Les performances allemandes en termes d'exportations et de compétitivité sont remarquables. Jusque-là, l'économie allemande s'était appuyée sur une bonne spécialisation et sur la qualité de ses produits. Elle exploite depuis peu un troisième moteur de compétitivité : la réduction des coûts de production. Au-delà de la délocalisation dans les pays de l'Est européen, les progrès récents réalisés en termes de compétitivité-coût tiennent essentiellement à deux facteurs. Le premier est lié à l'allongement du temps de travail, à la quasi-stabilité des salaires et à la remise en cause d'un certain nombre de droits acquis, obtenus par des négociations intervenant à tous les niveaux hiérarchiques de manière consensuelle. Le deuxième facteur responsable de la baisse des coûts de production est l'allégement de la fiscalité d'entreprise, ainsi que l'augmentation sensible de la TVA, dont une partie est affectée aux systèmes de protection sociale afin de permettre une réduction des cotisations chômage. La fiscalité devient ainsi un moyen de régulation des effets de la mondialisation.

 

Une comparaison entre la France et l'Allemagne

La France souffre d'un retard très important par rapport aux Etats-Unis, mais aussi avec ses principaux partenaires européens. La part des nouvelles technologies dans l'investissement total en France ne représente que de 10 %, alors qu'elle se situe aux alentours de 16 % en Allemagne, de 20 % au Royaume-Uni, et de 25 % aux Etats-Unis. Ce retard a pour conséquence une moindre contribution des nouvelles technologies à la croissance, qui est trois fois plus forte aux Etats-Unis qu'en France, deux fois plus forte au Royaume-Uni, et plus élevée également en Italie, au Japon et en Allemagne.
Ce retard est principalement dû à un manque d'investissements en recherche et développement du secteur privé, car si on ne regarde que le secteur public, l'effort consacré par ce dernier dans les nouvelles technologies est comparable à celui des grands pays. Il est donc important d'inciter les entreprises privées françaises à innover et à investir dans ce secteur des nouvelles technologies, afin de combler le retard par rapport à nos partenaires.

Elle doit Privilégier les PME

La différence entre l'Allemagne et la France réside dans le nombre d'entreprises exportatrices, qui baisse en France, passant de 103 000 en 2000 à 88 000 en 2004. Alors que, dans le même temps, ce nombre a augmenté outre-Rhin. C'est sans doute une piste intéressante pour expliquer les différences de performances entre la France et l'Allemagne, même si, selon moi, elle n'explique qu'une partie du problème. La principale explication à la baisse des parts de marché enregistrée par la France depuis 2003 n'est pas un problème structurel, puisque les parts de marché en 2002 étaient identiques à celles de 1995. Les pertes de parts de marché ne sont donc pas structurelles, mais liées à une politique de désinflation compétitive menée en Allemagne depuis 2001. Cette politique a permis à l'Allemagne, en baissant le salaire réel outre-Rhin, de gagner des parts de marché et de les prendre à la fois à la France, mais également à l'Italie et à l'Espagne.

http://www.monolivet.org/index.php/2006/08/31/91-la-competitivite-francaise



Article ajouté le 2007-09-25 , consulté 12 fois

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