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Et si l'on parlait de psychologie et philosophie?
Angel of storm


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30 messages

posté le 16-11-2007 à 19:50:48

Bonjour à tous, vous entrez dans un lieu ouvert à toutes pensées, toutes questions et toutes théories. En ces lieux n'existent pas de vrai réponse car en chaque réponse sommeille dix nouvelles questions: nous appellerons ceci la Championologie.
Bien sûr, chacun doit avoir sa propre opinion et ainsi se créer ou se construire (utilisez le terme qui vous plaît le plus...).
On se cherche, mais se trouve t-on en fin de compte? C'est une question qui pourrait-être abordée. Une autre serait "où est la limite entre le bien et le mal", ou encore "pouvons nous créer la matière "bonheur" ". Chacun peut aborder les notions de totem ou de tabou, ce qui serait de l'ordre de la psychologie puisque introduits par Freud dans un ouvrage portant ce nom.
Chacun est donc libre de créer débat, sans oublier que le plus simple serait de clore celui du moment avant de se retrouver sous une pile de questions existentielles...

Je voudrais introduire ce topic avec quelques éclaircissements. Voici ce que internet nous donne comme définition:
=> Un système de philosophie se présente toujours comme une vision globale du monde alors qu'un système de pensée psychologique n'a pour objet principal que l'âme, la conscience ou le comportement de l'homme.
Il me semble que ces notions sont expliqués sans trop ambiguïté. Cependant la question serait: N'y a t-il pas un lien entre les deux. Toujours sur internet, l'on nous explique, assez justement, que si l'âme ou la conscience est un élément du monde , le monde lui n'est pas un élément dans la conscience, il est beaucoup plus vaste.
Cependant, nous trouvons un lien: l'âme et la conscience est un élément du monde. Cette phrase est très précieuse, gardons là en tête, voulez-vous? Cela ne voudrait-il pas dire que ce qui nous entoure influence notre âme et notre conscience? Si, cela peut-être logique. Mais sous un angle différent, le monde est vaste, trop pour que notre esprit puisse complètement l'assimiler. On nous l'a dit. Alors quelles sont les "choses" (excusez moi de ne pas trouver un meilleur terme) qui nous influences? On pourrait définir alors une cause proche et d'autres de plus en plus éloignées... Si notre esprit ne peut assimiler un trop plein d'informations, quelles sont celles qu'il emmagasine? Quelles sont celles qui, inconsciemment
, nous transforment? Mais est-ce l'esprit qui absorbe comme une éponge ou nous force t-on a tels ou tels choix? L'esprit ne se repose t-il pas devant ce trop plein d'informations en acceptant celles que l'on nomme comme acquises? N'est-on pas trop facilement influençables? Inconsciemment
, ne réagit-on pas a des normes acquise enfouies en nous depuis longtemps et qui dictent nos façons de faire?
Alors peut-on se dire: oui, il est jeune, il se révolte contre l'autorité... Il parle de conditionnement de l'État? Et pourquoi pas E.T? Non, je ne cherche pas à dire que qui que se soit profite de la situation. Je me demande seulement s'il est possible que nos réactions soient simplement synthétiques par rapport à notre nature profonde. D'ailleurs, peut en résulter des rôles que nous jouons, des masques que l'on se donne. Enfin, qu'en pensez-vous?

Pour être arrivé ici, il faut avoir eu le courage, bravo vous avez réussi le test. Vous pouvez débattre avec moi!

PS: Tu m'auras cherché Asnl88!

Je regarde la mer qui s étend devant moi... Une pensée me traverse, n a t-on jamais rien vu de si beau? Et je me tiens coi.
La houle rapportant l écume vers moi, en dansant, me renvoie les éclats d un Soleil couchant.
Batman


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918 messages

posté le 16-11-2007 à 20:18:27

Mais originellement, la psychologie est dans la philosophie !
Il y a une psychologie cartésienne ou spinoziste par exemple : elle cherche à établir les conditions d'une maîtrise des passions, cad les affections de notre corps qui troublent le jugement (ex : la colère, la peur, ...) .
Dans ce cadre, la réflexion philosophique sur la psychologie humaine est une recherche sur les limites qu'elle présente à la CONSCIENCE, mais aussi les possibilités qu'elle offre, par exemple en matière d'éducation (ex : les parents jouent sur l'affectif pour faciliter le message prescriptif).

