Données (0-2-3) : Les effets de la crise de 1974
1- La rupture de la croissance et les crises (1974-1985)
http://membres.lycos.fr/stromhg2/cours/terminale/hist/economie/crise.htm
Cette rupture remet en cause les fondements des Trente Glorieuses. On semble revenir aux cycles. En fait, la dévaluation du dollar et les crises pétrolières, même si elles ont une part de responsabilité dans la crise, ont été en fait les révélateurs des déséquilibres nés de la croissance, des imperfections de la croissance. loin de revenir un seul aspect (économique), la crise est multiple. Les sociétés sont bouleversées.
A) Un arrêt brutal de l'expansion :
Les pays de l'OCDE est ramenée à 2 %/an au lieu de 5 %. Encore ce chiffre est-il peu parlant. La situation varia dans le temps et dans l'espace avec des croissances négatives ou nulles.
Ce ralentissement est à la base du processus de crise. On assiste à une hausse du chômage. Des entreprises ferment et licencient. Les autres hésitent à embaucher. On "dégraisse les structures" ( on licencie). Cependant, certains secteurs modernes (communications) continuent d'embaucher mais, c'est insuffisant pour pallier les licenciements massifs. Le chômage varie entre 10 et 20 %. L'indemnisation des chômeurs de plus en plus nombreux, des actifs cotisants de moins en moins nombreux avec en plus une entrée tardive des jeunes sur le marché, un chômage des moins qualifiés, une population vieillissante, tout cela contribue à déstabiliser les caisses de sécurité dont l'Etat est un partenaire (budget grevé).
Des régions entières sont touchées par un phénomène boule-de-neige (salariés industriels, commerçants, artisans, professions libérales) - Lorraine, Nord, Appalaches, Plaine du Pô, Ruhr, Midlands, Limbourg.
B) Un phénomène nouveau : la stagflation
La crise dans les pays développés présente un caractère jusqu'alors inédit. La faible ou nulle croissance s'associe à une forte hausse des prix : c'est la stagflation. Le principe de Philips qui tendait à démontrer que chômage et inflation était incompatible. Ce postulat de l'école libérale jouait sur le fait qu'en temps de crise et de chômage, les revenus et les prix devaient baisser, ensuite de quoi, les équilibres étaient rétablis. C'est sur ce principe que l'on avait résolu la crise de 1929. Or, en 1974-1985, la situation est différente et surtout nouvelle, d'où la difficulté à restaurer les grands équilibres.
L'inflation varie selon les pays de 10 à 15%. Cette situation encourage plus les placements spéculatifs que les placements productifs. Ce qui entraîne une aggravation de la situation de l'emploi.
C) Une chronologie de la crise
On peut distinguer quatre phases:
* 1972-1974 : le temps de la gestation: chômage frictionnel normal, inflation rampante, décrochage du dollar
* 1974-1976 : le premier choc pétrolier: Conférence de Caracas (1970), de Téhéran (1971). Les pays pétroliers décident de fixer eux-mêmes les prix (+20%) et de prendre 55% des bénéfices. Le pétrole passe de 2 dollars en octobre 1973 à 12 dollars en janvier 1974. Les prix des matières premières minières et agricoles s'enflamment. C'est la crise dans les pays occidentaux
* 1976-1980 : les années d'incertitude : le prix du pétrole augmente plus modérément, la croissance reprend faiblement, les Etats-Unis ont peu senti la crise en pratiquant l'inflation de dollar. Ils animent encore les commandes dans le monde. Cependant, le désordre monétaire s'aggrave. malgré les appels répétés à une restauration de Bretton Woods, toutes les conférences monétaires échouent (Jamaïque en 1976). Les pétro-dollars abondants déséquilibrent un peu plus le marché (Krach d'une bourse noire en Arabie Saoudite) ils sont mal investis ou investis dans des actions à court terme, spéculatifs. Les prix des Matières Premières augmentent.
* 1980-1985 : la rechute: second choc pétrolier, les Etats-Unis sont touchés de plein fouet, les commandes américaines cessent. Tous les pays du monde, capitalistes, socialistes, en voie de développement sont touchés. La hausse des Matières Premières entraîne une hausse des produits finis. L'endettement international est à la limite du supportable. Les Etats-Unis, la France, les pays socialistes et surtout les pays en voie de développement voient leurs dettes augmenter. Celle des Pays en Voie de Développement est multipliée par 5. Certains sont obligés de demander le rééchelonnement de leurs dettes, des moratoires. Ils sont touchés à la fois par la hausse des Matières Premières et des produits finis. Les Etats-Unis pratiquent avec Reagan des forts taux d'intérêt et attirent ainsi une bonne part des capitaux disponibles. Le dollar devient une monnaie forte (4 FF en 1979, 8 FF en 1983). Les contrats sont plus difficiles à honorer pour les autres pays. Ces derniers sont ainsi privés de liquidités. Les pays occidentaux sont à leur tour obligés d'élever leurs taux pour pouvoir résister mais par la même l'argent devient plus cher. On ne s'endette plus donc on n'achète moins (particuliers et industriels) . La crise entretient la crise.
