c-panik-a-bordDonnées (0-2-3): La nouvelle économie-monde« La nouvelle économie-monde » Daniel Cohen, « Trois leçons sur la société post-industrielle » La seuil, Sept 2006, p 52 à 53 Essayons de voir à présent comment ce schéma permet de comprendre la nouvelle division du travail (…). La célèbre poupée Barbie donne une excellente illustration de la nature du commerce mondial d'aujourd'hui. La matière première – le plastique et les cheveux – vient de Taïwan et du Japon. L'assemblage est fait aux Philippines avant de se déplacer vers des zones de salaires moindres, l'Indonésie ou la Chine. Les moules proviennent des Etats-Unis tout comme la dernière touche de peinture avant la vente … (…) La spécialisation porte sur la tâche effectuée par chacun pour fabriquer un produit donné(…). La paire de Nike est un autre exemple frappant du processus à l'œuvre. Considérons ainsi la paire de Nike : le modèle Air Pégasus, qui coute 70 $ aux Etats-Unis. La structure de coût qui y conduit se présente ainsi. Le salaire tout d'abord du travailleur, plus probablement de la travailleuse, qui la fabrique est de 2,75 $. Le scandale de l'échange inégal se manifeste ici. Comment gagne-t-on si peu un bien qui coûte si cher ? La suite des coûts engagés donne la réponse. Le coût de fabrication de la basket, tout d'abord, ne se résume pas au travail. Il faut également du cuir, du textile, des machines pour l'assembler, à quoi s'ajoutent aussi les coûts de transport et de douane. En ajoutant tous ces éléments, on arrive à un total qui s'élève à 16 $. Tel est le coût payé par Nike pour prendre possession de la basket à Los Angeles. A ce coût matériel, s'ajoute ensuite l'ensemble des dépenses que Nike va devoir entreprendre pour transformer cet objet physique en objet social, c'est-à-dire en une basket que les gens auront envie d'acheter. Ici se joue le cœur d'activité de Nike : faire connaître et désirer la basket, en engageant les dépenses de publicité, de promotions qui vont la montrer aux pieds des grands athlètes, lesquels donneront aux téléspectateurs du monde entier l'envie de la porter aussi (…). Le coût est doublé et représente 35 $ toutes dépenses de fabrication et de promotion confondues. A ce stade, la moitié du coût total de la chaussure est expliqué : il faut dépenser autant pour la fabriquer comme objet physique qu'il n'en faut pour la faire désirer comme objet social. Comment passe-t-on ensuite de 35 $ à 70 $ qui sont facturés au consommateur ? C'est simple : il reste à payer toutes les dépenses nécessaires pour la mettre physiquement au pied du consommateur, c'est-à-dire toutes les dépenses de distribution. Cette structure de coûts fait émerger un schéma qui dessine parfaitement les contours de la société post-industrielle (…) : la conception en amont et la prescription en aval deviennent le cœur de l'activité des pays riches. L'étape du milieu, celle de la fabrication, devient inessentielle et peut être externalisée. Article ajouté le 2007-09-10 , consulté 23 fois LiensVoir les articles de la catégorie " Ch0-Mesurer les évolutions à long terme des sociétés modernes "Afficher une version imprimable de cet article Retour aux articles |