Freud a une autre démarche (Certains psychologues ou encore des psychiatres réfutent la psychanalyse).
C'est une démarche de l'INCONSCIENT : il s'agit de voir comment ce qui est conscient est en partie déterminé par ce qui est inconscient. (par exemple : un souvenir déplaisant est repoussé par la mémoire).
De ce fait, on assiste à une rupture : la psychanalyse propose une voie en parallèle voire en opposition avec la philosophie "classique".

Ex : une personne est dépressive.
Où est l'origine de son mal-être ?
Pour simplifier, un philosophe insistera sur les difficultés de la conscience : qu'est-ce qui dans sa vie crée une contradiction non assumée par l'existence ?
Un psychanaliste cherchera du côté de l'enfance pour trouver un traumatisme qui est enfouie dans l'inconscient et qui trouble de manière confuse la conscience du "malade".




Dernière modification le 16-11-2007 à 20:21:15

Franchement, vous ne me méritez pas !
Angel of storm


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30 messages

posté le 16-11-2007 à 21:22:13


citation :

(ex : les parents jouent sur l'affectif pour faciliter le message prescriptif).



Justement, n'est-ce pas l'élément qui vient appuyer mes doutes? Ne sommes-nous donc pas conditionnés depuis l'enfance? Que se soit par des sentiment réels ou faux? Si nous sommes influencés dès notre jeune âge, ne pouvons-nous pas l'être étant plus âgé? Même si nous avons notre propre opinion, le doute survient et nous sommes d'un côté ou d'un autre influencés.



citation :

Un psychanalyste cherchera du côté de l'enfance pour trouver un traumatisme qui est enfouie dans l'inconscient et qui trouble de manière confuse la conscience du "malade".


Il cherchera, certes, du côté de l'enfance, mais la psychanalyse ne se limite pas à cette période d'apprentissage (bien que je soutiens qu'il n'existe pas une réelle période d'apprentissage étant donné que la découverte est une étape continue de la vie...). En effet, un traumatisme n'est pas forcément dû à une situation de l'enfance donc post-traumatique, mais peut-être aussi dû à une situation récente de grand trouble émotionnel menant à une névrose traumatique. Car oui, cette névrose n'est pas forcément de l'enfance...

Dernière modification le 16-11-2007 à 21:23:02

Je regarde la mer qui s étend devant moi... Une pensée me traverse, n a t-on jamais rien vu de si beau? Et je me tiens coi.
La houle rapportant l écume vers moi, en dansant, me renvoie les éclats d un Soleil couchant.
Batman


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918 messages

posté le 16-11-2007 à 22:00:30

"influencés" ne veut pas dire "manipulés".
La conscience est justement l'apprentissage parfois douloureux de la liberté : l'âge nous apprend la complexité de ce que nous pensions simples".
Nous apprenons à être libres en confrontant ce qu'on nous a appris et ce que nous apprenons par nous même; parfois nous le confirmons en le comprenant mieux, parfois on se met en opposition.
Une éducation réussie, même "sous influnce", est justement celle qui nous prépare aussi à l'émancipation. L'élève devient son maître !
Attention aux mots : ils ont aussi leur riche complexité !


Pour le reste; c'était un exemple !
je n'ai jamais dit qu'il ne cherchait QUE dans l'enfance.
Les traumatismes psychiques n'ont pas d'âge !!!

Franchement, vous ne me méritez pas !
ph0tog3nik


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14 messages

posté le 19-11-2007 à 18:52:02

JADOR ! ^^
non serieusement vivement la philo l'année prochaine et la psycho(je croise les doigts) dans deux ans =)

