Données 0-2-3 : Les effets de la crise de 1974

0-2-3 : Les effets de la crise de 1974

 

La rupture de 1974

Extrait de : http://membres.lycos.fr/stromhg2/cours/terminale/hist/economie/crise.htm

 

La croissance des pays de l'OCDE est ramenée à 2 %/an au lieu de 5 %. Encore ce chiffre est-il peu parlant. La situation varia dans le temps et dans l'espace avec des croissances négatives ou nulles.

Ce ralentissement est à la base du processus de crise. On assiste à une hausse du chômage. Des entreprises ferment et licencient. Les autres hésitent à embaucher. On "dégraisse les structures" (on licencie). Cependant, certains secteurs modernes (communications) continuent d'embaucher mais, c'est insuffisant pour pallier les licenciements massifs. Le chômage varie entre 10 et 20 %. L'indemnisation des chômeurs de plus en plus nombreux, des actifs cotisants de moins en moins nombreux avec en plus une entrée tardive des jeunes sur le marché, un chômage des moins qualifiés, une population vieillissante, tout cela contribue à déstabiliser les caisses de sécurité dont l'Etat est un partenaire (budget grevé). Des régions entières sont touchées par un phénomène boule-de-neige (salariés industriels, commerçants, artisans, professions libérales) - Lorraine, Nord, Appalaches, Plaine du Pô, Ruhr, Midlands, Limbourg.

La crise dans les pays développés présente un caractère jusqu'alors inédit. La faible ou nulle croissance s'associe à une forte hausse des prix : c'est la stagflation (…). L'inflation varie selon les pays de 10 à 15%.

 

 

Le cercle vicieux de l'inflation

Extraits de : http://www.ina.fr/fresques/jalons/notice/InaEdu01107/une-manifestation-importante-de-la-crise-des-annees-1970--l-inflation

 

Contrairement à la «grande dépression» de la fin du XIXe siècle ou à la crise des années trente, le ralentissement de la croissance qui survient en France au milieu des années 1970 n'entraîne aucune baisse des prix et s'accompagne au contraire d'une inflation particulièrement forte. Dès 1974, la hausse des prix fait apparaître une inflation à deux chiffres, dépassant le seuil critique des 10 % par an, ce qui place la France dans le groupe de tête des pays fortement inflationnistes.

Cette accélération de l'inflation provient de plusieurs facteurs. La hausse brutale du coût des matières premières, suite au choc pétrolier de 1973, accélère une inflation qui n'avait jamais totalement disparu depuis la fin de la guerre. Mais la hausse des salaires (les salaires nominaux augmentent de 20 % en 1974 et de 16 % en 1975) et des charges sociales ont également joué un rôle important, en augmentant la pression sur les coûts de production (…). La volonté des entreprises de maintenir un certain niveau de profit, malgré une baisse de la production, favorise aussi la hausse des prix. Enfin, le poids économique de l'Etat et l'accroissement des dépenses budgétaires apparaissent également sources de déséquilibres inflationnistes.

Cette accélération de l'inflation exerce des effets très négatifs sur l'ensemble de l'économie. Elle fragilise la France au sein du commerce mondial et creuse le déficit de la balance extérieur. Elle entraîne également une hausse importante des taux d'intérêts. Or, des taux d'intérêts élevés renchérissent le crédit, détournent les capitaux de l'investissement au profit de la spéculation, ce qui freine l'activité économique. Les spécificités de la crise des années 1970, avec notamment le phénomène de la stagflation (inflation et ralentissement de la croissance vont de pair) bouleversent donc les schémas économiques classiques (...).

 

 

Les trois crises de l'État-providence

Extraits de : 

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tat-providence#Les_trois_crises_de_l.E2.80.99.C3.89tat-providence

 

Cette évolution de long terme est toutefois contrariée depuis les années 1970. À la suite du choc pétrolier, l'État Providence a été fortement remis en cause alors que les théories économiques libérales en faisaient la raison de la crise. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, l'État providence a quasiment disparu à la suite des ères Reagan et Thatcher. Dans d'autres pays, comme en France, l'État providence survit mais semble de plus en plus en peine pour remplir ses objectifs tandis que se profilent de nombreuses crises qui pourraient remettre en cause la capacité de l'État à assurer certaines fonctions, comme le problème du déficit permanent de la sécurité sociale, ou les très grandes difficultés du système de retraite par répartition …

Selon Pierre Rosanvallon (La Crise de l'Etat-providence, 1981) , l'État-providence connaît depuis les années 1970 une triple crise.

Il doit d'abord faire face à des difficultés financières : la fin de la forte croissance des Trente Glorieuses remet en cause le mode de financement de l'État tandis que la prise en charge sociale et économique des victimes de la récession accroît ses dépenses. Les impôts touchent une part toujours croissante de la population et deviennent de plus en plus impopulaires. On parle de contrainte budgétaire.

Ensuite son efficacité est de plus en plus contestée. En effet, l'État ne parvient pas à résoudre les problèmes socio-économiques comme il semblait y parvenir auparavant. Le chômage augmente, la mobilité sociale diminue. La théorie économique remet en cause le compromis keynésien et l'efficacité de l'État.

Enfin il subit une crise de légitimité. L'opacité des dépenses publiques suscite des questions quant à l'utilisation de la solidarité nationale]. L'État-providence est devant la question de sa limite sociale et ses mesures sont davantage perçues comme des impôts supplémentaires que des opportunités de redistribution.

 

 

 

Margaret Thatcher et Ronald Reagan symbolisent la remise en cause de l'État-providence dans leurs pays respectifs. Pour Reagan, l'État ne peut résoudre les problèmes ; le problème, c'est l'État.



Article ajouté le 2009-08-07 , consulté 58 fois

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