Le familistère Godin à Guise

Le familistère Godin à Guise

 

1859-1880

 

 

 

Le Fondateur : Jean-Baptiste André Godin

 

C'est en 1846 que cet industriel s'installe à Guise pour fonder une entreprise d'appareils de chauffage et de cuisine, les fameux « poëles Godin », dont il est l'inventeur; fabriqués en fonte, diffusant bien mieux la chaleur que les anciens modèles en tôle, ces appareils ont permis à Godin, d'origine modeste, de faire rapidement fortune et de s'imposer sur un marché en pleine expansion.

 

                            

 

Mais il a lui-même été simple ouvrier, et a conservé le souvenir des terribles conditions de vie et de travail des salariés de l'industrie – constatées notamment au cours d'un Tour de France qu'il effectue, aux côtés d'un compagnon, entre 1835 et 1837. Il entend par conséquent utiliser sa fortune pour améliorer la vie de ses employés, et proposer ses solutions au problème du paupérisme ouvrier. Disciple de Charles Fourier, , il entre en contact avec l'Ecole sociétaire et, en 1854, investit le tiers de sa fortune dans une tentative d'implantation d'une colonie phalanstérienne au Texas menée par Victor Considérant. L'échec de cette expérience le convainc de mettre lui-même en pratique ses idées, progressivement et avec pragmatisme, pour éviter un nouvel échec.

 

 

 Le Familistère

 

« Familistère » est le nom donné par Godin aux bâtiments d'habitation qu'il fait construire pour ses ouvriers et leurs familles à partir de 1859 et jusqu'en 1880, probablement à partir de plans de l'architecte fouriériste Victor Calland . Il s'inspire directement du phalanstère de Fourier mais, comme il le fera toujours, effectue un tri dans la théorie pour l'adapter à ses propres idées et surtout pour la rendre plus réalisable. La première étape, la plus urgente, est selon lui d'améliorer les conditions de logement et de vie des familles, en leur apportant les « équivalents de la richesse ».

 

 

                      

 

Les équivalents de la richesse

 

Cette expression désigne l'ensemble des conditions de confort, de salubrité, que la bourgeoisie s'offre par l'argent et que les Familistériens pourront s'offrir désormais par la coopération. Hygiéniste convaincu, Godin inclut dans ces « équivalents de la richesse » tout ce qui garantit la salubrité du logement.

 

                                    

Reconstitution d'un appartement tel qu'il était au début du XXe siècle pour un salarié et sa famille

 

La luminosité des appartements, la circulation de l'air, l'accès à l'eau potable à chaque étage sont des éléments fondamentaux que garantit l'architecture particulière des bâtiments. Le soin du corps est également assuré par la création d'une buanderie, située près du cours d'eau, dans lequel on lave et sèche le linge (évitant ainsi les odeurs d'humidité dans les logements), mais comportant également des douches et une piscine (au plancher mobile, pour permettre aux enfants d'y nager en toute sécurité) dont l'eau, provenant de l'usine toute proche où elle a servi à refroidir les tuyaux, arrive à parfaite température…

 

      

Dessin du site industriel avec la fonderie à droite et les bâtiments de vie (le Familistère) à gauche
 

 

Enfin, Godin met en place tout un système de protection sociale en créant des caisses de secours protégeant contre la maladie, les accidents du travail et assurant une retraite aux plus de 60 ans.

 

 

On retrouve, dans le Familistère, l'influence d'un mouvement coopératif ancien, et en particulier l'application des principes de la coopération anglaise, théorisés par Robert Owen et les « Equitables pionniers » de Rochdale. Ces principes apparaissent dans le fonctionnement des économats, magasins coopératifs installés par Godin en face du Familistère, dans lesquels les produits de première nécessité y sont vendus au comptant, et dont les bénéfices sont répartis équitablement entre les acheteurs. Mais on retrouve tout particulièrement cette influence dans l'importance que Godin accorde à l'éducation des enfants mais aussi des adultes. Il fait construire des écoles, mixtes et obligatoires jusqu'à 14 ans (à l'époque, la loi autorise le travail des enfants à partir de 10 ans), un théâtre, une bibliothèque, et multiplie lui-même les conférences pour enseigner à ses salariés les bienfaits de la coopération.

 

 

              

 

 Le Familistère en chiffres

 

10 millions de briques sont nécessaires à la construction des trois pavillons du Palais Social.

30.000m² de surfaces sont offerts par l'ensemble des trois pavillons.

1 kilomètre de coursives parcourt les trois pavillons du Palais.

500 fenêtres percent les façades des trois unités d'habitation.

495 appartements sont aménagés dans l'ensemble des cinq pavillons du Familistère avant 1918.

1748 personnes habitent au Familistère en 1889.

50 berceaux peuvent être installés dans la nourricerie du Familistère.

796 invités participent au banquet de la cinquième fête du Travail dans la cour du pavillon central en 1872.

1000 spectateurs prennent place au théâtre en 1914.

1526 employés travaillent dans les usines de la Société du Familistère en 1887.

2500 est le nombre de record d'employés de l'Association du Familistère de Guise et à Bruxelles en 1930.

4000 modèles d'appareils et d'accessoires sont fabriqués par la Société du Familistère en 1914.

210.000 appareils sont expédiés par les usines de Guise et Bruxelles en 1913-1914.

664, c'est le nombre de pages qui composent le livre Solutions Sociales publié par Godin en 1871.

 

Extraits de : http://fr.wikipedia.org/wiki/Familist%C3%A8re

                             

Voir le site du Familistère : http://www.familistere.com/site/index.php

 

                                  



Article ajouté le 2009-05-06 , consulté 118 fois

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