\"la f0li3 est un 3tat d\'espr!t\"
lafilleensucre


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26 messages

posté le 30-11-2007 à 00:43:00

J'ai étudié cette question d'influence et d'apprentissage l'année passée en sociologie de l'identité. Bien que cela ne soit pas un point de vue philosophique et encore moins psychologique les théories de l'identité peuvent apporter une autre vision de l'influence.
Tout d'abord qu'est ce que l'identité personnelle?
Le préjugé dont il est très souvent question réside dans le substancialisme consistant à croire que l'identité personnelle correspond à une sorte de moi predonné , un noyau primordial tel un disque dur sur lesquelles sont gravées les données de notre existence.Chacun d'entre nous apprend une multiplicité de dispositions de savoirs et de compétences qu'il ne peut pas toujours exprimer au cours de son existence d'ou l'impression d'un decalage entre ce que nous vivons au quotidien et ce que nous possédons en nous même à l'etat de veille. Un exemple pour éclaircir un peu tt ça: un individu exprimera le sentiment que la vie sociale lui interdit la réalisation de ce qu'il est intérieurement. Il éprouvera le sentiment que la société le force à aller à l'encontre de sa propre verité intérieure.(Norbert Elias tte mes excuses) Une telle situation génère bien souvent ce que l'on appelle l'illusion du moi , une sorte de for interieur ressentit comme strictement personnel. ( d'ailleurs les émissions de télé réalité vont dans ce sens)En fait l'identité personnelle ne peut être considerée ainsi car les dispositions de l'Homme ( le langage par ex) ne sont pas innées, elles ne se développent que par le biais d'un apprentissage. L'identité personnelle resulte donc par conséquent d'une construction qui dans mon raisonnement sera sociale( attention l'identité perso n'est pas etudiée que du point de vue socio mais ca fait le parallèle ac ce que vous enseigne Batman)
L'identité personnelle donne lieu à de nombreuses interprétations au sein même de la sociologie divisées en 2 axes:
- Le paradigme holiste donnant la priorité à la société comme un tt voire comme un organisme extérieur à l'individu.Lidentité apparait de ce point de vue le résultat de l'interiorisation de normes, de valeurs et de règles.
Les auteurs:
- Karl marx Pour lui la réalité de l'identité perso resulte des processus socio historiques cad qu'elle correspond à l'interiorisation de valeurs qui ne sont pas séparables d'une idéologie dominante véhiculée par la bourgeoisie. Elle exprime en fait la domination de l'individu à un ordre social qui le dépasse.L'individu ne peut dc pas par conséquent négocier les conditions qui le façonnent.
-Bourdieu: concept d'habitus. L'individu est prédisposé à percevoir, à penser, agir et sentir selon des références propres à l'espace cultuel dans lequel il vit.Bourdieu envisage la société comme un système de marché possédant chacun ses lois ses ressources et ses biens. La position occupée dans un marché depend des capitaux détenus ( K éco, K socio, K symbolique et K culturel)( vous avez surement appris ca en cours de SES)
-Emile de Durkheim: "les faits sociaux sont des manières d'agir de penser et de sentir extérieure à l'individu et doué d'un pouvoir de cohércition en vertu duquel il s'impose à lui" Les faits sociaux poussent dc les membres d'une société à se comporter selon des logiques collectives plus ou moins solidifiées.
-Kardiner:(anthropologue)théorie de l'instinct; reprise de la distinction de Freud entre ce qu'il appelle le "ça", "le moi" et "le surmoi".( le ça étantles pulsions libidinales le surmoi la morale intériorisée et le moi la médiation entre les 2) Kardiner a recourt à la notion de personnalité de base pour mettre en évidence l'impact de la culture sur la personnalité.Les institutions primaires vont s'imposer à l'enfant et permettre de construire sa perso.Puis il existe les institutions secondaires qui sont le produit des frustrations engendrées par les primaires.Le moi de Freud cad la médiation entre pulsions et morale est le produit de l'éducation.
Je n'ai mis que les plus importants et ceux à votre portée pour l'instant.
Les modalités d'apprentissage que vous avez vu ac les auteurs ne sont pas identiques d'une culture à l'autre c'est ce que montrent lesétudes anthropologiques.
Conclusion: Il revient à la socialisation d'assurerl'équilibre du système social par le biais de l'interiorisation de valeurs et de normes .
- le paradigme interactionniste qui lui voit l'identité perso comme le resultat d'un façonnement de l'individu par la société en terme d'interactions.Dans la perspective holiste, il est postulé l'existence d'une instance réelle soit intérieure soit extérieure aux individus ce qui signifie que les individus sont incapables de contruire par eux même leur identité perso.Elle est réduite à une simple identité sociale.Mais on ne peut nier l'existence d'une identité subjective.( les gouts par exemple) Au vu des changements sociaux survenus dans la seconde moitié du 20 ème siècle, il semble qu'il revient de plus en plus aux individus eux même de construire leur identité( image d'eux même)L'individu contemporain (=post moderne) vit dans un monde social pluriel et riche en références, ou les institutions comme la famille, l'eglise ou encore l'ecole qui formaient jadis le centre de notre société perdent de leur force.Dans les années 60 ts les indicateurs liés à la famille connaissent une cesure, liée notamment au changement de statut des femmes et à la diversification des modèles familiaux( famille monoparentale par ex) Ces changements ont bouleversé les manières de penser d'agir et de sentir. Dès lors , dans le contexte de l'emergeance de la consommation de masse ,Les supports identitaires autrefois limités aux institutions (famille ,ecole, armée...) se développent à l'infini. les supports identitaires ne sont dc plus pour la majorité légitime (reconnu par le plus gd nombre) comme auparavant. L'identité perso est donc le résultat individuel d'un bricolage identitaire construit à partir de ressources accessibles.La socialisation est dc définie comme une construction permanente de soi et non pas fixe ( c'est pourquoi on peut changer d'opinion à n'importe age et etre "influençable").Bon là je vais aller me coucher j'ai le cerveau en compote...


