Obligatoire Devoir 0 : L'état doit-il réguler le marché ?

Devoir n°0

 

1-       Expliquez la thèse du document 1.

2-       Faîtes une phrase avec le chiffre en gras dans le document 2.

3-       Quel lien peut-on faire entre le document 1 et le document 2 ?

4-       A l'aide du document 2, faîtes apparaître l'évolution entre 1983 et 2002. Qu'en concluez-vous ?

5-       Quel rôle joue l'état pour Keynes (document 3) ?

6-       Pourquoi Keynes n'est-il ni libéral, ni marxiste ?

7-       Expliquez la thèse du document 4.

8-       Sujet : « L'état doit-il réguler le marché ? »

a)       Analysez le sujet.

b)       Présentez le bilan des documents.

c)       Construisez le plan définitif répondant au sujet.

 

 

Document 1 :« Les libéraux dénoncent les trappes à inactivité »

J. Bourdin et P. Marini, 2003

http://www.senat.fr/rap/r02-343/r02-343_mono.html#toc227

 

L'une des rares orientations communes qui semble traverser les réformes des prélèvements obligatoires entreprises en Europe au cours des années écoulées est celle qui a consisté à développer l'incitation au travail en s'efforçant de lutter contre les « trappes à inactivité ».

La notion de trappe à inactivité renvoie à la situation dans laquelle un individu, chômeur ou inactif, n'est pas incité financièrement à prendre un emploi, parce que la rémunération à laquelle il pourrait prétendre serait à peine supérieure, voire inférieure, aux revenus de transferts qu'il perçoit en restant inoccupé.

Un certain nombre d'éléments arithmétiques viennent donner quelque crédit à l'existence d'un tel phénomène. Toutefois, plusieurs considérations doivent être gardées à l'esprit, qui conduisent à conserver une attitude prudente à l'égard de ce concept.

En premier lieu, on ne saurait passer du constat de l'existence de taux d'emploi12(*) et taux d'activité1 relativement faibles pour des « peu qualifiés » à la conclusion de l'existence, pour les populations concernées, d'un fort chômage volontaire.

 

 

Document 2 : « Evolution des prélèvements obligatoires en France »

Comptabilité nationale, base 100 en 1959

 

 

1959

1983

2002

Indices des P.O

100

132

134

 

 

 

Document 3 : « Pourquoi réguler ? »

J. Boncoeur et H. Thouément, « Histoire des idées économiques », 2004

 

La crise de 1929 constitue un défi pour les libéraux : les mécanismes autorégulateurs qu'ils invoquent pour justifier la non-intervention de l'Etat semblent grippés. (…) La thèse libérale se heurte à un obstacle de taille : alors qu'elle préconise un retour à la libre concurrence, ce sont apparemment les pays où l'Etat intervient largement dans l'économie qui surmontent le mieux les effets de la crise. Véritable anomalie pour les libéraux, ce phénomène s'explique aisément dans l'optique keynésienne.

Keynes voit dans la crise le résultat d'un effondrement de la « demande effective » adressée aux entreprises. Dans ces conditions, les gouvernements qui parviennent à ranimer la demande que ce soit par des commandes d'armement, la construction d'équipements publics ou des mesures sociales permettant de soutenir la consommation des ménages suscitent un redémarrage de l'activité et parviennent à faire reculer le chômage. S'il se démarque du « laisser-faire » des libéraux, Keynes ne rejoint pas pour autant le point de vue marxiste, car la crise n'est nullement pour lui  une fatalité du capitalisme (…). Loin de chercher à saper les bases du capitalisme, Keynes souhaite lui fournir les instruments de sa survie.

 

 

Document 4 : « Le marché est-il moral ? »

G. Soros, « Guide critique de la mondialisation », 2002

 

            Il est dangereux de trop se fier aux mécanismes du marché. Les marchés sont conçus pour faciliter le libre échange de biens et services entre partenaires consentants mais, à eux seuls, ils ne peuvent prendre en charge des besoins collectifs tels que le respect de la loi et de l'ordre ou le bon fonctionnement du marché lui-même. Ils ne sont pas aptes à garantir la justice sociale. Ces « biens collectifs »  ne peuvent être fournis que par un processus politique.

                En général, les processus politiques sont moins efficaces que les mécanismes du marché, mais ils nous sont indispensables. Les marchés sont amoraux : ils permettent aux gens d'agir selon leurs intérêts et imposent certaines règles quant à l'expression de ces intérêts, mais ils ne portent aucun jugement moral sur leur nature même (…).

                Cependant, une société ne peut fonctionner sans établir une certaine distinction entre le bien et le mal. C'est au politique qu'incombe la tâche de déterminer collectivement ce qui est permis et ce qui ne l'est pas.



Article ajouté le 2007-09-05 , consulté 18 fois

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