2 - Recul de la croissance; chômage et inflation
http://beagle.u-bordeaux4.fr/yildi/croissance/dos9899/1970-90.html
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Taux de croissance |
Etats-Unis |
France |
Allemagne |
Royaume-Uni |
|
1975 |
-1.3 |
-0.3 |
-1.3 |
-0.7 |
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1978 |
5.3 |
3.4 |
3.4 |
3.6 |
|
Taux d'inflation |
Etats-Unis |
France |
Allemagne |
Royaume-Uni |
|
1975 |
8.1 |
11.8 |
6 |
23.7 |
|
1978 |
7.2 |
9.1 |
2.7 |
9.1 |
|
Taux de chômage |
Etats-Unis |
France |
Allemagne |
Royaume-Uni |
|
1975 |
8.3 |
4.2 |
3.1 |
3.6 |
|
1978 |
6.1 |
5.3 |
3.1 |
4.9 |
3- Le baromètre des inégalités dans le monde :
Relations internationales Inégalités | 11 février 2007 | Jean-Pierre Hoss
http://www.betapolitique.fr/Pauvrete-et-inegalites-dans-le-00293.html
Pauvreté et inégalités
La pauvreté dans le Monde est massive :
2,5 milliards de personnes, soit 40 % de la population mondiale, vivent avec moins de 2 dollars par jour ;
1,1 milliard d'entre eux vivent avec moins de 1 dollar par jour.
Les inégalités sont criantes :
Selon le PNUD (Programme des Nations-Unies pour le développement), l'écart des revenus entre les 5% les plus riches et les 5% les plus pauvres de la planète atteint aujourd'hui 74 pour 1, contre 30 pour 1 en 1960 ;
Toujours selon le PNUD (Rapport mondial sur le développement humain, 2005), les 2,5 milliards d'individus vivant avec moins de 2 dollars par jour (40% de la population mondiale) représentent 5% du revenu mondial ;
Inversement, la fortune des 200 personnes les plus riches du monde excède les revenus combinés d'un groupe de pays ressemblant 40% de la population du monde ;
Le patrimoine des 15 individus les plus fortunés dépasse le PIB total de l'Afrique subsaharienne ; les avoirs des 84 personnes les plus riches surpassent le PIB de la Chine (1,2 milliard d'habitants).
Les évolutions sont contrastées :
La croissance plus rapide, depuis une dizaine d'années, dans les pays en développement, par rapport à celle observée dans les pays développés, entraîne un certain rattrapage entre ces deux ensembles pris globalement.
Selon le PNUD, le nombre de personnes vivant encore avec moins de 1 dollar par jour a diminué de 250 millions entre 1990 et 2001, ce qui correspond à une réduction d'un quart de la part de la population vivant sous ce seuil de revenu.
Selon François Bourguignon, chef économiste de la Banque mondiale, si la croissance se maintient, de 2006 à 2030, aux taux actuels de 2,5% dans les pays développés et 4,2% dans les pays en développement, le nombre de personnes extrêmement pauvres (moins de 1 dollar par jour) serait divisé par deux, passant de 1,1 milliard aujourd'hui à 550 millions en 2030.
Si ces tendances se poursuivent, les pays émergents comme la Chine et l'Inde vont rattraper les pays riches et devenir les moteurs principaux de l'économie mondiale ;
En revanche, certaines parties du monde, l'Afrique et, dans une moindre mesure l'Amérique latine, dont la croissance est moins rapide, vont voir le fossé s'accroître avec le reste du monde, ce qui attisera les tensions à l'intérieur de ces régions.
A l'intérieur du continent africain, une division existe entre une partie où la pauvreté augmente, et une autre-l 'Afrique du Sud notamment- qui, depuis 5 ans, semble s'en sortir .
Dans les pays émergents,(Chine, Inde), les inégalités croissent fortement.
Les inégalités croissent aussi dans certains pays du Nord, nettement aux Etats-Unis, moins sensiblement en Europe.
Globalement, la mondialisation a permis au cours de la dernière période une amélioration du niveau de vie d'une grande partie de la population mondiale, mais pas de tous, et cette amélioration s'est faite au prix d'une dégradation de certains biens communs tels que les ressources naturelles et le changement climatique.
http://www.inegalites.fr/spip.php?article665&id_mot=116
Annexes :
http://cartoflash.free.fr/motcle/pages/criseeco.htm
Article ajouté le 2007-09-05 , consulté 19 fois Liens
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