Dernière modification le 30-11-2007 à 00:45:04

Dernière modification le 30-11-2007 à 00:51:28

Dernière modification le 30-11-2007 à 16:47:23

Dernière modification le 30-11-2007 à 16:47:32

°oO quand le doigt montre le ciel l'imbécile regarde le doigt Oo°
Batman


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posté le 30-11-2007 à 08:29:04


C'est "norbert ELIAS"

Franchement, vous ne me méritez pas !
Batman


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918 messages

posté le 30-11-2007 à 08:38:41

Il me semble qu'on est un peu à côté du sujet.
La vision sociologique est complémentaire,mais finalement insuffisante quant à la question posée par "l'ange": savoir qu'une partie de ce qui me constitue dans mon identité est de nature sociale est certes pertinent et interessant, mais est-ce suffisant ?
On peut ressentir un décalage entre l'attente
personnelle et les données sociologiques,mais les façons de l'exprimer peuvent être très différentes : et là, il y a un champ psychologique et philosophique possible.

En revanche, estimer que "le substantialisme" est un préjugé est un peu court : l'affirmation de soi ne se limite pas à un aveuglement.
Forcément, pour faire son trou, la visée sociologique est un peu obligée de faire le ménage et de pousser les autres visions.

Le meilleur exemple d'une affirmation philosophique de soi est le cogito cartésien : si je pense alors j'exprime une qualité inaliénable de moi, en tant qu'être pensant.
Cette affirmation transcende tout : et l'origine sociale, et les aspirations psychologiques.
C'est le point zero de la philosophie : la pensée exprime un indépassable de soi qui est aussi celui de toute humanité, par delà les caractéristiques sociales ou psychologiques.

Ce point de départ affirme la liberté : quelque soit mon origine sociale, quelque soit mes pesanteurs psychologiques, je peux affirmer une vérité du moi en tant qu'être pensant.

C'est ce cogito que Freud remettra en cause en affirmant que cette conscience affirmée est au moins en partie aveugle d'elle même car les affirmations de la conscience nient les pulsions de l'inconscient qui la trouble (au moins).
Relativiser les aspirations de la conscience au nom de déterminismes sociaux ou psychologiques est pertinent, à condition que cette relativisation ne soit pas considérée comme une limite.
Car sinon, c'est affirmer que l'homme n'est jamais vraiment libre et qu'il reste le jouer de ses pulsions ou de son statut social.
Ces pesanteurs existent mais sont-elles entièrement déterminantes ?




ps : merci à Angel et la filleensucre : nous avons réuni 3 visions ou méthodes : la psychologie (Angel ), la sociologie (la fille) et la philosophie (batman).
La qualité de vos interventions vous honore, ainsi que ce modeste forum.


Dernière modification le 30-11-2007 à 08:45:41

Dernière modification le 30-11-2007 à 08:46:41

Franchement, vous ne me méritez pas !

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